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Le yacht au large de Mykonos

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Le yacht avan­çait dou­ce­ment, la proue fen­dant une mer presque plate. Le soleil de fin d’après-midi pesait sur le pont, chaud sans être agres­sif. Un vent léger sou­le­vait par moments les voiles et fai­sait cla­quer le tis­su par à‑coups régu­liers. Au large de Mykonos, il n’y avait plus rien. Aucun autre bateau. Aucune terre proche. Seulement l’horizon cir­cu­laire et le bruit régu­lier de la coque sur l’eau.

Elle était allon­gée sur le grand mate­las du pont avant, en maillot deux-pièces. Le tis­su bleu nuit col­lait déjà un peu à sa peau à cause de la crème solaire. Elle avait fer­mé les yeux, un bras replié sous la nuque, l’autre le long du corps. Elle n’était pas par­ti­cu­liè­re­ment à l’aise. Jamais elle ne l’était vrai­ment lorsqu’il s’agissait de res­ter ain­si, semi-nue, en plein air. Même ici, même sans per­sonne à des kilo­mètres, elle sen­tait le regard pos­sible du monde. Comme si l’immensité elle-même pou­vait la voir.

Son mari était assis un peu plus loin, le dos contre le bas­tin­gage. Il la regar­dait. Elle le savait sans avoir besoin d’ouvrir les yeux. Plus loin encore, vers le cock­pit, le skip­per tenait la barre. Un homme d’une qua­ran­taine d’années, silen­cieux, effi­cace, le visage mar­qué par le sel et le soleil. Il par­lait peu. Quand il devait don­ner une indi­ca­tion, sa voix res­tait basse, presque neutre. Pourtant elle avait sen­ti, plu­sieurs fois dans la jour­née, que son regard s’attardait.

Elle bou­gea légè­re­ment. Le maillot de bas avait un peu glis­sé sur une hanche. Elle le rajus­ta d’un geste ins­tinc­tif, presque pudique. Son mari sou­rit. Elle ne le vit pas, mais elle l’entendit dans sa voix quand il s’approcha.

Il s’agenouilla près d’elle. Sans un mot, il prit le tube de crème solaire, en ver­sa dans le creux de sa main, et com­men­ça à lui enduire les épaules. Les gestes étaient lents, appli­qués. Les paumes glis­saient sur sa peau chaude, des­cen­daient le long des bras, remon­taient, s’attardaient dans le creux des coudes. Elle gar­da les yeux fer­més. Le contact était agréable. Trop agréable peut-être. Elle sen­tait déjà la cha­leur du soleil se mêler à celle des mains.

Il pas­sa à ses jambes. D’abord les mol­lets, puis les genoux, puis l’intérieur des cuisses, avec une len­teur qui n’avait plus rien de pure­ment pro­tec­teur. Elle entrou­vrit les yeux. Le ciel était d’un bleu abso­lu. Le skip­per était tou­jours à la barre, de pro­fil. Il ne les regar­dait pas osten­si­ble­ment. Mais elle savait qu’il pou­vait les voir. Cette simple pos­si­bi­li­té lui ser­ra légè­re­ment la gorge.

Les doigts de son mari remon­tèrent plus haut. Sous le bord du maillot, d’abord. Juste un frô­le­ment. Elle retint son souffle. Il n’insista pas. Il conti­nua de mas­ser l’intérieur de ses cuisses, en cercles lents, en s’approchant peu à peu. L’autre main avait glis­sé sous le haut du maillot et cares­sait main­te­nant un sein, le pouce pas­sant très dou­ce­ment sur le téton déjà dur­ci par le soleil et le contact.

Elle tour­na légè­re­ment la tête. Le skip­per avait chan­gé de posi­tion. Il était main­te­nant de trois-quarts, une main sur la barre, l’autre dans la poche. Son regard croi­sa le sien une frac­tion de seconde. Il ne détour­na pas immé­dia­te­ment les yeux. Elle, si. Elle refer­ma les pau­pières, le cœur un peu plus rapide.

Son mari pen­cha la tête près de son oreille.

« Tu veux que j’arrête ? »

Elle secoua la tête, très fai­ble­ment. Elle n’aurait pas su dire pour­quoi. Une par­tie d’elle était gênée, presque hon­teuse d’être tou­chée ain­si, en plein jour, avec un autre homme à quelques mètres. Une autre par­tie, plus sourde, plus ancienne, s’abandonnait déjà. Elle aimait ça. Elle l’avait tou­jours aimé, même si elle ne le mon­trait presque jamais.

