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La Permission

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Claire regar­dait son reflet dans le miroir de la salle de bain de l’appartement de leurs amis. Elle avait enfi­lé la robe noire que Thomas avait choi­sie pour elle deux jours plus tôt. Une robe simple, juste assez près du corps pour sou­li­gner la courbe de ses hanches et la ligne de sa poi­trine, sans être indé­cente. Elle avait qua­rante ans pas­sés de quelques mois. Ses seins étaient tou­jours fermes, mais elle savait qu’ils n’avaient plus la fer­me­té d’autrefois. Son ventre n’était plus par­fai­te­ment plat. Ses cuisses por­taient les traces dis­crètes du temps. Elle se trou­vait… cor­recte. Pas belle. Correcte.

Thomas appa­rut der­rière elle. Il posa ses mains sur ses hanches et col­la son torse contre son dos. Elle sen­tit la cha­leur de son corps à tra­vers le tis­su.

— Tu es magni­fique, mur­mu­ra-t-il contre son oreille.

Elle sou­rit mol­le­ment.

— Tu dis ça parce que tu m’aimes.

— Je dis ça parce que c’est vrai. Et ce soir, je veux que tu le voies aus­si. Dans le regard des autres.

Elle se ten­dit légè­re­ment. Depuis plu­sieurs semaines, Thomas lui par­lait de cette idée. Doucement. Sans pres­sion. Il vou­lait qu’elle se sente dési­rée à nou­veau. Qu’elle com­prenne qu’elle pou­vait encore faire battre le cœur d’un homme qui n’était pas lui. Claire n’y croyait pas vrai­ment. Elle avait accep­té de « jouer un peu », comme il disait, sur­tout pour lui faire plai­sir.

L’appartement de Léa et Marc, au der­nier étage d’un immeuble contem­po­rain, était déjà rem­pli quand ils arri­vèrent. Musique latine à volume rai­son­nable, lumières tami­sées, grandes baies vitrées ouvertes sur la ter­rasse. Une ving­taine de per­sonnes. Des couples, quelques céli­ba­taires. L’odeur du vin blanc et des cana­pés cir­cu­lait dans l’air.

Thomas ne la quit­ta pas des yeux les pre­mières minutes. Il lui ser­vit un verre, posa une main légère dans le bas de son dos, et lui mur­mu­ra :

— Danse. Laisse-toi aller. Je suis là.

Claire but une gor­gée. Le vin était frais, aci­du­lé. Elle sen­tit la cha­leur des­cendre dans sa gorge et se répandre un peu dans sa poi­trine. Elle n’était pas à l’aise. Elle ne l’était jamais dans ce genre de soi­rée. Mais Thomas sou­rit, et ce sou­rire la ras­su­ra.

Elle dan­sa d’abord avec lui. Il la tenait avec cette assu­rance tran­quille qu’elle connais­sait par cœur. Sa main dans le creux de ses reins, l’autre tenant la sienne. Le rythme de la bacha­ta était lent, sen­suel. Elle sen­tait son bas­sin bou­ger contre le sien, le frot­te­ment dis­cret de leurs corps. Elle fer­ma les yeux une seconde. Thomas était un bon dan­seur. Il savait la faire se sen­tir dési­rable sans jamais for­cer.

Quand la musique chan­gea, il s’écarta un peu et lui souf­fla :

— Je vais te lais­ser. Regarde autour de toi. Si quelqu’un te plaît… danse avec lui. Juste ça. Rien de plus si tu ne veux pas.

Claire ouvrit la bouche pour pro­tes­ter, mais il avait déjà tour­né les talons vers le bar. Elle res­ta seule un ins­tant, le cœur un peu trop rapide. Elle se sen­tait expo­sée. Comme si tout le monde pou­vait lire sur son visage ce que son mari venait de lui pro­po­ser.

Elle but une autre gor­gée. Puis une autre.

C’est à ce moment-là qu’elle le vit.

Il était debout près de la baie vitrée, un verre à la main, en conver­sa­tion avec deux per­sonnes. Grand, épaules larges sous une che­mise sombre légè­re­ment ouverte au col. Cheveux châ­tains cou­pés court, une barbe de trois jours par­fai­te­ment entre­te­nue. Il avait peut-être trente-six ou trente-sept ans. Quand il tour­na la tête et que leurs regards se croi­sèrent, Claire sen­tit quelque chose se contrac­ter bas dans son ventre. Ce n’était pas violent. C’était juste… net. Une recon­nais­sance ins­tan­ta­née.

Il lui sou­rit. Pas un sou­rire de séduc­teur trop sûr de lui. Un sou­rire simple, un peu curieux. Puis il incli­na légè­re­ment la tête, comme pour lui deman­der silen­cieu­se­ment la per­mis­sion d’approcher.

Claire détour­na les yeux, le cœur bat­tant trop fort. Elle n’avait pas l’habitude. Elle n’avait plus l’habitude.

Quelques minutes plus tard, il était près d’elle.

— Je peux vous offrir un autre verre ? deman­da-t-il. Votre mari m’a dit que vous aimiez le Sancerre.

Elle rele­va la tête, sur­prise. Thomas lui avait par­lé ?

— Oui… mer­ci.

Il s’appelait Nicolas. Sa voix était grave, posée. Il ne se tenait pas trop près, mais assez pour qu’elle sente le léger par­fum de sa peau – quelque chose de propre, de boi­sé, de chaud. Ils par­lèrent d’abord de la musique, puis de la ter­rasse, puis de choses ano­dines. Claire répon­dait avec cette réserve qui lui était natu­relle. Elle riait par­fois, un peu trop bas, un peu trop vite. Elle sen­tait ses joues s’échauffer.

Quand une nou­velle bacha­ta démar­ra, Nicolas ten­dit la main.

— Vous dan­sez ?

