La demeure semblait flotter au bord de l’eau.
Élise s’arrêta un instant sur le perron, la main posée sur la rampe en fer forgé encore tiède du jour qui s’éteignait. Derrière elle, le gravier de l’allée crissait sous les pas d’autres invités qui arrivaient en riant trop fort, trop libres. Devant elle, la porte grande ouverte laissait échapper une lumière dorée, presque liquide, et une musique basse qui ressemblait davantage à une respiration qu’à une mélodie. Elle ajusta la bretelle de sa robe noire — une robe simple, un peu trop décolletée pour quelqu’un qui n’avait plus l’habitude de se montrer depuis des mois — et entra.
L’odeur la frappa d’abord : bois ciré, bougies à la vanille, un soupçon de pierre chaude et quelque chose de plus sec, presque minéral. Puis ce fut le salon.
Les murs n’étaient pas des murs. Ils étaient des miroirs. Des miroirs anciens, aux cadres dorés ternis par le temps, aux glaces légèrement ondulées qui multipliaient la pièce à l’infini. Des reflets de reflets. Des couples qui discutaient en se regardant de côté, des épaules nues qui se répétaient dix, quinze, vingt fois, des verres de vin qui brillaient dans toutes les directions comme des étoiles captives. Élise eut un mouvement de recul presque instinctif. Elle se vit elle-même, vingt fois, trente fois, debout près de l’entrée, les cheveux un peu défaits par le vent du lac, le visage un peu trop pâle sous la lumière des lampes basses. Elle se vit trop. Elle se vit entière. Et cela lui déplut.
Elle n’aimait pas se regarder. Pas depuis longtemps. Pas depuis que le lit avait recommencé à lui sembler trop grand, trop froid, trop silencieux. Pas depuis que son corps lui paraissait parfois étranger, comme un vêtement trop lâche certains jours, trop serré d’autres. Depuis la séparation, le désir s’était éloigné d’elle comme une marée qui ne revenait plus. Parfois même, l’idée du sexe la laissait indifférente, presque écœurée, comme quelque chose de trop animal, de trop cru, de trop exposé. Elle détourna les yeux et s’avança vers le buffet, cherchant quelque chose à faire de ses mains pour ne plus se voir.
Un serveur lui tendit une coupe de champagne. Elle la prit, murmura un merci à peine audible, et s’éloigna le long d’un mur de glace. Elle pouvait presque sentir le regard des autres sur elle — ou peut-être n’était-ce que le sien, multiplié, renvoyé, amplifié. Elle but une gorgée. Le liquide était froid, un peu trop sec, et lui brûla légèrement la gorge. Elle regretta déjà d’être venue. Elle aurait dû rester chez elle, dans le silence de son appartement, avec un livre et une tasse de thé, sans avoir à affronter tous ces reflets d’une femme qu’elle ne reconnaissait plus tout à fait.
C’est alors qu’elle le vit.
Pas face à face. Dans le miroir.
Il se tenait un peu en retrait, près d’une grande baie vitrée qui donnait sur la terrasse et le lac noir. Un homme d’une quarantaine d’années, cheveux bruns légèrement grisonnants aux tempes, chemise sombre ouverte au col, manches relevées jusqu’aux avant-bras, mains dans les poches. Il ne parlait à personne. Il regardait. Et ce qu’il regardait, c’était elle.
Élise se figea. Leur regard se croisa dans la glace. Elle s’attendait à ce qu’il détourne les yeux, qu’il sourie d’excuse, qu’il fasse le geste poli de quelqu’un pris en flagrant délit d’indiscrétion. Il ne fit rien de tout cela. Il continua de la regarder. Calmement. Intensément. Comme s’il avait le droit. Comme s’il avait toujours eu le droit.
Une chaleur bizarre lui monta au visage, puis descendit le long de son cou jusqu’à la naissance de ses seins. Elle baissa les yeux vers son verre, puis les releva malgré elle. Il était toujours là. Toujours en train de la regarder à travers le miroir. Comme s’il préférait la voir ainsi — reflétée, un peu déformée par l’ondulation ancienne de la glace, un peu lointaine — plutôt que de lui faire face directement.
Elle se força à avancer, à rejoindre un petit groupe où elle connaissait vaguement une femme du travail. La conversation était banale : le temps qu’il faisait sur le lac, la rénovation de la maison, les enfants de quelqu’un qui n’étaient pas là. Elle répondait mécaniquement, riait quand il fallait rire, hochant la tête aux bons moments, mais une partie d’elle restait accrochée à cette silhouette dans la glace. Chaque fois qu’elle tournait légèrement la tête, elle le retrouvait. Il n’avait pas bougé. Ou plutôt si : il s’était un peu rapproché, d’un pas, de deux, sans jamais quitter le reflet. Comme un prédateur patient qui savait que la proie finirait par venir d’elle-même.
Au bout d’un long moment, la conversation s’épuisa. Élise se retrouva seule près d’une console en bois sombre. Elle posa son verre, lissa une mèche derrière son oreille, et, sans vraiment y penser, regarda de nouveau dans le miroir le plus proche.
Il était derrière elle maintenant. Pas tout près. À trois mètres peut-être. Mais assez proche pour que, dans la glace, leurs silhouettes se touchent presque. Assez proche pour qu’elle sente déjà la densité de sa présence dans son dos.
— Vous n’aimez pas les miroirs, dit-il.
Sa voix était basse, posée, sans précipitation. Une voix qui ne forçait rien. Élise sursauta légèrement. Elle se retourna. Face à face, il était encore plus présent. Les yeux sombres, le regard stable, une petite cicatrice pâle au-dessus de la lèvre supérieure, comme une trace oubliée. Il ne souriait pas vraiment. Juste un pli discret au coin de la bouche, presque indéchiffrable.
— Ce n’est pas… non. Pas particulièrement, répondit-elle. C’est un peu… envahissant.
Il inclina la tête, comme s’il trouvait la réponse intéressante, digne d’être pesée.
— On se voit trop. Ou pas assez. Selon les jours.
Elle ne savait pas quoi répondre. Elle se contenta de hocher la tête. Le silence s’installa entre eux. Autour, la soirée continuait : rires étouffés, tintements de verres, musique qui semblait venir de très loin. Mais entre eux, l’air semblait plus dense, plus lourd, chargé d’une électricité sourde.
— Théo, dit-il simplement.
— Élise.
Il répéta son prénom à voix basse, comme pour le goûter, comme pour le garder un instant sur la langue. Puis il regarda de nouveau le miroir derrière elle.
— Vous vous tenez très droite. Comme si vous aviez peur que quelqu’un vous touche par surprise.
Élise sentit une bouffée de gêne lui monter aux joues. Elle croisa les bras, puis les décroisa aussitôt, consciente que le geste la fermait, la protégeait trop ostensiblement.
— Je ne suis pas habituée à ce genre de soirée, dit-elle. Ni à… tout ça.
Elle fit un vague geste vers les murs de glace, vers tous ces reflets d’elle-même qui la regardaient de tous les côtés.
Théo ne répondit pas tout de suite. Il s’approcha d’un pas. Juste un. Assez pour qu’elle sente son odeur : quelque chose de propre, de boisé, à peine épicé. Pas de parfum agressif. Juste lui. Une odeur de peau chaude et de savon simple.
— Les miroirs ne mentent pas, murmura-t-il. Ils montrent ce qu’on est à cet instant précis. Même quand on préférerait ne pas le voir.
Elle releva les yeux vers lui. Il la regardait toujours de cette façon calme, presque tendre, et pourtant il y avait quelque chose d’autre dessous. Une attention trop précise. Comme s’il notait chaque micro-mouvement de son visage, chaque respiration un peu trop courte, chaque battement de paupière.
— Vous me regardez depuis que je suis entrée, dit-elle. Pourquoi ?
Il ne nia pas. Il ne sourit pas non plus.
— Parce que vous êtes la seule personne ici qui a l’air de ne pas vouloir être vue. Et ça… ça rend le regard plus intéressant.
Élise sentit son cœur battre un peu plus fort contre ses côtes. Elle détourna les yeux, chercha une issue dans le salon, mais les miroirs la renvoyaient partout à elle-même et à lui. Elle se vit rougir. Elle se vit baisser le menton. Elle se vit, plus loin, dans un autre reflet, avec Théo tout près d’elle, sa silhouette plus large, plus stable, presque protectrice.
— Ce n’est pas très poli, de regarder comme ça, murmura-t-elle.
— Non, reconnut-il. Ce n’est pas poli.
Il ne s’excusa pas. Il resta là. Et elle ne partit pas.
Ils parlèrent un moment de choses anodines. Du lac et de la façon dont la lumière changeait selon l’heure. De la maison, qui appartenait à un ami commun dont Élise n’avait que le prénom. Théo parlait peu, posait des questions simples, laissait des silences qui n’étaient jamais gênants. Élise se surprit à répondre plus longuement qu’elle ne l’aurait voulu. Elle raconta, sans trop savoir pourquoi, qu’elle avait longtemps habité près de l’eau, enfant. Qu’elle aimait le bruit des vagues la nuit, ce bruit qui berçait et qui empêchait de penser. Qu’elle ne dormait plus très bien depuis quelque temps. Depuis trop longtemps.
Pendant qu’elle parlait, il l’écoutait. Vraiment. Et ses yeux ne quittaient presque jamais son visage — ou le reflet de son visage dans la glace derrière elle. Parfois, quand elle détournait le regard, elle le surprenait en train de descendre un peu plus bas : la ligne de son cou, l’épaule dénudée par la bretelle de la robe, le creux doux entre ses seins. Puis il remontait, sans gêne, et la regardait droit dans les yeux, comme s’il n’avait rien fait d’autre que l’écouter.
Chaque fois, une petite décharge électrique traversait le ventre d’Élise. Elle n’aimait pas ça. Enfin… elle n’était pas censée aimer ça. Elle n’avait plus vraiment envie de ce genre de chose depuis des mois. Le désir lui semblait parfois lointain, parfois même un peu répugnant, comme quelque chose de trop cru, de trop exposé, de trop exigeant. Et pourtant, sous ce regard-là, quelque chose s’éveillait. Lentement. Contre sa volonté. Une chaleur sourde qui partait du bas de son ventre et remontait le long de sa colonne.
À un moment, un invité un peu ivre les bouscula légèrement en passant. Théo posa la main dans le bas de son dos pour la stabiliser. Le contact dura à peine une seconde. Sa paume était chaude, large, sûre. Quand il la retira, Élise sentit l’endroit où elle avait posé continuer de brûler, comme une marque invisible. Elle se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas laisser paraître le frisson qui l’avait parcourue.
— Pardon, dit-il.
Mais il n’avait pas l’air désolé. Il avait l’air… attentif. Comme s’il avait noté exactement comment son corps avait réagi au toucher. Comme s’il avait enregistré le léger sursaut de ses épaules, la façon dont sa respiration s’était coupée une fraction de seconde.
Ils se déplacèrent un peu, le long du mur de miroirs. Élise prenait conscience de chaque détail de sa propre silhouette : la façon dont la robe épousait ses hanches, le léger balancement de ses seins quand elle marchait, la courbe de sa nuque, la façon dont le tissu glissait sur sa peau. Elle se voyait trop. Et elle le voyait la voir. Dans chaque glace, sous chaque angle. Comme s’il l’observait de tous les côtés à la fois, comme s’il pouvait déjà imaginer ce qu’il y avait sous le tissu.
— Vous avez froid ? demanda-t-il soudain.
Elle fronça les sourcils.
— Non. Pourquoi ?
— Vous avez la peau de poule. Là.
Il désigna du menton le haut de son bras. Effectivement, de petits frissons y couraient, rendant la peau granuleuse. Elle n’avait pas remarqué. Ou plutôt si : elle avait senti, mais elle avait attribué ça à l’air un peu frais qui venait de la terrasse par la baie restée entrouverte. Maintenant qu’il le nommait, la sensation s’intensifia. Elle croisa les bras de nouveau, cette fois pour se cacher un peu plus.
Théo ne commenta pas. Il se contenta de rester près d’elle. Trop près. Assez près pour que, si elle se tournait un peu trop vite, son épaule touche la sienne. Assez près pour qu’elle sente sa respiration, chaude, régulière. Assez près pour que, dans le miroir, leurs corps semblent déjà collés, déjà liés.
La conversation redevint légère. Trop légère. Ils parlèrent de livres. De voyages qu’ils n’avaient jamais faits. De rien d’important. Mais sous les mots, autre chose circulait. Chaque silence était chargé. Chaque regard un peu trop long. Élise se surprit à imaginer ce que serait sa main sur sa nuque, lourde, chaude, possessive. Puis elle chassa l’idée, gênée par sa propre imagination. Puis l’idée revint, plus précise, plus tenace : ses doigts glissant le long de sa colonne, s’arrêtant juste au-dessus de la naissance de ses fesses, appuyant un peu.
Elle but une autre gorgée de champagne. Le liquide lui brûla un peu la gorge. Elle se sentait chaude maintenant. Trop chaude. Entre ses cuisses, une humidité légère, presque imperceptible, commençait à se former. Elle le sentait. Elle serra les jambes l’une contre l’autre, espérant que ça passe, que ce soit juste le champagne, la chaleur de la pièce, la fatigue. Ça ne passa pas. Ça s’installa, sournoise, collante, gênante.
Théo inclina la tête.
— Vous êtes rouge, dit-il doucement.
— C’est la chaleur. Et le champagne.
— Peut-être.
Il ne sourit toujours pas. Mais ses yeux s’assombrirent un peu. Il leva une main, très lentement, et releva une mèche de cheveux qui était tombée sur son visage. Ses doigts frôlèrent sa tempe, puis le haut de son oreille. Le contact fut infime. Pourtant Élise sentit un frisson descendre le long de sa colonne vertébrale jusqu’au bas de son dos, puis plus bas encore, jusqu’entre ses cuisses. Elle retint sa respiration.
— Vous avez les yeux qui brillent, murmura-t-il. Comme si quelque chose s’allumait derrière.
Elle aurait dû reculer. Dire quelque chose de sec. Rire pour briser la tension. Elle ne fit rien de tout cela. Elle resta immobile, le regard accroché au sien, tandis que dans le miroir derrière eux leurs silhouettes se confondaient un peu plus, se mêlaient, devenaient presque une seule forme.
— Je… je devrais peut-être aller prendre l’air, dit-elle d’une voix un peu trop basse, un peu trop rauque.
— Je peux venir avec vous.
Ce n’était pas une question. Pas vraiment. C’était une proposition posée là, entre eux, comme un objet fragile qu’on pouvait prendre ou laisser. Élise hésita. Une partie d’elle — la partie raisonnable, celle qui se souvenait qu’elle n’avait plus vraiment de désir, que le sexe la laissait parfois froide ou même un peu écœurée, que son corps n’était plus un endroit où elle se sentait en sécurité — lui criait de refuser. L’autre partie, plus sourde, plus chaude, plus ancienne, restait silencieuse. Et ce silence était déjà une réponse.
Elle hocha la tête.
Ils quittèrent le salon des miroirs ensemble. Mais avant de franchir la baie vitrée, Élise jeta un dernier regard en arrière. Dans la glace, elle se vit marcher à côté de lui. Elle vit sa main qui n’osait pas encore le toucher. Elle vit le rouge sur ses joues. Et plus bas, dans le reflet légèrement déformé par l’âge de la glace, elle vit la façon dont ses seins se soulevaient un peu trop vite sous la robe, la façon dont ses hanches se balançaient malgré elle. Elle se vit désirée. Et pour la première fois depuis très longtemps, elle ne détourna pas les yeux.
Sur la terrasse, l’air du lac était plus frais. La nuit était tombée complètement. L’eau miroitait sous la lune comme une autre glace, plus vaste, plus indifférente. Derrière eux, à travers la vitre, le salon continuait de briller de tous ses reflets. Élise s’appuya contre la rambarde. Théo se plaça à côté d’elle, pas tout à fait face au lac, mais un peu tourné vers elle, comme s’il préférait encore la regarder elle.
— Mieux ? demanda-t-il.
— Un peu.
Elle serra la rambarde. Ses doigts étaient froids. Le reste de son corps, non. Entre ses cuisses, l’humidité s’était accentuée. Elle le sentait maintenant clairement, collé à la fine dentelle de sa culotte, tiède, gênant, excitant. L’idée la gêna. Puis l’excita. Puis la gêna encore. Elle se détesta un instant pour cette contradiction. Comment pouvait-elle être à la fois si peu désireuse d’habitude et déjà si réceptive à un simple regard, à une main dans le dos, à une voix basse ?
Théo ne parlait plus. Il la regardait de profil. Elle le sentait. Chaque seconde de ce regard était comme une caresse invisible qui descendait le long de sa nuque, de son épaule, de son bras, puis remontait pour s’attarder sur la courbe de sa poitrine. Elle imagina, malgré elle, ce que serait sa bouche à la place de ses yeux. Chaude. Lente. Insistante. Qui embrasserait d’abord le creux de son cou, puis descendrait, qui prendrait un sein dans sa bouche à travers le tissu, qui sucerait le mamelon jusqu’à le faire durcir.
Un frisson la parcourut. Cette fois, elle ne put le cacher.
— Élise, dit-il très bas.
Elle se tourna vers lui. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres. Elle voyait le détail de ses cils, la texture de sa peau, le léger battement d’une veine à sa tempe. Son regard descendit un instant sur sa bouche. Puis remonta.
— Je ne sais pas ce que je fais ici, murmura-t-elle.
— Si. Vous le savez. Vous n’êtes juste pas encore prête à le nommer.
Sa main se posa de nouveau dans le bas de son dos. Cette fois, elle ne se retira pas. Elle resta là, chaude, lourde, possessive sans être brutale. Son pouce dessina un petit cercle lent juste au-dessus de la naissance de ses fesses. Élise ferma les yeux une seconde. Le contact était simple. Presque chaste. Et pourtant elle sentit ses lèvres s’ouvrir d’elles-mêmes, sa respiration s’accélérer, son clitoris pulser faiblement contre le tissu humide. Une petite décharge de plaisir la traversa, si inattendue qu’elle en eut presque honte.
Quand elle rouvrit les yeux, Théo la regardait toujours. Mais son expression avait changé. Il y avait de la tendresse, oui. Beaucoup. Mais aussi quelque chose de plus sombre, de plus affamé, de plus patient.
— Je peux vous embrasser ? demanda-t-il.
La question la surprit. La plupart des hommes n’auraient pas demandé. Ils auraient penché la tête et pris. Lui attendait. Vraiment. Il lui laissait le choix jusqu’au dernier instant.
Elle n’eut pas la force de répondre par des mots. Elle se contenta d’incliner légèrement le visage vers le sien.