Elle hési­ta. Son regard cher­cha Thomas du coin de l’œil. Il était de l’autre côté de la pièce, en conver­sa­tion, mais il la regar­dait. Il lui fit un signe dis­cret de la tête. Un encou­ra­ge­ment.

Claire posa sa main dans celle de Nicolas.

La pre­mière seconde fut étrange. La cha­leur de sa paume contre la sienne. Puis il la gui­da vers l’espace libre. Sa main se posa dans le bas de son dos, juste au-des­sus de la courbe de ses fesses. Pas plus bas. Respectueux. Mais ferme.

Ils com­men­cèrent à dan­ser.

Claire sen­tit immé­dia­te­ment la dif­fé­rence. Thomas dan­sait avec elle comme on danse avec quelqu’un qu’on connaît depuis quinze ans. Nicolas dan­sait comme un homme qui décou­vrait un corps. Il ne for­çait rien. Il pro­po­sait. Son bas­sin sui­vait le rythme avec une pré­ci­sion lente, sen­suelle. Quand il la fai­sait pivo­ter, sa main glis­sait un ins­tant plus bas, juste assez pour sen­tir la ron­deur de sa hanche sous le tis­su, puis remon­tait.

Elle sen­tait son souffle près de sa tempe. L’odeur de sa peau. La soli­di­té de son torse quand leurs corps se rap­pro­chaient un peu trop. À chaque mou­ve­ment, le tis­su de sa robe frot­tait légè­re­ment contre ses seins. Ses tétons, déjà sen­sibles, com­men­cèrent à dur­cir. Elle espé­ra qu’il ne le remar­que­rait pas.

Mais il le remar­qua. Elle le vit dans la façon dont son regard s’attarda une frac­tion de seconde trop long­temps sur le décol­le­té de sa robe.

— Vous dan­sez très bien, dit-il tout bas.

— Vous aus­si, répon­dit-elle, la voix un peu rauque.

Ils dan­sèrent trois mor­ceaux d’affilée. Entre chaque chan­son, il ne la relâ­chait pas tout de suite. Sa main res­tait dans le bas de son dos. Ses doigts bou­geaient à peine, comme s’il appre­nait la forme de son corps par petites touches. Claire se sen­tait de plus en plus chaude. Entre ses cuisses, une humi­di­té dis­crète avait com­men­cé à appa­raître. Elle ser­ra les jambes un ins­tant, gênée. Cela fai­sait des années qu’un homme autre que Thomas ne pro­vo­quait plus ça chez elle.

Quand la musique s’arrêta enfin, Nicolas ne s’écarta pas tout de suite.

— Envie d’air ? pro­po­sa-t-il. La ter­rasse est presque vide.

Elle acquies­ça. Ils sor­tirent. L’air du soir était frais. Claire posa ses mains sur la ram­barde et ins­pi­ra pro­fon­dé­ment. Nicolas se tint à côté d’elle, assez près pour que leurs épaules se frôlent par­fois.

— Votre mari m’a dit que vous n’aimiez pas trop ce genre de soi­rée, dit-il après un silence.

Elle tour­na la tête vers lui, sur­prise.

— Il vous a par­lé de moi ?

— Un peu. Il m’a dit que vous étiez magni­fique et que vous ne le saviez pas. Et que si j’avais le cou­rage de vous invi­ter à dan­ser, je ne le regret­te­rais pas.

Claire sen­tit ses joues brû­ler. Thomas avait vrai­ment fait ça. Il avait… pré­pa­ré le ter­rain.

— Il exa­gère, mur­mu­ra-t-elle.

Nicolas la regar­da lon­gue­ment. Son regard n’était pas agres­sif. Il était intense, calme, et pro­fon­dé­ment atten­tif.

— Non. Il n’exagère pas.

Il leva une main et, très len­te­ment, rele­va une mèche de che­veux qui était tom­bée sur son visage. Ses doigts effleu­rèrent sa tempe, puis sa joue. Claire ne bou­gea pas. Elle sen­tit la cha­leur de sa peau contre la sienne. Un fris­son des­cen­dit le long de sa nuque, se pro­pa­gea dans son dos, puis plus bas, jusqu’entre ses cuisses.

— Je peux vous tou­cher ? deman­da-t-il tout bas.

La ques­tion la sur­prit par sa sim­pli­ci­té. Pas « je peux vous embras­ser ». Pas « on conti­nue ». Juste : je peux vous tou­cher.

Elle n’arriva pas à répondre tout de suite. Sa gorge était ser­rée. Elle sen­tait son cœur battre trop fort, et plus bas, ce besoin nou­veau, presque dou­lou­reux, de sen­tir une main autre que celle de son mari sur sa peau.

Elle incli­na à peine la tête. Un oui silen­cieux.

Nicolas posa sa main sur sa hanche. Puis, très len­te­ment, il la fit glis­ser vers l’avant, le long de son ventre, juste au-des­sus du pubis, sans des­cendre plus bas. Ses doigts étaient chauds à tra­vers le tis­su. Claire fer­ma les yeux. Elle sen­tit son souffle se rac­cour­cir. Entre ses cuisses, l’humidité avait aug­men­té. Elle savait que si elle bou­geait un peu, elle sen­ti­rait le tis­su de sa culotte col­ler à sa peau.

Sa main remon­ta ensuite le long de son flanc, effleu­ra le bord de son sein. Claire retint un gémis­se­ment. Ses tétons étaient durs main­te­nant, sen­sibles, et le simple contact du tis­su de la robe contre eux était déjà trop.

— Vous trem­blez, mur­mu­ra Nicolas.

— Je… je n’ai pas l’habitude.

— Je sais.

Il n’insista pas. Il reti­ra sa main, mais res­ta tout près. Claire ouvrit les yeux. Elle le regar­da. Et pour la pre­mière fois depuis des années, elle se sen­tit réel­le­ment dési­rée. Pas par habi­tude. Pas par amour conju­gal. Mais par un homme qui la décou­vrait.