Le baiser fut lent. D’abord juste un frolement de lèvres, presque une question. Puis une pression plus ferme. Puis sa langue, chaude, qui vint demander l’entrée avec une douceur presque respectueuse. Élise ouvrit la bouche. Le goût de lui — champagne, un peu de sel, quelque chose d’unique, de masculin — l’envahit. Sa main dans son dos se resserra. L’autre vint se poser sur sa hanche, les doigts légèrement rentrés dans la chair à travers le tissu de la robe.
Elle gémit. Un petit son qu’elle n’avait pas prévu, qui lui échappa malgré elle. Dans sa culotte, elle était maintenant franchement mouillée. Elle le sentait. Elle imaginait ce qu’il verrait s’il glissait la main sous sa robe, s’il remontait le long de sa cuisse, s’il découvrait à quel point elle était déjà trempée pour un homme qu’elle connaissait depuis moins d’une heure. L’idée la fit rougir plus fort, mais elle ne recula pas.
Le baiser s’approfondit. Théo la poussa doucement contre la rambarde. Son corps se colla au sien. Elle sentit, à travers le tissu de son pantalon, la dureté de son sexe pressée contre son ventre. Longue. Chaude. Déjà bien dure. L’idée la fit tressaillir d’un mélange de peur et d’excitation brute. Elle n’avait pas touché un homme depuis des mois. Elle n’avait pas eu envie d’en toucher un. Et maintenant, tout son corps criait pour que cette dureté s’enfonce quelque part en elle, lentement, profondément.
Théo rompit le baiser. Son front resta appuyé contre le sien. Leur respiration se mêlait, chaude, irrégulière.
— Tu trembles, murmura-t-il.
— Ce n’est pas… de la peur.
— Je sais.
Sa main glissa un peu plus bas, s’attarda sur la courbe de sa fesse, puis remonta lentement le long de sa colonne. Ses doigts frôlèrent la fermeture éclair de la robe. Il ne l’ouvrit pas. Il se contenta de la sentir, de tracer le métal sous le tissu, comme une promesse, comme une menace douce.
Élise avait les yeux mi-clos. Dans sa tête, les images se bousculaient. Sa bouche sur ses seins. Ses doigts entre ses cuisses. Son sexe qui s’enfoncerait en elle lentement, très lentement, pendant qu’il la regarderait dans les yeux. Elle se vit déjà écartée, offerte, la culotte tirée sur le côté, trempée, tandis qu’il la pénétrait contre cette rambarde, sous le regard distant de la maison pleine de miroirs. Elle se vit gémissant, les jambes tremblantes, la chatte ouverte et mouillée autour de lui.
La crudité de la vision la fit gémir de nouveau, plus fort.
Théo sourit pour la première fois. Un sourire petit, sombre, presque tendre.
— On devrait rentrer, dit-il. Ou alors… rester ici un peu plus longtemps.
Elle ne répondit pas tout de suite. Elle posa une main sur sa poitrine, sentit battre son cœur sous la chemise, puis laissa ses doigts descendre jusqu’à la ceinture de son pantalon. Elle s’arrêta là. Juste au-dessus. Assez près pour sentir la chaleur de ce qui la tendait déjà, la rigidité qui l’attendait.
— Encore un peu, murmura-t-elle. Juste… encore un peu.
Il l’embrassa de nouveau. Plus profondément cette fois. Sa langue chercha la sienne avec plus d’insistance. Sa main sur sa fesse se fit plus possessive, les doigts enfoncés dans la chair à travers le tissu. Élise se frotta instinctivement contre lui. Le frottement de son clitoris contre le tissu de sa culotte et la dureté de son sexe lui arracha un autre gémissement, plus rauque, plus avide.
Elle était trempée. Elle le savait. Elle imaginait le fil brillant qui devait déjà coller entre ses lèvres, la façon dont sa chatte devait être ouverte, prête, gonflée, alors même que son esprit peinait encore à accepter ce qui était en train de se passer. Elle imagina ses doigts glissant sous la dentelle, s’ouvrant, se découvrant mouillée jusqu’à l’intérieur des cuisses.
Théo glissa une main entre leurs corps. Ses doigts remontèrent le long de sa cuisse, sous la robe, jusqu’à la dentelle. Il s’arrêta juste avant de la toucher vraiment. Ses doigts restèrent là, à un millimètre de l’endroit où elle était la plus humide, le plus chaude, le plus embarrassée.
— Dis-moi d’arrêter, murmura-t-il contre sa bouche. Et j’arrête.
Elle aurait dû. Une partie d’elle le voulait encore. La partie qui trouvait tout ça trop rapide, trop cru, trop animal, trop exposé. Mais une autre partie — plus vaste, plus affamée, plus ancienne — serra les doigts sur sa ceinture et murmura :
— Ne t’arrête pas.
Ses doigts avancèrent. Ils touchèrent enfin le tissu trempé. Élise sursauta. Un gémissement plus fort lui échappa. Théo traça lentement la fente de sa chatte à travers la dentelle, de bas en haut, jusqu’au clitoris gonflé. Il appuya juste ce qu’il fallait. Puis il recommença. Encore. Et encore. Lentement. Précisément. Comme s’il avait tout le temps du monde.
— Putain… tu es déjà tellement mouillée, souffla-t-il contre son oreille. Je le sens à travers le tissu. Ta culotte est trempée. Tu trembles contre mes doigts.
Les mots, crus, la firent tressaillir d’un mélange de honte et d’excitation violente. Elle n’aimait pas les mots trop crus d’habitude. Ils la mettaient mal à l’aise, la faisaient parfois se fermer. Mais sortis de sa bouche, dans ce ton bas, presque émerveillé, presque tendre, ils la firent fondre un peu plus. Elle sentit une nouvelle vague d’humidité couler entre ses lèvres.
Il continua de la caresser ainsi, à travers le tissu, pendant de longues secondes. Assez pour que ses hanches commencent à bouger d’elles-mêmes, à chercher plus de pression. Assez pour que sa respiration devienne irrégulière, coupée de petits gémissements qu’elle ne pouvait plus retenir. Assez pour qu’elle sente un début d’orgasme pointer, lointain encore, mais déjà présent, comme une promesse brûlante au fond de son ventre.
Puis il retira sa main. Lentement. Comme à regret.
Élise gémit de frustration, un son presque animal.
— Pas ici, dit-il doucement. Pas encore. Je veux te voir. Vraiment te voir. Dans la lumière. Dans les miroirs. Partout. Je veux voir ta chatte s’ouvrir pour moi. Je veux voir à quel point tu es mouillée. Je veux goûter.
Il lui prit la main. Ses doigts étaient encore humides de son excitation. Il les porta à ses lèvres et les lécha, sans quitter son regard. Le geste était d’une crudité presque brutale. Et pourtant il y avait tant de tendresse dans ses yeux qu’Élise en eut les genoux faibles. Elle imagina sa langue à la place de ses doigts, chaude, large, qui s’enfoncerait entre ses lèvres, qui lécherait jusqu’à la faire crier.
— Viens, murmura-t-il.
Elle le suivit. Le cœur battant trop fort. La culotte collée entre ses lèvres, trempée, embarrassante. Le goût de son propre désir encore dans l’air. Et pour la première fois depuis très longtemps, elle n’avait plus envie de fuir.
Elle avait juste envie qu’il continue. Qu’il la regarde. Qu’il la touche. Qu’il la prenne.
**********
Ils restèrent longtemps sur la terrasse sans parler.
Le lac s’étendait devant eux, noir et lisse sous la lune. Un chemin d’argent tremblait à la surface, brisé seulement par le clapotis discret de l’eau contre les pilotis. Derrière la baie vitrée, le salon des miroirs continuait de vivre : silhouettes multipliées, rires étouffés, musique basse. Ici, dehors, il n’y avait plus que le silence, le vent léger qui sentait les roseaux, et la présence de Théo à côté d’elle.
Élise serrait la rambarde. Ses doigts étaient froids. Tout le reste de son corps brûlait. Entre ses cuisses, la dentelle de sa culotte collait encore, trempée par ce qu’il avait fait plus tôt. Elle sentait le souvenir précis de ses doigts à travers le tissu, la pression sur son clitoris, le moment exact où il s’était arrêté. Le manque était devenu une sensation à part entière. Elle serra les cuisses l’une contre l’autre, cherchant un frottement qui ne suffisait plus.
Théo ne la touchait pas. Il se tenait à une distance calculée, les avant-bras posés sur le bois de la rambarde, le regard perdu sur l’eau. Cette distance la rendait folle. Elle aurait préféré qu’il la prenne contre la rambarde tout de suite, qu’il relève sa robe, qu’il tire sa culotte sur le côté et qu’il s’enfonce en elle sans demander. Au moins, ce serait clair. Au lieu de cela, il attendait. Et cette attente la forçait à sentir chaque centimètre de peau qui n’était pas touchée.
— Tu as froid ? demanda-t-il enfin, sans se tourner.
— Non.
Sa voix était plus rauque qu’elle ne l’aurait voulu. Elle avait encore le goût de lui dans la bouche. Le souvenir du baiser, de sa langue, de la dureté de son sexe pressée contre son ventre. Elle ferma les yeux une seconde et se revit dans le miroir du salon, en train de se frotter contre lui comme une femme qui n’avait plus de pudeur. La vision la fit rougir malgré la nuit.
Théo se tourna vers elle. Son regard était calme, mais il y avait maintenant quelque chose de plus sombre, quelque chose qui avait goûté à son excitation et qui n’avait pas oublié.
— Tu trembles encore.
— Ce n’est pas le froid.
— Je sais.
Il ne bougea pas. Il resta exactement à cette distance où elle pouvait sentir sa chaleur sans le toucher. Le manque devenait une caresse. Élise se surprit à attendre qu’il pose de nouveau la main dans son dos, qu’il glisse ses doigts sous la robe, qu’il recommence. Mais il ne le fit pas. Il la laissait dans ce vide volontaire.
— Pourquoi tu t’es arrêté ? murmura-t-elle.
La question lui échappa avant qu’elle ait pu la retenir. Elle aurait préféré garder le silence, ne pas montrer à quel point elle avait besoin. Mais les mots étaient sortis, et maintenant ils flottaient entre eux, trop vrais.
Théo sourit très légèrement, un pli discret au coin de la bouche.
— Parce que je veux que tu me le demandes. Vraiment. Pas seulement avec ton corps. Avec ta voix.
Elle détourna les yeux vers le lac. Le chemin d’argent tremblait. Demander. Dire à voix haute qu’elle voulait ses doigts, sa bouche, son sexe. L’idée la faisait rougir et s’exciter en même temps. Elle n’avait plus l’habitude de demander. Depuis la séparation, le désir était devenu quelque chose de lointain, parfois même de répugnant. Il y avait des jours où l’idée seule du sexe lui donnait la nausée, comme si c’était trop cru, trop animal, trop exposé. Et ce soir, ce même désir était là, entre ses cuisses, collant, urgent, et elle ne savait plus comment le nommer sans avoir honte.
— Je… je ne sais pas comment, dit-elle.
— Alors on va prendre le temps.
Il se rapprocha d’un pas. Juste un. Sa main se posa brièvement dans le bas de son dos, au même endroit qu’auparavant, pour l’empêcher de trébucher sur une dalle un peu irrégulière. Le contact dura à peine une seconde. Sa paume était chaude, large, sûre. Quand il la retira, la chaleur resta imprimée sur sa peau comme une brûlure douce. Élise retint un gémissement. Elle attendit qu’il recommence. Il ne recommença pas. Le manque devint plus excitant que le contact lui-même.
Ils restèrent ainsi, côte à côte, regardant le lac. Le silence n’était pas gênant. Il était chargé. Élise sentait chaque centimètre qui les séparait. Elle sentait l’odeur de sa peau — boisée, propre, légèrement épicée — le léger froissement de sa chemise quand il respirait. Elle imagina ce que serait de se coller entièrement contre lui, de glisser une main dans son pantalon, de sentir sa bite dure et chaude dans sa paume, de la caresser lentement jusqu’à le faire gémir. L’image la fit tressaillir. Elle serra plus fort la rambarde.
— Tu es séparée depuis combien de temps ? demanda-t-il soudain, toujours sans la regarder directement.
La question la surprit. Elle n’avait parlé de ça à personne ce soir. Elle n’en parlait presque jamais.
— Huit mois, répondit-elle après un silence. Pourquoi ?
— Parce que tu as l’air de quelqu’un qui a oublié comment on la touche. Ou qui a décidé de l’oublier.
Elle sentit une pointe de vulnérabilité. Il voyait trop juste. Elle aurait voulu se fermer, répondre quelque chose de sec, de protecteur. Au lieu de cela, elle se surprit à parler, les mots sortant malgré elle.
— Ce n’est pas… ce n’est pas que j’ai oublié. C’est que parfois… parfois je n’ai plus envie. Du tout. Le corps, le sexe, tout ça… ça me semble loin. Ou trop proche. Je ne sais plus. Il y a des jours où l’idée seule me donne la nausée. Comme si c’était trop cru, trop animal, trop… exposé. Et d’autres jours… d’autres jours je me réveille trempée et je ne sais même pas pourquoi. Je me touche et rien ne vient. Ou alors ça vient trop fort et j’ai honte après.
Elle s’arrêta, le visage brûlant. Elle n’avait jamais dit ça à voix haute. Théo ne commenta pas tout de suite. Il laissa le silence s’installer de nouveau, lourd, patient. Puis sa voix, basse, presque tendre :
— Et ce soir ?
Elle ferma les yeux.
— Ce soir… ce soir c’est différent.
— Comment ?
— Je te sens. Même quand tu ne me touches pas. Et mon corps… mon corps répond. Même si ma tête n’est pas tout à fait d’accord. Même si une partie de moi trouve encore que c’est trop vite, trop cru, trop…
Elle n’arriva pas à finir. Théo se tourna complètement vers elle. Elle le sentit plus qu’elle ne le vit dans la pénombre. Sa main se posa de nouveau dans le bas de son dos, cette fois plus longtemps. Son pouce dessina un cercle lent, juste au-dessus de la naissance de ses fesses. Élise retenait sa respiration. La chaleur de sa paume traversait le tissu de la robe et s’imprimait sur sa peau nue. Elle avait envie de se cambrer, de pousser son bas du dos contre sa main, de lui demander d’aller plus bas, d’écarter la dentelle, de la toucher vraiment. Elle ne bougea pas. Elle attendit.
— Tu es déjà mouillée de nouveau, murmura-t-il. Je le sens dans ta voix. Dans la façon dont tu respires.
Elle rougit dans le noir.
— Comment tu peux savoir… ?
— Parce que tu respires plus vite. Parce que tes cuisses sont serrées. Parce que tu frémis chaque fois que je te touche, même une seconde. Et parce que tout à l’heure, quand j’ai retiré ma main, tu as gémi comme si je t’avais enlevé quelque chose d’essentiel.
Il retira sa main. Encore. Le manque la fit gémir tout bas, un son qu’elle ne reconnut pas. Elle se détesta pour ce son. Elle se détesta d’avoir besoin aussi fort, aussi vite.
Théo s’appuya de nouveau sur la rambarde, l’épaule presque contre la sienne. Leurs bras se frôlaient à chaque respiration. Élise avait l’impression que chaque centimètre de peau qui le touchait brûlait. Elle imagina sa main glissant sous la robe, remontant le long de sa cuisse intérieure, écartant la dentelle, plongeant deux doigts en elle jusqu’à la paume. Elle imagina le bruit que ferait sa chatte, trempée, autour de ses doigts — ce bruit humide, obscène, qu’elle n’avait plus entendu depuis des mois. L’image était crue, presque vulgaire, et pourtant elle la fit fondre un peu plus.
— Parle-moi, dit-il. De n’importe quoi. Je veux entendre ta voix pendant que tu te retiens.
Elle hésita. Puis elle parla. D’abord de choses anodines : le lac, les étés de son enfance près de l’eau, la façon dont la lumière changeait selon les heures, le bruit des vagues qui l’avait bercée pendant des années. Puis, peu à peu, les mots glissèrent vers plus intime. Elle raconta les nuits où elle se réveillait seule, la main déjà entre ses cuisses, sans vraiment savoir ce qu’elle cherchait. Elle raconta les fois où elle avait essayé de se toucher et où rien n’était venu, où le plaisir restait bloqué quelque part derrière une porte qu’elle n’arrivait plus à ouvrir. Elle raconta la gêne, la frustration, le sentiment d’être cassée, d’avoir un corps qui ne répondait plus comme avant.
Pendant qu’elle parlait, Théo l’écoutait vraiment. Et sa main, de temps en temps, se posait brièvement sur elle. Dans le bas du dos. Sur sa hanche. Sur le haut de sa cuisse, à travers la robe. Toujours trop court. Toujours trop léger. Chaque fois, Élise attendait la suite. Chaque fois, il se retirait. Le manque devenait une torture douce, une excitation qui montait en spirale, qui la rendait presque malade de désir.
À un moment, il se pencha vers elle. Ses lèvres frôlèrent son oreille.
— Tu sens comme tu es chaude ? même à travers le tissu. Je parie que ta culotte est collée entre tes lèvres. Je parie que tu es trempée jusqu’à l’intérieur des cuisses.
Elle ne répondit pas. Elle ne pouvait plus. Sa respiration était devenue trop courte. Entre ses cuisses, elle était de nouveau trempée. Elle imaginait le fil brillant qui devait coller à l’intérieur de sa culotte, la façon dont ses lèvres étaient gonflées, ouvertes, prêtes, le clitoris battant faiblement contre le tissu.
Théo posa enfin sa main plus bas. Cette fois, il ne se contenta pas d’un frôlement. Il glissa la paume sous la robe, le long de sa cuisse, jusqu’à la dentelle. Il ne pénétra pas tout de suite. Il se contenta de poser ses doigts à plat contre le tissu trempé, de sentir l’humidité, la chaleur, le pouls de son clitoris sous la dentelle.
— Putain…, souffla-t-il contre son oreille. Tu es trempée. Ta culotte est collée. Je pourrais te prendre ici, contre cette rambarde, et tu glisserais sur moi comme de l’huile. Tu prendrais toute ma bite d’un seul coup.
Les mots crus la firent tressaillir violemment. Elle n’aimait pas d’habitude. Trop animal. Trop direct. Ils la mettaient mal à l’aise, parfois même la fermaient. Mais sortis de sa bouche, contre son oreille, dans ce ton bas, presque émerveillé, ils la firent ouvrir les jambes un peu plus. Elle poussa son bassin en avant, cherchant plus de pression. Théo appuya juste ce qu’il fallait, traçant de nouveau la fente de sa chatte à travers le tissu, de bas en haut, jusqu’au clitoris gonflé.
— Tu veux que je continue ? demanda-t-il.
— Oui…
— Plus fort. Dis-le plus fort.