À l’intérieur, Thomas les obser­vait depuis la baie vitrée. Il ne sou­rit pas exac­te­ment. Mais quelque chose dans son regard s’était assom­bri, plus dense, plus chaud. Il croi­sa le regard de Claire. Elle rou­git. Il lui fit un signe de tête très léger. Un « conti­nue si tu en as envie ».

Nicolas sui­vit la direc­tion de son regard.

— Il vous a don­né sa per­mis­sion, dit-il sim­ple­ment.

Claire bais­sa les yeux.

— Oui.

— Et vous ? Vous me don­nez la vôtre ?

Elle rele­va la tête. Son cœur bat­tait si fort qu’elle l’entendait dans ses oreilles. Elle sen­tait encore la trace de sa main sur son ventre, comme une brû­lure douce. Entre ses jambes, le désir était deve­nu une cha­leur lourde, insis­tante.

— Oui, souf­fla-t-elle.

Nicolas ne l’embrassa pas tout de suite. Il posa d’abord son front contre le sien. Leurs souffles se mêlèrent. Puis il incli­na la tête et posa ses lèvres sur les siennes.

Le bai­ser fut lent. Très lent. Ses lèvres étaient chaudes, un peu rudes à cause de la barbe. Il ne for­ça pas l’ouverture de sa bouche. Il atten­dit qu’elle le fasse. Quand Claire entrou­vrit les lèvres, sa langue la trou­va avec une dou­ceur qui la fit fré­mir. Elle gémit tout bas contre sa bouche. Ses mains, sans qu’elle y pense, vinrent se poser sur sa poi­trine, sen­tant la soli­di­té de ses muscles sous la che­mise.

Nicolas posa une main dans le bas de son dos et la rap­pro­cha un peu plus. Leurs corps s’alignèrent. Claire sen­tit contre son ventre la dure­té déjà pré­sente de son sexe. Cela la fit trem­bler plus fort. Elle n’avait pas tou­ché un autre homme depuis quinze ans. Sentir cette preuve concrète de désir la bou­le­ver­sait.

Le bai­ser s’approfondit. Nicolas pas­sa une main dans ses che­veux, l’autre res­tant sur sa hanche, les doigts pres­sant un peu plus fort. Claire se sen­tait fondre. Ses seins étaient lourds, sen­sibles. Entre ses cuisses, sa culotte était main­te­nant fran­che­ment humide. Elle avait envie qu’il glisse sa main plus bas. Elle avait envie qu’il la touche vrai­ment. Et en même temps, la timi­di­té la rete­nait encore.

Quand ils se sépa­rèrent, elle était essouf­flée. Nicolas posa son front contre le sien une seconde fois.

— On rentre ? deman­da-t-il tout bas. Ou on reste encore un peu ici ?

Claire regar­da à tra­vers la baie vitrée. Thomas était tou­jours là. Il les regar­dait. Et cette fois, il sou­rit. Un sou­rire dis­cret, presque tendre, mais char­gé de quelque chose de plus sombre, de plus exci­té.

Claire se tour­na vers Nicolas.

— On reste encore un peu, mur­mu­ra-t-elle.

Nicolas sou­rit. Puis il la prit à nou­veau dans ses bras, et cette fois ses mains glis­sèrent plus bas, agrip­pant ses fesses à tra­vers la robe, la sou­le­vant presque contre lui. Claire gémit dans sa bouche. Elle sen­tit son sexe dur pres­ser contre le creux de son ventre. Sa propre humi­di­té la gênait main­te­nant, col­lante, chaude.

Ils s’embrassèrent encore long­temps sur la ter­rasse, au vu de quelques per­sonnes qui fai­saient sem­blant de ne pas regar­der. Les mains de Nicolas explo­rèrent son dos, ses hanches, le bas de ses seins. Claire, peu à peu, osa poser ses propres mains sur sa poi­trine, puis plus bas, sur le tis­su de son pan­ta­lon, sen­tant la rigi­di­té de son sexe sous ses doigts. Elle n’osa pas plus. Pas encore.

Quand ils ren­trèrent enfin, Thomas les atten­dait près du bar. Il ten­dit un verre à Claire. Leurs doigts se tou­chèrent.

— Tout va bien ? deman­da-t-il tout bas.

Elle acquies­ça, encore rouge, encore trem­blante.

Thomas regar­da Nicolas, puis sa femme.

— On peut res­ter encore un peu, dit-il. Ou on peut ren­trer. À toi de déci­der, Claire.

Elle but une gor­gée de vin. Le liquide était froid contre sa gorge brû­lante. Elle sen­tait encore le goût de la bouche de Nicolas sur ses lèvres. Entre ses cuisses, le désir n’avait pas dimi­nué. Il avait aug­men­té.

Elle rele­va les yeux vers son mari, puis vers Nicolas.

— On reste, dit-elle d’une voix qu’elle ne recon­nut presque pas.

Thomas posa une main légère dans le bas de son dos. Un geste de sou­tien. Un geste de per­mis­sion.

Et Claire com­prit, à cet ins­tant pré­cis, que la soi­rée ne fai­sait que com­men­cer.

La per­mis­sion

Ils res­tèrent encore une heure dans l’appartement.

Claire dan­sa de nou­veau avec Nicolas. Cette fois, Thomas ne s’éloigna pas com­plè­te­ment. Il res­tait à quelques mètres, un verre à la main, le regard posé sur eux avec une inten­si­té calme, presque contem­pla­tive. Claire le sen­tait. Elle sen­tait aus­si le regard de quelques autres invi­tés, dis­crets, amu­sés ou curieux. Mais sur­tout, elle sen­tait les mains de Nicolas.