— Oui. Continue. S’il te plaît. Ne t’arrête pas cette fois.
Il obéit. Ses doigts devinrent plus précis, plus insistants. Il frottait son clitoris à travers la dentelle, lentement d’abord, puis un peu plus vite, toujours en cercles contrôlés. Élise agrippa la rambarde à deux mains. Ses hanches bougeaient d’elles-mêmes. Elle gémissait tout bas, des sons qu’elle ne reconnaissait plus, des sons de femme qui n’avait plus de contrôle. Elle se voyait de l’extérieur : une femme de trente-huit ans, robe relevée, culotte trempée, se frottant contre la main d’un homme qu’elle connaissait depuis une heure, dehors, au bord d’un lac, pendant qu’à l’intérieur des gens riaient dans un salon plein de miroirs.
L’image la fit presque jouir.
Théo sentit le changement dans son corps. Il ralentit encore, puis s’arrêta net.
Élise poussa un gémissement de frustration, presque un sanglot.
— Pourquoi… ? Pourquoi tu t’arrêtes encore ?
— Parce que je veux te voir supplier un peu plus. Parce que je veux que tu sois mouillée jusqu’aux genoux avant que je te laisse venir. Parce que je veux que tu me demandes de te lécher, de te doigter, de te baiser. Avec des mots. Pas seulement avec tes hanches.
Il retira sa main. Élise le vit porter ses doigts à sa bouche et les lécher, lentement, un par un, sans quitter son regard. Le geste était d’une crudité qui aurait dû la rebuter. Au lieu de cela, elle sentit une nouvelle vague d’humidité couler entre ses lèvres, descendre le long de l’intérieur de sa cuisse.
— Tu as un goût sucré, murmura-t-il. Un peu salé aussi. Je veux te lécher vraiment. À genoux. Pendant que tu te regardes dans un miroir. Pendant que tu te vois ouvrir les jambes pour moi. Pendant que tu te vois jouir sur ma langue.
Elle ferma les yeux. L’image était trop nette : elle, debout ou assise au bord d’un lit, les jambes écartées, Théo entre ses cuisses, sa langue large et chaude qui s’enfonçait, qui léchait, qui suçait son clitoris pendant qu’elle se voyait dans la glace, le visage défait, la bouche ouverte, les seins qui tremblaient.
— Emmène-moi quelque part, murmura-t-elle. N’importe où. Mais continue. Je t’en prie.
Théo la regarda un long moment. Puis il hocha la tête.
— Pas encore la chambre. Pas encore. Je veux te faire trembler un peu plus ici. Dans le silence. Avec le lac qui nous regarde. Avec les miroirs qui nous attendent derrière la vitre.
Il se plaça derrière elle. Ses bras l’entourèrent. Une main reprit le chemin sous la robe, l’autre monta jusqu’à son sein, à travers le tissu. Il trouva le mamelon déjà dur et le roula entre ses doigts pendant que, plus bas, ses autres doigts écartaient enfin la dentelle et touchaient sa chair nue.
Élise sursauta violemment. Le contact direct fut comme une décharge électrique. Deux doigts glissèrent le long de sa fente, recueillant l’humidité abondante, puis remontèrent jusqu’à son clitoris. Il le caressa avec une précision presque cruelle, lentement, en cercles, parfois en appuyant un peu plus fort, parfois en s’arrêtant juste assez pour la faire supplier en silence. Puis il glissa un doigt plus bas, trouva son entrée et s’enfonça lentement jusqu’à la première phalange.
Elle gémit plus fort. Ses hanches bougeaient contre sa main. Elle sentait la dureté de son sexe pressée contre ses fesses, longue, chaude, insistante, à travers le pantalon. Elle imagina la robe relevée jusqu’à la taille, la culotte tirée sur le côté, sa bite qui s’enfonçait en elle lentement pendant qu’il la tenait contre la rambarde, pendant que le lac les regardait. L’idée la fit presque venir.
Théo ajouta un second doigt. Il la pénétra lentement, profondément, pendant que son pouce continuait de tourner sur son clitoris. Le bruit humide de sa chatte autour de ses doigts monta dans le silence de la nuit. Élise en eut honte. Puis l’excitation devint plus forte que la honte.
— Tu entends ? murmura-t-il contre son oreille. Tu entends comme tu es mouillée ? Comme ta chatte suce mes doigts ? Tu es prête. Tu es ouverte. Tu prendrais ma bite d’un seul coup maintenant.
Elle ne pouvait plus répondre. Elle ne pouvait plus que gémir, que bouger ses hanches, que chercher plus. L’orgasme montait, chaud, inévitable. Elle sentait qu’elle allait jouir contre sa main, dehors, debout, avec le risque que quelqu’un sorte sur la terrasse.
Théo le sentit aussi. Il ralentit, puis retira ses doigts juste avant le bord.
Élise faillit crier.
— Pas encore, murmura-t-il. Pas ici. Je veux que tu jouisses la première fois en me regardant. Ou en te regardant. Dans les miroirs. Je veux voir ton visage. Je veux voir ta chatte se contracter. Je veux goûter.
Il porta de nouveau ses doigts à sa bouche et les lécha longuement, le regard planté dans le sien. Puis il se pencha et l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa langue — sucré, salé, obscène. Le baiser fut profond, presque sale, et elle s’y perdit entièrement.
Quand ils se séparèrent, elle tremblait de tout son corps.
— On rentre, dit-il. Il y a une chambre d’amis au premier étage. Personne n’y va. Ou mon appartement, plus loin sur la route. À toi de choisir. Mais cette fois, je ne m’arrêterai plus.
Elle le regarda. Ses lèvres étaient gonflées, ses yeux brillants, sa culotte trempée jusqu’à l’intérieur des cuisses, ses jambes à peine capables de la porter. Elle n’avait plus de mots pour la pudeur. Elle n’avait plus que le besoin.
— La chambre, murmura-t-elle. Ici. Maintenant. Je veux les miroirs. Je veux te voir me regarder.
Théo sourit dans le noir. Un sourire sombre, tendre, affamé.
— Alors viens.
Il lui prit la main. Ses doigts étaient encore humides de son excitation. Élise le suivit. Le lac derrière eux continuait de miroiter sous la lune. La maison pleine de reflets les attendait. Et entre ses cuisses, le désir qu’elle avait cru perdu battait comme un second cœur, urgent, trempé, prêt à tout.
Elle n’avait plus envie de fuir.
Elle avait juste envie qu’il la regarde encore. Qu’il la touche encore. Qu’il la prenne jusqu’à ce qu’elle n’ait plus rien à cacher, jusqu’à ce que le silence du lac soit remplacé par ses gémissements, jusqu’à ce que les miroirs lui montrent enfin une femme qui désirait vraiment.
**********
Ils rentrèrent dans la maison par la baie vitrée.
L’air chaud du salon les enveloppa immédiatement, chargé de vanille, de bois ciré et de la rumeur basse des conversations. Les miroirs les accueillirent de toutes parts. Élise se vit entrer, la main dans celle de Théo, les joues encore brûlantes, les lèvres gonflées, la robe un peu froissée. Elle se vit trop. Elle se vit désirée. Et pour la première fois, elle ne détourna pas le regard.
La musique avait changé. Une mélodie lente, presque languissante, montait des enceintes cachées. Quelques couples dansaient déjà au centre du salon, leurs silhouettes multipliées à l’infini dans les glaces anciennes. Théo s’arrêta au bord de la piste improvisée. Il ne lui demanda rien. Il lui tendit simplement la main, paume ouverte, et attendit.
Élise hésita une seconde. Une partie d’elle — celle qui se souvenait encore de la terrasse, de ses doigts en elle, de sa voix crue contre son oreille — voulait qu’il l’emmène tout de suite à l’étage. L’autre partie, plus lente, plus craintive, accepta la main tendue. Ses doigts glissèrent dans les siens. Sa peau était encore légèrement humide de son excitation. Elle le sentit. Elle savait qu’il le sentait aussi.
Il la guida vers le centre. Les miroirs les entourèrent. Partout, leurs reflets se multipliaient : elle en robe noire, lui en chemise sombre, leurs corps encore séparés par quelques centimètres. Théo ne l’attira pas contre lui. Il laissa juste assez d’espace pour qu’elle décide, à chaque seconde, de se rapprocher un peu plus. Sa main droite se posa dans le bas de son dos, légère, presque respectueuse. L’autre tenait la sienne à hauteur d’épaule.
Ils commencèrent à danser.
Le rythme était lent. Un balancement doux, presque hypnotique. Élise se sentait maladroite au début. Elle n’avait plus dansé depuis des années. Son corps se souvenait encore de la terrasse, de l’humidité entre ses cuisses, de la façon dont ses hanches avaient bougé contre la main de Théo. Maintenant, chaque mouvement faisait froisser le tissu de sa robe contre sa peau sensible. Chaque pas faisait glisser sa culotte trempée entre ses lèvres. Elle serra les dents pour ne pas gémir.
Théo dansait avec une précision calme. Il ne forçait rien. Il attendait. Quand elle se rapprochait d’un centimètre, il l’accueillait. Quand elle restait à distance, il respectait. Mais ses yeux ne la quittaient jamais. Et dans les miroirs, elle le voyait la regarder sous tous les angles : de face, de profil, de dos. Elle se voyait elle-même rougir, se mordre la lèvre, baisser les yeux puis les relever malgré elle.
— Tu te vois ? murmura-t-il près de son oreille.
Elle hocha la tête sans parler. Oui, elle se voyait. Elle se voyait dans vingt glaces à la fois. Elle se voyait tenue par un homme qu’elle connaissait depuis à peine deux heures. Elle se voyait déjà à moitié perdue.
Sa main dans le bas de son dos glissa un peu plus bas, s’attarda sur la courbe de sa fesse, puis remonta lentement le long de sa colonne. Les doigts restaient au-dessus des vêtements, mais ils étaient si précis, si lents, qu’ils semblaient déjà connaître chaque vertèbre, chaque point sensible. Élise sentit un frisson descendre jusqu’entre ses cuisses. L’humidité s’était calmée un peu pendant le retour, mais elle revenait maintenant, sournoise, collante.
Ils tournèrent. Les miroirs défilaient. À un moment, elle se retrouva face à un grand panneau de glace et vit leurs deux silhouettes collées presque l’une à l’autre. Théo baissa la tête. Ses lèvres frôlèrent la naissance de son cou, juste sous l’oreille. Le baiser fut léger, presque chaste. Puis un autre, un peu plus bas. Puis un autre encore, plus ouvert, plus chaud. Sa langue traça une ligne lente le long de sa peau. Élise ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, elle chercha son regard dans le miroir. Il la regardait déjà. Leurs yeux se croisèrent dans la glace pendant qu’il l’embrassait le long du cou. Le désir n’était plus une idée. C’était une chaleur qui montait entre ses cuisses sans qu’elle l’ait autorisée.
Sa main sur son dos se fit plus possessive. Il l’attira enfin un peu plus près. Leurs corps se touchèrent. Élise sentit, à travers le tissu, la dureté de son sexe contre son ventre. Il était encore dur. Ou de nouveau dur. Elle imagina ce qu’il y avait sous le pantalon : long, chaud, battant. Elle imagina sa main qui le sortait, qui le caressait, qui le guidait entre ses cuisses. L’image la fit tressaillir. Elle se colla un peu plus.
Théo ne dit rien. Il continua de danser, lentement, pendant que sa bouche explorait son cou, sa mâchoire, le lobe de son oreille. Ses dents grignotèrent doucement la peau. Élise gémit tout bas. Le son se perdit dans la musique. Personne ne les regardait vraiment. Ou peut-être que si. Dans les miroirs, il était impossible de savoir qui observait qui.
Sa main glissa sur sa hanche, puis remonta le long de son flanc, s’arrêta juste sous son sein. Les doigts dessinèrent le contour à travers le tissu de la robe. Élise retenait sa respiration. Elle attendait qu’il aille plus loin, qu’il prenne son sein dans sa paume, qu’il trouve le mamelon déjà dur. Il ne le fit pas. Il resta là, à la frontière, le pouce effleurant à peine le dessous de sa poitrine. Le manque la rendait folle.
— Tu sens comme tu tremblés ? murmura-t-il contre sa peau.
— Oui…
— Tu es de nouveau mouillée. Je le sais. Même sans te toucher.
Elle rougit dans le miroir. Oui, elle l’était. La danse, les baisers dans le cou, le frottement de leurs corps, le souvenir de ses doigts plus tôt : tout se mélangeait. Sa culotte était de nouveau collée, trempée. Chaque pas faisait glisser le tissu humide contre son clitoris. Elle avait envie de s’écarter les jambes, de se frotter plus fort contre lui, de lui demander de l’emmener tout de suite.
Au lieu de cela, elle dansa.
Le temps sembla s’étirer. Une chanson. Puis une autre. Théo ne parlait presque plus. Il laissait ses mains parler à sa place. Elles glissaient sur ses hanches, sur son dos, sur la nuque. Elles relevaient parfois une mèche de cheveux pour embrasser la peau découverte. Elles s’attardaient sur la fermeture éclair de la robe, la traçaient du doigt sans l’ouvrir. Chaque geste restait au-dessus des vêtements. Chaque geste était d’une précision qui la faisait fondre.
À un moment, il la fit pivoter. Elle se retrouva dos contre sa poitrine, face à un grand miroir. Ses bras l’entourèrent. Une main posée à plat sur son ventre, l’autre sur sa hanche. Ils se balancèrent ainsi, lentement. Élise voyait tout : son visage rougi, sa bouche entrouverte, la façon dont sa poitrine se soulevait trop vite, la main de Théo qui s’était glissée un peu plus bas, juste au-dessus du pubis, à travers la robe. Elle voyait aussi, plus bas, la bosse de son sexe pressée contre ses fesses.
— Regarde, murmura-t-il contre son oreille. Regarde comme tu es belle quand tu désires.
Elle regarda. Elle se vit. Vraiment. Pour la première fois depuis des mois, elle ne trouva pas son corps étranger. Elle le trouva vivant. Chaud. Offert.
Sa main sur son ventre descendit encore un peu. Les doigts s’écartèrent, appuyèrent doucement sur le tissu, juste au-dessus de son clitoris. Élise sursauta. Un gémissement plus fort lui échappa. Elle se cambrilla contre lui. Dans le miroir, elle se vit faire ce geste. Elle se vit chercher le contact. Elle se vit déjà perdue.
Théo appuya un peu plus. À travers la robe et la culotte, il trouva le point exact et le frotta lentement, en cercles. Élise agrippa son avant-bras. Ses genoux tremblaient. Elle sentait l’orgasme pointer de nouveau, plus fort cette fois, nourri par tout ce qui s’était passé sur la terrasse et par le regard des miroirs.
— Pas ici, souffla-t-il. Pas encore. Mais bientôt. Je veux te voir jouir. Je veux voir ta chatte se contracter dans la glace. Je veux voir ton visage quand tu viens sur mes doigts. Ou sur ma langue. Ou sur ma bite.
Les mots crus la traversèrent comme une décharge. Elle n’aimait pas d’habitude. Trop directs. Trop animaux. Mais ce soir, dans sa bouche, ils la faisaient ouvrir les cuisses un peu plus. Elle poussa son bassin contre sa main. Dans le miroir, le geste était obscène. Elle le vit. Elle le vit et elle ne détourna pas les yeux.
La musique changea encore. Plus lente. Plus intime. Théo la fit se retourner. Face à face. Leurs fronts se touchèrent. Leurs respirations se mêlaient. Il l’embrassa. Lentement d’abord, puis plus profondément. Sa langue chercha la sienne. Sa main dans son dos la colla entièrement contre lui. Élise sentit sa bite dure contre son bas-ventre. Elle glissa une main entre eux, à travers le tissu du pantalon, et la caressa. Longue. Chaude. Battante. Théo gémit contre sa bouche. Le son la fit frissonner.
— Tu veux la sentir vraiment ? murmura-t-il.
Elle hocha la tête. Ses doigts trouvèrent la ceinture, le bouton, la fermeture. Elle n’osa pas aller plus loin au milieu du salon. Mais elle traça la longueur de son sexe à travers le tissu, du gland jusqu’à la base, puis remonta. Théo serra plus fort sa hanche.
— Putain…, souffla-t-il. Si tu continues, je te prends ici. Contre le miroir. Je relève ta robe, je tire ta culotte et je t’empale pendant que tout le monde danse autour de nous.
L’image la fit gémir. Elle se vit exactement comme ça : dos contre la glace froide, jambes écartées, sa bite qui s’enfonçait en elle lentement, profondément, pendant que les reflets multipliaient l’acte à l’infini. Elle retira sa main, tremblante.
— Emmène-moi, murmura-t-elle. Maintenant.
Théo la regarda dans les yeux. Puis dans le miroir. Puis de nouveau dans les yeux.
— La chambre d’amis. Premier étage. Personne n’y va. Il y a un grand miroir. Je veux que tu te voies pendant que je te goûte. Pendant que je te doigte. Pendant que je te baise.
Elle ne répondit pas par des mots. Elle se contenta de serrer sa main et de le suivre.
Ils quittèrent la piste lentement, comme s’ils dansaient encore. Les miroirs les accompagnèrent jusqu’à l’escalier. Élise se vit monter les marches, la main dans celle de Théo, la robe collée à ses cuisses humides, le visage défait de désir. Elle se vit et, pour la première fois, elle se trouva belle dans cet état. Belle et offerte. Belle et affamée.
Au premier étage, le couloir était plus sombre, plus silencieux. Théo ouvrit une porte. La chambre d’amis était vaste, baignée d’une lumière douce. Un grand lit. Des rideaux ouverts sur le lac. Et, face au lit, un immense miroir ancien qui prenait presque tout le mur.
Élise s’arrêta sur le seuil. Elle se vit dans la glace : debout, à côté de Théo, les lèvres rouges, les yeux brillants, la robe un peu défaite. Elle se vit et elle comprit que ce qui allait se passer ici serait différent de tout ce qu’elle avait connu. Plus lent. Plus regardé. Plus total.
Théo ferma la porte derrière eux. Le clic de la serrure résonna comme une promesse.
Il se plaça derrière elle, face au miroir. Ses bras l’entourèrent. Ses lèvres trouvèrent de nouveau son cou. Ses mains remontèrent le long de son corps, s’arrêtèrent sous ses seins, puis les prirent enfin à travers le tissu. Les pouces trouvèrent les mamelons durs et les frottèrent lentement. Élise gémit. Dans le miroir, elle se vit cambrée contre lui, la bouche ouverte, les seins que l’on caressait.
— Regarde-toi, murmura-t-il. Regarde comme tu es déjà prête. Comme ta robe colle entre tes cuisses. Comme tu trembles.