Il ne se conten­tait plus de la gui­der. À chaque mou­ve­ment de bas­sin, sa paume glis­sait un peu plus bas sur sa hanche, appuyait plus fran­che­ment sur la courbe de sa fesse, puis remon­tait le long de sa taille. Quand la musique ralen­tis­sait, il la col­lait contre lui. Elle sen­tait alors, sans ambi­guï­té, la dure­té de son sexe pres­sée contre le bas de son ventre. La cha­leur de ce contact la fai­sait fris­son­ner. Entre ses cuisses, sa culotte était déjà trem­pée. Elle le savait. Elle le sen­tait à chaque pas, le tis­su humide col­lant à sa peau, frot­tant légè­re­ment contre son cli­to­ris sen­sible.

Nicolas pen­cha la tête près de son oreille.

— Tu es déjà mouillée, mur­mu­ra-t-il. Je le sens.

Claire rou­git vio­lem­ment. Elle ouvrit la bouche pour nier, mais aucun son ne sor­tit. À la place, un petit gémis­se­ment lui échap­pa quand il appuya un peu plus fort son bas­sin contre le sien.

Thomas s’approcha à ce moment-là. Il posa une main légère sur l’épaule de Claire, puis sur celle de Nicolas, comme pour les relier.

— Tout va bien ? deman­da-t-il d’une voix basse, presque intime.

Claire tour­na la tête vers lui. Ses joues étaient brû­lantes. Ses lèvres encore un peu enflées du bai­ser pré­cé­dent. Elle cher­cha dans le regard de son mari une trace de jalou­sie, de regret. Elle n’en trou­va aucune. Seulement une exci­ta­tion conte­nue, sombre, et une ten­dresse qui la désar­ma.

— Oui, souf­fla-t-elle.

Thomas sou­rit. Puis, sans détour­ner les yeux d’elle, il s’adressa à Nicolas :

— Elle a besoin qu’on lui montre. Doucement. Qu’elle est dési­rable. Qu’elle peut se lais­ser aller.

Nicolas incli­na la tête. Un accord silen­cieux pas­sa entre les deux hommes. Claire sen­tit un fris­son des­cendre le long de sa colonne ver­té­brale. Ce n’était plus seule­ment un flirt. C’était une per­mis­sion claire, énon­cée à voix haute, devant elle.

Thomas se pen­cha vers l’oreille de Claire.

— Si tu veux, on peut quit­ter la pièce prin­ci­pale. Il y a une chambre d’amis au fond du cou­loir. Léa m’a dit qu’on pou­vait l’utiliser si on avait besoin d’intimité. Rien d’obligatoire. Juste… si tu en as envie.

Le cœur de Claire bat­tait si fort qu’elle avait l’impression qu’il allait sor­tir de sa poi­trine. Elle regar­da Nicolas. Son regard était patient, mais brû­lant. Elle regar­da Thomas. Il atten­dait. Sans pres­sion. Juste une ouver­ture.

Elle hocha la tête.

Ils quit­tèrent le salon sans bruit. Personne ne sem­bla vrai­ment remar­quer. Ou peut-être que si, mais per­sonne ne dit rien. Le cou­loir était plus sombre, plus calme. La musique deve­nait sourde der­rière eux. Thomas ouvrit la porte de la chambre d’amis. Une grande chambre contem­po­raine, lit king-size, lumières indi­rectes, une large fenêtre don­nant sur la ville. Il fer­ma la porte der­rière eux.

Le silence fut sou­dain.

Claire se tenait debout près du lit, les bras le long du corps, ne sachant pas quoi faire de ses mains. Nicolas s’approcha le pre­mier. Il ne l’embrassa pas tout de suite. Il posa ses deux mains sur son visage, ses pouces cares­sant ses joues, et la regar­da lon­gue­ment.

— Tu peux arrê­ter à tout moment, dit-il sim­ple­ment. Tu le sais ?

Elle acquies­ça.

Alors seule­ment il l’embrassa.

Le bai­ser fut plus pro­fond que sur la ter­rasse. Sa langue entra dans sa bouche avec une len­teur déli­bé­rée, explo­rant, goû­tant. Claire gémit. Ses mains vinrent s’agripper à sa che­mise. Thomas s’approcha der­rière elle. Elle sen­tit son corps chaud col­ler contre son dos, ses mains se poser sur ses hanches, juste au-des­sus de celles de Nicolas. Deux paires de mains. Deux res­pi­ra­tions. Deux dési­rs cen­trés sur elle.

Thomas embras­sa sa nuque. Lentement. Ses lèvres glis­sèrent le long de sa gorge pen­dant que Nicolas appro­fon­dis­sait le bai­ser. Claire fer­ma les yeux. Elle se sen­tait prise entre eux, sou­te­nue, dési­rée de deux côtés à la fois. La timi­di­té était encore là, mais elle fon­dait sous la cha­leur.

Les mains de Nicolas des­cen­dirent. Elles trou­vèrent la fer­me­ture de sa robe dans le dos. Il tira dou­ce­ment sur la tirette. Le tis­su s’ouvrit. Claire sen­tit l’air frais de la pièce cares­ser sa peau décou­verte. Thomas aida, glis­sant la robe le long de ses épaules, de ses bras, jusqu’à ce qu’elle tombe à ses pieds. Elle res­ta en sou­tien-gorge noir et culotte assor­tie. Simple. Rien de spé­cial. Elle eut un mou­ve­ment de recul ins­tinc­tif, les bras ten­tant de se croi­ser sur sa poi­trine.

Thomas les retint dou­ce­ment.

— Non, mur­mu­ra-t-il contre son oreille. Laisse-nous te voir.

Nicolas s’agenouilla devant elle. Ses mains remon­tèrent le long de ses mol­lets, de ses genoux, de ses cuisses. Il posa ses lèvres juste au-des­sus de son genou, puis plus haut, sur l’intérieur de sa cuisse. Claire trem­bla. Chaque bai­ser fai­sait remon­ter une vague de cha­leur vers son sexe déjà trem­pé.

Il rele­va la tête et regar­da Thomas.

— Tu peux… ?

Thomas hocha la tête. Il déta­cha le sou­tien-gorge de Claire avec une fami­lia­ri­té tendre. Ses seins furent libé­rés. Nicolas les regar­da. Claire vit la façon dont ses pupilles s’élargirent. Il se redres­sa et prit un sein dans chaque main, pesant leur poids, cares­sant les tétons déjà durs du bout des doigts. Puis il se pen­cha et prit l’un d’eux dans sa bouche.

Claire pous­sa un cri étouf­fé. La cha­leur de sa langue, la légère rugo­si­té de sa barbe contre sa peau, la suc­cion lente et pro­fonde… tout cela était nou­veau. Thomas, der­rière elle, tenait ses hanches et embras­sait son épaule, son cou, le lobe de son oreille. Il mur­mu­rait des mots doux :

— Regarde comme il te veut. Regarde comme tu es belle. Laisse-toi faire, mon amour…

Les mains de Nicolas des­cen­dirent. Elles glis­sèrent sous l’élastique de sa culotte. Claire retint son souffle. Un doigt trou­va son sillon, déjà ouvert, déjà glis­sant. Il explo­ra len­te­ment, de haut en bas, éta­lant son humi­di­té, évi­tant encore son cli­to­ris. Claire gémit plus fort. Ses hanches bou­gèrent d’elles-mêmes, cher­chant plus de contact.

Nicolas reti­ra sa main et por­ta ses doigts à sa bouche. Il les lécha len­te­ment, le regard plan­té dans celui de Claire.

— Tu as un goût déli­cieux, dit-il d’une voix rauque.

Thomas émit un son bas, presque un gro­gne­ment d’approbation. Claire se sen­tit fondre. La timi­di­té était encore pré­sente, mais le désir la sub­mer­geait.

Nicolas la fit asseoir au bord du lit. Il s’agenouilla entre ses jambes. Thomas s’assit à côté d’elle, une main dans ses che­veux, l’autre cares­sant son sein. Nicolas reti­ra la culotte de Claire avec une len­teur céré­mo­nieuse. Elle se retrou­va nue. Entièrement. Sous le regard de deux hommes.

Elle vou­lut refer­mer les cuisses. Nicolas les écar­ta dou­ce­ment mais fer­me­ment.

— Laisse-moi, mur­mu­ra-t-il. S’il te plaît.

Puis il posa sa bouche sur elle.

Claire cria.

Ce n’était pas un cri de dou­leur. C’était un cri de sur­prise et de plai­sir trop intense. Sa langue était chaude, large, pré­cise. Elle com­men­ça par de longs coups lents, de bas en haut, s’attardant sur son entrée, puis remon­tant jusqu’à son cli­to­ris qu’elle évi­ta encore un ins­tant. Claire agrip­pa les draps. Thomas pen­cha la tête et l’embrassa, ava­lant ses gémis­se­ments. Une de ses mains pin­ça légè­re­ment un téton, rou­lant le bou­ton sen­sible entre ses doigts.

Nicolas inten­si­fia. Sa langue trou­va enfin son cli­to­ris. Elle le cer­cla, le pres­sa, le suc­ça dou­ce­ment. Un doigt glis­sa en elle. Puis un second. Claire se cam­bra. La double sen­sa­tion – la bouche sur son cli­to­ris, les doigts qui la rem­plis­saient et frot­taient ce point sen­sible à l’intérieur – la fit bas­cu­ler très vite.

Le pre­mier orgasme arri­va comme une vague. Elle trem­bla de tout son corps, les cuisses ser­rées autour de la tête de Nicolas, un long gémis­se­ment rauque sor­tant de sa gorge. Thomas la tenait, mur­mu­rant contre sa bouche :

— C’est ça… laisse venir… je suis là…

Nicolas ne s’arrêta pas. Il conti­nua, plus len­te­ment, l’aidant à redes­cendre, puis relan­çant. Ses doigts s’incurvaient, trou­vaient le rythme exact. Sa langue ne quit­tait plus son cli­to­ris. Claire sen­tit le second orgasme mon­ter presque immé­dia­te­ment. Plus pro­fond. Plus long. Elle pleu­ra presque de plai­sir, les larmes aux coins des yeux, le corps secoué de spasmes.

Quand elle redes­cen­dit enfin, elle était essouf­flée, trem­blante, les cuisses brillantes de ses propres fluides. Nicolas se redres­sa. Sa bouche et son men­ton étaient humides. Il s’essuya du dos de la main, puis embras­sa Claire pro­fon­dé­ment, lui fai­sant goû­ter son propre désir.

Thomas, der­rière elle, était dur. Claire le sen­tait contre son dos. Il n’avait pas encore enle­vé ses vête­ments. Il se conten­tait de la tenir, de la cares­ser, de la regar­der se faire don­ner du plai­sir par un autre homme.

Nicolas se leva et se désha­billa len­te­ment. Claire le regar­da. Son torse était mus­clé sans être exces­sif. Son sexe, une fois libé­ré, était épais, déjà par­fai­te­ment dur, la tête lui­sante. Elle eut un mou­ve­ment de timi­di­té. Elle n’avait tou­ché qu’un seul homme depuis quinze ans.

Thomas se pen­cha vers son oreille.

— Tu peux le tou­cher si tu veux. Ou le prendre dans ta bouche. Ou rien. C’est toi qui décides.

Claire ten­dit une main hési­tante. Ses doigts s’enroulèrent autour de la verge de Nicolas. Elle était chaude, lourde, pul­sante. Elle le cares­sa len­te­ment, de la base à la tête, éta­lant la goutte de liquide pré-sémi­nal. Nicolas fer­ma les yeux et pous­sa un sou­pir pro­fond.

Elle se pen­cha et posa ses lèvres sur le gland. Le goût était salé, mus­qué, dif­fé­rent de celui de Thomas. Elle prit un peu plus dans sa bouche, léchant, sucant dou­ce­ment. Nicolas posa une main dans ses che­veux, sans for­cer. Thomas, der­rière elle, cares­sait son dos, ses fesses, glis­sait un doigt le long de son sillon encore trem­pé.