Une de ses mains descendit. Elle glissa sous la robe, le long de sa cuisse intérieure, jusqu’à la dentelle trempée. Cette fois, il n’y eut plus de tissu entre eux. Deux doigts écartèrent la culotte et plongèrent directement entre ses lèvres. Élise sursauta. Le contact nu fut trop intense. Elle était gonflée, mouillée, ouverte. Ses doigts glissèrent facilement, recueillirent l’humidité, puis remontèrent jusqu’à son clitoris.
— Putain…, souffla Théo en la regardant dans le miroir. Tu es trempée. Tu coules sur mes doigts. Ta chatte est chaude et ouverte. Elle attend.
Il la pénétra de deux doigts, lentement, profondément, pendant que son pouce tournait sur son clitoris. Élise agrippa son avant-bras. Ses genoux fléchirent. Dans le miroir, elle se vit : robe relevée, cuisses écartées, la main de Théo qui la doigtait avec une précision cruelle. Elle se vit et l’orgasme monta d’un coup, violent, inévitable.
— Pas encore, dit-il en ralentissant. Pas comme ça. Je veux te goûter d’abord. À genoux. Pendant que tu te regardes.
Il retira ses doigts. Élise gémit de frustration. Il les porta à sa bouche et les lécha, le regard planté dans le sien à travers la glace. Puis il se pencha et l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa langue.
— Enlève ta robe, murmura-t-il. Lentement. Je veux voir.
Élise obéit. Ses mains tremblaient. Elle trouva la fermeture éclair dans le dos, la descendit. La robe glissa le long de son corps et tomba à ses pieds. Elle resta en culotte noire et en soutien-gorge. Dans le miroir, elle se vit presque nue. Théo, derrière elle, la regardait avec une intensité qui la fit frissonner.
Il détacha le soutien-gorge. Ses seins furent libres. Ses mains les prirent, les pesèrent, les caressèrent. Les doigts pinçant les mamelons jusqu’à les faire durcir encore plus. Puis il glissa les pouces dans l’élastique de sa culotte et la fit descendre lentement le long de ses cuisses. Élise se retrouva entièrement nue face au miroir.
Elle se vit. Vraiment. Le ventre un peu mou, les seins lourds, le triangle sombre entre ses cuisses, les lèvres déjà brillantes d’excitation. Elle se vit et, pour la première fois depuis très longtemps, elle n’eut pas envie de se cacher.
Théo s’agenouilla derrière elle. Ses mains écartèrent doucement ses cuisses. Son souffle chaud caresse l’intérieur de ses jambes. Puis sa langue.
Élise cria presque. La sensation fut trop forte. Sa langue large, chaude, qui s’ouvrait entre ses lèvres, qui léchait de bas en haut, qui s’attardait sur son clitoris, qui le suçait doucement. Dans le miroir, elle se vit : debout, jambes tremblantes, un homme à genoux derrière elle, le visage enfoui entre ses cuisses. Elle se vit et elle jouit.
L’orgasme la prit par surprise, violent, long, la faisant plier en deux. Elle agrippa le bord du miroir. Ses jambes cédèrent. Théo la retint, continua de la lécher à travers les spasmes, jusqu’à ce qu’elle supplier tout bas :
— Arrête… c’est trop… je…
Il s’arrêta. Se releva. L’embrassa. Elle goûta son propre plaisir sur sa bouche. Puis il la guida vers le lit.
— Maintenant, dit-il en se déshabillant. Je veux être en toi. Lentement. Face à face. Pendant que tu te regardes. Pendant que tu me regardes. Pendant que les miroirs nous regardent.
Élise s’allongea. Elle était encore en train de trembler. Entre ses cuisses, elle était trempée, ouverte, prête. Théo se débarrassa de sa chemise, de son pantalon, de son boxer. Sa bite se dressa, longue, épaisse, le gland déjà brillant. Élise la regarda dans le miroir et dans la réalité. Elle eut un instant de peur — trop gros, trop longtemps qu’elle n’avait pas — puis le désir l’emporta.
Il s’allongea entre ses cuisses. Le gland frottat contre son entrée. Il s’attarda là, à l’enduit de son humidité, sans entrer.
— Regarde, murmura-t-il. Regarde dans le miroir. Regarde comment je vais te prendre.
Elle tourna la tête. Dans la glace, elle se vit : jambes ouvertes, un homme entre elles, le sexe qui s’apprêtait à la pénétrer. Théo poussa. Lentement. Très lentement. Centimètre par centimètre. Élise gémit. La sensation d’être ouverte, étirée, remplie la fit presque jouir de nouveau. Il s’enfonça jusqu’à la garde, s’arrêta, la laissa s’habituer.
— Tu me prends toute, souffla-t-il. Toute ma bite. Ta chatte est chaude et serrée et mouillée. Elle me suce.
Il recommença à bouger. Des va-et-vient lents, profonds, qui la faisaient sentir chaque veine, chaque centimètre. Leurs regards se croisaient dans le miroir. Élise se voyait être baisée. Elle se voyait aimer ça. Elle se voyait jouir.
L’orgasme monta de nouveau, plus large, plus profond. Quand il arriva, elle cria. Ses murs se contractèrent autour de lui. Théo gémit, accéléra un peu, puis se vida en elle avec un long soupir, le front collé au sien.
Ils restèrent ainsi, unis, tremblants, pendant de longues minutes. Dans le miroir, leurs corps enlacés se reflétaient, brillants de sueur, de désir, de quelque chose qui ressemblait enfin à de la paix.
Élise ferma les yeux. Pour la première fois depuis des mois, elle n’avait plus envie de fuir son propre corps.
Elle avait juste envie de rester là. Dans les bras de cet homme. Dans le regard des miroirs. Dans le silence après l’orgasme.
**********
Ils restèrent un long moment enlacés, encore unis.
Le souffle de Théo était chaud contre le cou d’Élise. Son sexe, encore dur, pulsait doucement à l’intérieur d’elle. Elle sentait chaque battement, chaque petite secousse de son orgasme qui s’éloignait. Dans le grand miroir face au lit, leurs corps se reflétaient : elle, cuisses ouvertes, lui entre elles, la peau brillante de sueur, les cheveux collés aux tempes. Elle se vit pleine de lui. Elle se vit encore en train de trembler. Et cette fois, elle ne détourna pas les yeux.
Théo se retira lentement. Le glissement de sa bite hors d’elle fut obscène, humide, accompagné d’un petit bruit de succion. Élise gémit. Elle se sentit soudain vide, ouverte, le sperme et son propre plaisir qui coulaient déjà entre ses lèvres. Théo s’agenouilla entre ses cuisses. Il regarda. Longuement. Puis il baissa la tête et lécha.
Élise sursauta.
— Théo…
Il ne répondit pas. Sa langue large, chaude, s’ouvrit entre ses lèvres gonflées, recueillit le mélange de leurs orgasmes, le ramena jusqu’à son clitoris encore hypersensible. Il lécha lentement, profondément, comme s’il voulait tout boire. Élise agrippa les draps. Ses hanches se soulevèrent malgré elle. Le plaisir était trop vif, trop cru, trop tôt après le premier orgasme. Elle essaya de refermer les cuisses. Il les maintint ouvertes avec ses mains, les pouces appuyés sur l’intérieur de ses cuisses, et continua.
— Tu as un goût de moi maintenant, murmura-t-il contre sa chatte. De toi et de moi. Je veux tout. Jusqu’à la dernière goutte.
Il plongea deux doigts en elle pendant que sa langue travaillait son clitoris. Les doigts s’enfoncèrent facilement, elle était encore trempée, ouverte, glissante de sperme. Il les courba, trouva le point exact à l’intérieur et appuya en rythme avec sa bouche. Élise cria. Le second orgasme monta trop vite, trop fort. Elle se cambra, les ongles plantés dans les draps, et jouit en gémissant son prénom. Ses murs se contractèrent violemment autour de ses doigts. Théo continua de la lécher à travers les spasmes, plus doucement maintenant, jusqu’à ce qu’elle le pousse faiblement.
— Arrête… c’est trop… je ne peux plus…
Il se releva. Sa bouche et son menton brillaient. Il s’essuya du dos de la main, puis se pencha et l’embrassa. Elle goûta leur mélange sur sa langue — salé, sucré, obscène. Le baiser fut profond, sale, et elle s’y perdit.
Théo se redressa. Sa bite était de nouveau complètement dure, le gland rouge, brillant de son excitation et des restes d’elle. Élise la regarda dans le miroir et dans la réalité. Elle était épaisse, veinée, plus longue qu’elle ne l’avait imaginé. Une goutte de liquide perla au sommet. Elle tendit la main et l’essuya du pouce, puis porta le pouce à sa bouche. Théo gémit.
— Sur le dos, dit-il d’une voix rauque. Je veux te prendre plus profond. Et je veux que tu te regardes pendant que je le fais.
Elle obéit. Il s’agenouilla entre ses cuisses, souleva ses jambes et les posa sur ses épaules. La position l’ouvrait complètement. Elle se vit dans le miroir : jambe relevées, chatte offerte, brillante, le sperme qui coulait encore un peu. Théo positionna le gland contre son entrée et poussa d’un seul coup, jusqu’à la garde.
Élise cria. La pénétration fut brutale, profonde, presque trop. Elle se sentit étirée, remplie jusqu’au fond. Théo s’immobilisa, le front collé au sien, le souffle court.
— Tu me prends toute, souffla-t-il. Toute ma bite. Ta chatte est chaude et serrée et elle me suce. Je la sens qui pulse autour de moi.