Ils res­tèrent ain­si un long moment. Claire suçait Nicolas avec une appli­ca­tion timide mais de plus en plus assu­rée, pen­dant que Thomas la cares­sait, la doig­tait à nou­veau, lui fai­sant mon­ter un troi­sième orgasme plus doux, plus ondu­lant, juste avec ses doigts et sa bouche sur sa nuque.

Quand Claire se redres­sa, le visage rou­gi, les lèvres brillantes, Nicolas la regar­da avec une inten­si­té qui la fit fris­son­ner.

— Je veux te sen­tir, dit-il. Mais seule­ment si tu es prête.

Thomas se désha­billa à son tour. Claire le regar­da. Son mari. Son corps fami­lier. Son sexe qu’elle connais­sait par cœur. Puis elle regar­da Nicolas. L’inconnu. Le nou­veau.

Elle se recu­la sur le lit. Elle s’allongea. Elle écar­ta les cuisses.

— Doucement, deman­da-t-elle d’une voix trem­blante. S’il vous plaît… dou­ce­ment.

Nicolas s’agenouilla entre ses jambes. Thomas s’allongea à côté d’elle, une main sur son sein, l’autre tenant sa main. Nicolas posi­tion­na son sexe contre l’entrée de Claire. Il frot­ta d’abord, éta­lant son humi­di­té, fai­sant glis­ser le gland de haut en bas sur son cli­to­ris encore hyper­sen­sible. Claire gémit. Puis, très len­te­ment, il pous­sa.

L’étirement fut déli­cieux. Claire sen­tit chaque cen­ti­mètre l’envahir. Différent de Thomas. Plus épais. Une sen­sa­tion de plé­ni­tude nou­velle. Elle agrip­pa la main de son mari. Thomas l’embrassa pen­dant que Nicolas s’enfonçait jusqu’à la garde.

Il res­ta immo­bile un ins­tant, la lais­sant s’habituer. Puis il com­men­ça à bou­ger. Des va-et-vient lents, pro­fonds, presque tendres. Claire gémis­sait à chaque pous­sée. Thomas mur­mu­rait des encou­ra­ge­ments contre sa bouche, cares­sait ses seins, glis­sait une main entre eux pour frot­ter son cli­to­ris en rythme.

Le qua­trième orgasme arri­va plus len­te­ment. Il mon­ta en vague après vague, jusqu’à ce que Claire se cambre vio­lem­ment, un cri long et rauque sor­tant de sa gorge. Nicolas ralen­tit pour l’accompagner, puis reprit, plus pro­fond, plus insis­tants.

Ils chan­gèrent de posi­tion. Claire se retrou­va à cali­four­chon sur Nicolas, le domi­nant un peu, pen­dant que Thomas s’agenouillait der­rière elle et l’embrassait, cares­sait ses seins, glis­sait ses doigts le long de son dos jusqu’à l’endroit où le sexe de Nicolas entrait et sor­tait d’elle. Claire se sen­tait ouverte, offerte, dési­rée de toutes parts. Elle jouit une cin­quième fois, plus faible, plus trem­blante, le front contre l’épaule de Nicolas.

Puis Thomas prit sa place.

Il entra en elle avec la fami­lia­ri­té de quinze années, mais avec une exci­ta­tion nou­velle. Claire le sen­tit dif­fé­rent ce soir-là. Plus dur. Plus pré­sent. Nicolas, à côté, cares­sait ses seins, l’embrassait, lui mur­mu­rait à quel point elle était magni­fique en train de se faire prendre par son mari.

Ils alter­nèrent ain­si long­temps. Lentement. Sensuellement. Chaque fois que l’un d’eux était en elle, l’autre la cares­sait, la suçait, la tou­chait. Claire eut encore deux orgasmes, plus doux, plus épui­sés, le corps de plus en plus sen­sible.

À un moment, Nicolas se posi­tion­na der­rière elle pen­dant que Thomas était encore en elle. Claire sen­tit le gland de Nicolas frot­ter contre l’endroit déjà occu­pé. Elle se ten­dit.

— Doucement… mur­mu­ra-t-elle. Pas encore… j’ai besoin…

Nicolas s’arrêta immé­dia­te­ment. Il se conten­ta de frot­ter son sexe contre ses fesses, entre ses cuisses, pen­dant que Thomas conti­nuait à la prendre. Claire com­prit qu’ils atten­daient. Qu’ils res­pec­taient son rythme.

La nuit s’étira. Les corps s’emmêlèrent. Les caresses, les bai­sers, les doigts, les bouches, les va-et-vient lents se suc­cé­dèrent sans jamais bas­cu­ler dans la pré­ci­pi­ta­tion. Claire se sen­tait trans­for­mée. Chaque orgasme l’ouvrait un peu plus. Chaque regard de Thomas lui disait qu’elle pou­vait conti­nuer. Chaque touche de Nicolas lui mon­trait qu’elle était dési­rée pour ce qu’elle était, à qua­rante ans, avec ses imper­fec­tions, avec sa timi­di­té qui fon­dait peu à peu.

Vers le petit matin, épui­sée, le corps encore vibrant, Claire s’endormit entre les deux hommes. La tête sur la poi­trine de Thomas, une jambe posée sur celle de Nicolas. Elle sen­tait encore leurs sexes contre sa peau, encore durs par­fois, encore dési­rants. Mais elle savait que la suite vien­drait. Plus tard. Quand elle serait prête.

Pour l’instant, elle n’était plus seule­ment la femme réser­vée de tou­jours.

Elle était une femme qui venait d’être dési­rée, tou­chée, faite jouir par deux hommes qui la res­pec­taient.

Et ce n’était que le début.

La décou­verte

Claire se réveilla len­te­ment.