Il recommença à bouger. Des coups de reins lents d’abord, puis plus forts, plus profonds. Chaque fois qu’il s’enfonçait, le bruit humide de leur union remplissait la chambre. Chair contre chair. Le claquement de ses hanches contre les siennes. Élise regardait dans le miroir. Elle se voyait être baisée. Elle se voyait les seins qui rebondissaient à chaque thrust, la bouche ouverte, les yeux à demi clos. Elle se voyait aimer ça.
Théo accéléra. Une de ses mains glissa entre eux et trouva son clitoris. Il le frotta en rythme avec ses coups de reins. L’orgasme monta de nouveau, plus large, plus bas dans le ventre. Élise agrippa ses avant-bras.
— Je vais… je vais encore…
— Oui. Jouis. Jouis sur ma bite. Je veux sentir ta chatte me serrer.
Elle jouit. Fort. Les murs se contractèrent en vagues autour de lui. Théo gémit, continua de la prendre à travers l’orgasme, plus vite maintenant, plus dur. Puis il se retira brusquement. Élise gémit de vide. Il la retourna d’un geste sûr, la mit à quatre pattes face au miroir, et s’enfonça de nouveau d’un seul coup.
La nouvelle position le fit aller encore plus profond. Élise cria dans le matelas. Dans le miroir, elle se vit : à genoux, le dos cambré, les seins pendants, Théo derrière elle qui la prenait à grands coups de reins. Ses mains agrippaient ses hanches, les doigts enfoncés dans la chair. Chaque thrust faisait claquer sa peau contre la sienne. Chaque thrust faisait gicler un peu plus de leur mélange sur l’intérieur de ses cuisses.
— Regarde-toi, ordonna-t-il. Regarde comme ta chatte m’avale. Regarde comme tu es ouverte. Comme tu es trempée. Tu coules sur mes couilles.
Elle regarda. L’image était crue, presque pornographique. Elle se vit être baisée comme une chienne, et au lieu d’avoir honte, elle poussa son bassin en arrière pour le prendre encore plus profond. Théo gémit.
— Putain… tu veux plus ? Tu veux que je te baise plus fort ?
— Oui… plus fort… s’il te plaît…
Il obéit. Les coups de reins devinrent plus brutaux, plus rapides. Une main quitta sa hanche, remonta le long de sa colonne, s’enroula dans ses cheveux et tira doucement sa tête en arrière. Élise se retrouva le visage relevé, forcée de se regarder dans le miroir pendant qu’il la prenait. L’autre main glissa sous elle, trouva son clitoris et le frotta en cercles rapides.
L’orgasme arriva comme une vague trop haute. Élise hurla. Ses bras cédèrent. Elle s’effondra sur les avant-bras, le visage dans les draps, pendant que sa chatte se contractait violemment autour de la bite de Théo. Il continua, plus lent maintenant, plus profond, pour prolonger ses spasmes. Puis il se retira, la retourna sur le dos, et s’enfonça de nouveau face à face.
Leurs regards se croisèrent. Il n’y avait plus de distance. Plus de pudeur. Seulement le désir brut et quelque chose de plus tendre en dessous. Théo ralentit. Des va-et-vient longs, profonds, qui la faisaient sentir chaque centimètre. Il l’embrassa. Leurs langues se mêlaient. Leurs souffles se confondaient. Une de ses mains se glissa entre leurs corps et caressa son clitoris avec une douceur presque contradictoire avec la force de ses coups de reins.
— Encore, murmura-t-il. Un dernier. Avec moi.
Élise n’aurait pas cru pouvoir jouir une quatrième fois. Mais le plaisir monta quand même, différent, plus large, plus émotionnel. Quand il arriva, elle le sentit partir en même temps. Théo s’enfonça jusqu’à la garde, gémit son prénom, et se vida en elle par longs jets chauds. Elle sentit chaque pulsation, chaque jet qui la remplissait un peu plus. Ses propres spasmes répondirent, serrant, pompant, prenant tout.
Ils restèrent unis, tremblants, pendant de longues minutes. La seule chose qui existait était le battement de leurs cœurs l’un contre l’autre et le souffle chaud qui se mêlait.
Finalement, Théo se retira avec une lenteur extrême. Élise sentit le flot de sperme et de son propre plaisir couler abondamment entre ses cuisses, sur les draps. Théo regarda. Puis il se pencha et lécha de nouveau, doucement cette fois, comme un adieu. Élise frissonna, trop sensible, mais ne le repoussa pas.
Il s’allongea à côté d’elle. Elle se tourna vers lui. Leurs corps collèrent, peau contre peau, encore humides. Théo tira le drap sur eux. Une de ses mains se posa dans le bas de son dos, l’autre caressait lentement ses cheveux.
Dans le miroir, leurs silhouettes enlacées se reflétaient, calmes maintenant, presque paisibles. Élise regarda un instant. Elle se vit dans les bras d’un homme. Elle se vit satisfaite, ouverte, encore pleine de lui. Elle se vit et, pour la première fois depuis très longtemps, elle se trouva entière.
— Tu vas bien ? murmura Théo contre sa tempe.
— Oui… mieux que bien.
Il sourit dans le noir. Ses doigts continuaient de tracer des cercles lents sur sa peau. Le silence s’installa, doux, chargé seulement de leur respiration qui s’apaisait. Dehors, le lac continuait de miroiter sous la lune. À l’étage du dessous, la soirée des miroirs suivait son cours. Ici, dans cette chambre, il n’y avait plus que leurs corps et le goût encore salé de l’autre sur leurs langues.
Élise ferma les yeux. La main de Théo glissa plus bas, s’attarda sur sa fesse, puis remonta le long de sa colonne dans une caresse sans désir, juste de la présence. Elle se colla un peu plus. Entre ses cuisses, elle était encore sensible, encore trempée, encore ouverte. Elle sentait le sperme qui continuait de couler lentement. L’idée, au lieu de la gêner, la fit sourire contre sa peau.
Au bout d’un moment, Théo parla, très bas :
— Je ne veux pas que tu partes tout de suite.
— Je ne partirai pas.
Il l’embrassa sur le front, puis sur la paupière, puis sur la bouche, un baiser lent, presque chaste après tout ce qu’ils venaient de faire. Élise répondit. Leurs langues se retrouvèrent, plus douces maintenant. Une de ses mains glissa entre eux, trouva son sexe encore mi-dur, et le caressa sans but précis, juste pour le sentir.
Théo gémit doucement.
— Si tu continues, je vais encore te prendre.
— Peut-être que je veux.
Il la regarda dans les yeux. Puis il sourit, sombre et tendre à la fois.
— Alors regarde-toi encore.
Il la retourna délicatement sur le côté, se plaça derrière elle, une jambe glissée entre les siennes. Sa bite, de nouveau dure, trouva son entrée encore glissante et s’enfonça lentement. Élise gémit. La pénétration était plus facile, plus profonde dans cette position. Théo bougea avec une lenteur extrême, des coups de reins longs et contrôlés. Une main passa sous son bras et trouva son sein, l’autre descendit entre ses cuisses et caressa son clitoris avec la même lenteur.
Dans le miroir, elle se vit de profil, prise par-derrière, le visage détendu de plaisir, la bouche ouverte. Théo l’embrassait dans le cou pendant qu’il la baisait. Le rythme resta lent, presque tendre, mais chaque thrust allait jusqu’au fond. Élise sentit un cinquième orgasme monter, plus doux, plus long, comme une marée. Quand il arriva, elle ne cria pas. Elle gémit seulement, longuement, pendant que ses murs se serraient autour de lui. Théo la suivit presque immédiatement, se vidant de nouveau en elle avec un soupir rauque.
Cette fois, ils ne se séparèrent pas tout de suite. Il resta en elle, mollissant lentement, pendant que leurs souffles se calmaient. Ses lèvres continuaient de traîner sur son épaule, sa nuque, le haut de son dos. Ses mains caressaient sans but : un sein, une hanche, le creux de son ventre.
Au bout d’un long moment, il se retira. Élise sentit encore le flot chaud s’échapper. Théo tira le drap plus haut, l’attira contre sa poitrine. Elle posa la tête sur son épaule. Une de ses jambes resta jetée sur la sienne. Leurs peaux collaient. Le silence était complet maintenant, seulement troublé par le battement de leurs cœurs qui se synchronisaient.
Élise regarda une dernière fois dans le miroir. Elle se vit endormie presque, dans les bras d’un homme qu’elle connaissait depuis quelques heures seulement, le corps marqué de caresses, de baisers, de sperme. Elle se vit et elle sourit.
Théo embrassa le sommet de son crâne.
— Dors, murmura-t-il. Je suis là.
Elle ferma les yeux. Entre ses cuisses, elle était encore ouverte, encore pleine de lui. Le désir qu’elle avait cru perdu depuis des mois battait maintenant calmement, satisfait, comme un animal qui s’était enfin nourri. Demain, il y aurait peut-être des questions, des doutes, le retour de la vie réelle. Mais ce soir, dans cette chambre pleine de miroirs, au bord d’un lac, il n’y avait plus que leurs corps enlacés et le goût salé de l’autre qui restait sur leurs langues.
Élise s’endormit ainsi, la main de Théo posée à plat sur son ventre, ses lèvres contre sa tempe, le reflet de leurs silhouettes fusionnées veillant sur eux dans la glace ancienne.
Et pour la première fois depuis très longtemps, elle ne se sentit ni seule, ni étrangère à son propre corps.
Elle se sentit juste… prise. Regardée. Et profondément, calmement, désirée jusqu’au bout.