La chambre était bai­gnée d’une lumière grise, celle de l’aube qui fil­trait à tra­vers les rideaux. Elle sen­tit d’abord la cha­leur d’un corps contre son dos, puis celle d’un autre contre sa poi­trine. Thomas. Nicolas. Elle était tou­jours nue, coin­cée entre eux, une jambe posée sur la cuisse de Nicolas, le bras de Thomas enrou­lé autour de sa taille.

Son corps était lourd, déli­cieu­se­ment dou­lou­reux. Entre ses cuisses, elle sen­tait encore la sen­si­bi­li­té de la nuit pré­cé­dente, cette cha­leur sourde, cette ouver­ture qui ne s’était pas refer­mée. Elle bou­gea légè­re­ment. Aussitôt, la main de Thomas se res­ser­ra sur son ventre. Derrière elle, elle sen­tit son sexe s’éveiller contre ses fesses. Devant elle, Nicolas entrou­vrit les yeux.

Il la regar­da un long moment sans par­ler. Puis il sou­rit, un sou­rire encore ensom­meillé, tendre.

— Bonjour, mur­mu­ra-t-il.

Claire rou­git. Même après tout ce qu’ils avaient fait, la timi­di­té reve­nait par vagues. Elle bais­sa les yeux. Nicolas rele­va son men­ton d’un doigt et l’embrassa. Un bai­ser lent, pro­fond, au goût de som­meil et de désir qui recom­men­çait. Derrière elle, Thomas embras­sa sa nuque, ses épaules, le creux de sa gorge. Ses mains remon­tèrent jusqu’à ses seins, les cares­sant avec une fami­lia­ri­té nou­velle, plus pos­ses­sive ce matin-là.

— Comment tu te sens ? deman­da Thomas tout bas contre son oreille.

Claire cher­cha ses mots. Elle se sen­tait… ouverte. Dans tous les sens du terme. Son corps était encore impré­gné d’eux. Son esprit aus­si.

— Bien, souf­fla-t-elle. Étrange. Mais bien.

Nicolas glis­sa une main entre ses cuisses. Ses doigts trou­vèrent immé­dia­te­ment l’humidité qui était déjà reve­nue. Claire gémit dou­ce­ment. Il ne péné­tra pas tout de suite. Il se conten­ta de cares­ser, de tra­cas­ser son cli­to­ris encore hyper­sen­sible du bout des doigts, de glis­ser le long de ses lèvres gon­flées. Thomas, der­rière, frot­tait son sexe dur entre ses fesses, sans cher­cher à entrer, juste pour lui faire sen­tir à quel point il la vou­lait encore.

Ils res­tèrent ain­si un long moment, sans se pres­ser. Les caresses étaient lentes, explo­ra­trices. Nicolas des­cen­dit le long de son corps, embras­sant ses seins, son ventre, le haut de son pubis. Il écar­ta ses cuisses avec dou­ceur et posa à nou­veau sa bouche sur elle. Claire pous­sa un long sou­pir. La langue de Nicolas était chaude, pré­cise, presque révé­ren­cieuse. Elle lécha lon­gue­ment, s’attarda sur son cli­to­ris, le suc­ça dou­ce­ment pen­dant que deux doigts glis­saient en elle.

Thomas se dépla­ça pour s’agenouiller près de sa tête. Il lui mon­tra son sexe, déjà par­fai­te­ment dur. Claire n’hésita presque plus. Elle ouvrit la bouche et le prit. Le goût fami­lier de son mari se mélan­geait aux sen­sa­tions nou­velles que Nicolas lui don­nait plus bas. Elle suçait len­te­ment, pro­fon­dé­ment, pen­dant que la langue de Nicolas la fai­sait mon­ter.

Le pre­mier orgasme du matin arri­va sans vio­lence. Une vague chaude qui par­tit du bas de son ventre et se répan­dit dans tout son corps. Claire gémit autour du sexe de Thomas, les cuisses trem­blantes autour de la tête de Nicolas. Celui-ci ne s’arrêta pas. Il conti­nua, plus len­te­ment, l’aidant à redes­cendre, puis la relan­çant. Ses doigts s’incurvaient, trou­vaient ce point à l’intérieur qui la fai­sait voir des étoiles. Claire jouit une deuxième fois, plus fort, le corps secoué, les larmes aux yeux.

Thomas se reti­ra de sa bouche et l’embrassa.

— Tu es magni­fique comme ça, mur­mu­ra-t-il. Si ouverte. Si libre.

Nicolas se redres­sa. Son sexe était lourd, lui­sant. Il s’allongea sur le dos et atti­ra Claire sur lui. Elle s’agenouilla au-des­sus de son bas­sin. Thomas se pla­ça der­rière elle, une main dans le bas de son dos pour la gui­der. Claire prit le sexe de Nicolas en main et le fit glis­ser entre ses lèvres trem­pées. Puis, très len­te­ment, elle s’enfonça.

Le gémis­se­ment qu’elle pous­sa fut long, gut­tu­ral. L’épaisseur de Nicolas la rem­plis­sait par­fai­te­ment. Elle s’assit jusqu’au bout, le sen­tant battre au plus pro­fond d’elle. Thomas, der­rière, cares­sait ses fesses, écar­tait un peu plus ses joues, glis­sait un doigt le long de l’endroit où elle était déjà occu­pée. Claire se cam­bra. Elle com­men­ça à bou­ger, des mou­ve­ments lents, cir­cu­laires, cher­chant le meilleur angle.

Nicolas tenait ses hanches. Thomas embras­sait son dos, ses épaules, pas­sait ses mains devant pour pétrir ses seins. Claire se sen­tait entiè­re­ment entou­rée. Chaque des­cente l’emplissait un peu plus. Chaque remon­tée fai­sait frot­ter son cli­to­ris contre le pubis de Nicolas. Elle jouit une troi­sième fois, plus pro­fonde, plus longue, le front appuyé contre la poi­trine de Nicolas, le souffle court.

Quand elle redes­cen­dit, Thomas mur­mu­ra contre son oreille :

— Tu veux essayer… tous les deux ?

Le cœur de Claire s’emballa. Elle savait ce qu’il pro­po­sait. Elle l’avait ima­gi­né pen­dant la nuit, entre deux orgasmes. L’idée la ter­ri­fiait un peu. Et l’excitait énor­mé­ment.

— Doucement, deman­da-t-elle. Très dou­ce­ment.

Nicolas sou­rit et l’embrassa.

— On va y aller très len­te­ment. Tu contrôles. Tu dis stop quand tu veux.

Thomas se reti­ra un ins­tant. Il alla cher­cher quelque chose dans le tiroir de la table de nuit – un fla­con de lubri­fiant que Léa et Marc avaient lais­sé, pré­voyants. Claire sen­tit le gel froid glis­ser entre ses fesses, puis plus bas, autour de l’endroit déjà occu­pé par Nicolas. Les doigts de Thomas mas­sèrent, pré­pa­rèrent, glis­sèrent le long de son entrée déjà pleine, l’étirant un peu plus, l’habituant.

Claire res­pi­rait pro­fon­dé­ment. Elle sen­tait chaque mou­ve­ment. La peur était là, mais le désir était plus fort. Elle était trem­pée, ouverte, et le simple fait de sen­tir les doigts de son mari la pré­pa­rer pen­dant qu’un autre homme était déjà en elle la fai­sait fré­mir d’une exci­ta­tion presque dou­lou­reuse.

Nicolas res­ta par­fai­te­ment immo­bile, la lais­sant s’habituer. Thomas se posi­tion­na der­rière elle. Claire sen­tit le gland de son mari pres­ser contre son entrée, juste à côté du sexe de Nicolas. La pres­sion fut d’abord trop grande. Elle se ten­dit.

— Respire, mur­mu­ra Nicolas. Relâche-toi. On a tout le temps.

Thomas pous­sa très len­te­ment. Millimètre par mil­li­mètre. Claire sen­tit l’étirement, cette sen­sa­tion d’être ouverte au-delà de ce qu’elle connais­sait. Ça tirait. Ça brû­lait un peu. Puis, sou­dain, le gland de Thomas pas­sa. Claire pous­sa un cri étouf­fé. Deux sexes en elle. Deux hommes. La plé­ni­tude était presque trop intense.

Ils res­tèrent immo­biles un long moment. Claire trem­blait. Des larmes de sur­charge sen­so­rielle cou­laient sur ses joues. Thomas embras­sait son épaule. Nicolas cares­sait son visage.

— Tu veux qu’on s’arrête ? deman­da Thomas d’une voix rauque.

Claire secoua la tête.

— Non… conti­nuez… mais len­te­ment…

Ils com­men­cèrent à bou­ger. Des mou­ve­ments minus­cules d’abord. Thomas s’enfonçait un peu plus pen­dant que Nicolas se reti­rait légè­re­ment, puis l’inverse. Claire sen­tait chaque veine, chaque pul­sa­tion, chaque fric­tion. C’était trop. C’était par­fait. Elle gémis­sait sans dis­con­ti­nuer, des sons qu’elle ne s’était jamais enten­due pro­duire.

Peu à peu, les mou­ve­ments s’amplifièrent. Toujours lents. Toujours contrô­lés. Nicolas tenait ses hanches. Thomas tenait sa taille. Claire était sus­pen­due entre eux, entiè­re­ment prise, entiè­re­ment dési­rée. Son cli­to­ris frott­tait contre le pubis de Nicolas à chaque mou­ve­ment. La double péné­tra­tion la rem­plis­sait d’une façon qu’elle n’aurait jamais ima­gi­née pos­sible.

L’orgasme mon­ta comme une marée. Lent. Inévitable. Quand il explo­sa, Claire hur­la. Son corps se contrac­ta vio­lem­ment autour des deux sexes, des spasmes puis­sants qui la secouèrent de la tête aux pieds. Nicolas gémit sous elle. Thomas ser­ra plus fort ses hanches. Ils conti­nuèrent à bou­ger à tra­vers son orgasme, pro­lon­geant les vagues, la fai­sant jouir encore et encore jusqu’à ce qu’elle en pleure de trop-plein.

Ils ne s’arrêtèrent pas tout de suite. Ils la firent jouir une nou­velle fois, plus courte, plus aiguë, avant que Nicolas ne se tende sous elle et ne jouisse en pro­fon­deur, un long gro­gne­ment rauque. Thomas le sui­vit de près, se déver­sant en elle avec un gémis­se­ment qui vibra contre sa nuque.

Ils res­tèrent emmê­lés un long moment après. Claire était molle, trem­blante, le souffle irré­gu­lier. Elle sen­tait leurs sexes encore en elle, qui se ramol­lis­saient len­te­ment, le mélange de leurs fluides qui cou­lait le long de ses cuisses. Thomas l’embrassait ten­dre­ment. Nicolas lui cares­sait les che­veux.

— Ça va ? deman­da Thomas.

Claire eut un petit rire épui­sé, presque incré­dule.

— Oui… je crois que oui. Je… je ne savais pas que mon corps pou­vait faire ça.

Nicolas sou­rit contre sa peau.

— Il peut faire encore plus. Quand tu vou­dras.

Thomas la ser­ra plus fort.

— On a tout le temps, mon amour. Tout le temps.

Claire fer­ma les yeux. Entre eux deux, le corps encore vibrant, le cœur encore bat­tant trop fort, elle se sen­tait dif­fé­rente. Plus libre. Plus dési­rée. Plus elle-même qu’elle ne l’avait été depuis des années.

La nuit n’était qu’un début.

Et elle savait déjà qu’elle vou­drait recom­men­cer.

Auteur.e de l'histoire : Himéros

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