La main sous le maillot devint plus pré­cise. Les doigts trou­vèrent son sexe à tra­vers le tis­su encore humide de crème et de cha­leur. Il cares­sa d’abord l’extérieur, len­te­ment, sans cher­cher à entrer. Puis il dépla­ça le tis­su sur le côté. L’air frais du large tou­cha sa peau la plus intime. Elle eut un fris­son. Pas de froid. De quelque chose d’autre.

Il com­men­ça à la doig­ter. Un seul doigt d’abord, peu pro­fond, juste pour sen­tir. Elle était déjà humide. Il le savait. Elle le savait aus­si, et cette évi­dence la fit rou­gir mal­gré le soleil. Le pouce, lui, s’était pla­cé sur son cli­to­ris. Il ne frot­tait pas vrai­ment. Il appuyait, relâ­chait, décri­vait de tout petits cercles très lents. Exactement comme elle aimait, même si elle ne l’avait presque jamais for­mu­lé à voix haute.

Elle entrou­vrit la bouche. Un souffle plus long lui échap­pa.
Son mari conti­nua. Toujours aus­si len­te­ment. Le doigt s’enfonçait un peu plus à chaque pas­sage, puis se reti­rait, tan­dis que le pouce main­te­nait cette pres­sion douce, régu­lière, presque hyp­no­tique sur le cli­to­ris. Elle sen­tait la cha­leur mon­ter par vagues. Pas une exci­ta­tion bru­tale. Quelque chose de plus dif­fus, de plus enva­his­sant, qui par­tait du bas-ventre et remon­tait jusque dans sa poi­trine.

Elle ouvrit les yeux de nou­veau.
Le skip­per les regar­dait. Cette fois, il ne détour­na pas le regard tout de suite. Il res­ta quelques secondes, le visage impas­sible, puis repor­ta son atten­tion sur l’horizon. Mais elle avait vu. Elle avait sen­ti le poids de ce regard posé sur elle, sur les mains de son mari entre ses cuisses, sur son visage sans doute déjà un peu défait.

La gêne fut vive.
Elle eut envie de refer­mer les jambes, de remettre le maillot en place, de se redres­ser. Mais les doigts conti­nuaient leur tra­vail patient, et le plai­sir était plus fort que la pudeur. Elle lais­sa ses genoux s’écarter un peu plus. Un geste minus­cule. Presque invo­lon­taire.

Son mari pen­cha de nou­veau la tête.

« Il nous regarde… »

Elle ne répon­dit pas. Elle n’en était pas capable. Un petit gémis­se­ment lui échap­pa quand le pouce appuya un peu plus fort sur son cli­to­ris. Le doigt à l’intérieur s’était cour­bé légè­re­ment. Il trou­vait main­te­nant un point qui la fai­sait trem­bler à chaque pas­sage. Elle agrip­pa le mate­las des deux mains. Ses hanches bou­gèrent d’elles-mêmes, de très peu, pour suivre le rythme.

Le soleil pesait sur ses pau­pières. Le vent pas­sait sur sa peau nue. Elle se sen­tait tota­le­ment expo­sée. Pas seule­ment parce que le maillot était dépla­cé. Parce que tout son visage, sa res­pi­ra­tion, la façon dont son corps répon­dait, étaient visibles. Le skip­per pou­vait tout voir. Et cette idée, au lieu de la faire se fer­mer, la fai­sait s’ouvrir davan­tage.

Les cercles sur son cli­to­ris devinrent un peu plus rapides, sans jamais perdre leur dou­ceur. Le doigt s’enfonçait plus pro­fon­dé­ment, puis se reti­rait presque com­plè­te­ment, puis reve­nait. Elle sen­tait l’humidité cou­ler sur ses cuisses. Elle en eut honte un ins­tant. Puis le plai­sir balaya la honte. Elle tour­na la tête vers le cock­pit. Le skip­per était tou­jours là. Cette fois, il ne regar­dait plus l’horizon. Il les regar­dait fran­che­ment. Une main sur la barre. L’autre le long du corps. Son expres­sion n’avait pas chan­gé, mais quelque chose dans sa pos­ture s’était modi­fié. Une ten­sion dis­crète.

Elle ne détour­na pas les yeux tout de suite.
Elle le lais­sa la voir. La voir ain­si, les lèvres ouvertes, les hanches qui bou­geaient mal­gré elle, le visage tra­ver­sé par le plai­sir. La gêne était tou­jours là, brû­lante. Mais elle s’abandonnait. Elle aimait ça. Elle n’avait jamais su le dire clai­re­ment, mais son corps, lui, le savait.

Son mari ajou­ta un second doigt.
L’étirement fut doux, faci­li­té par son exci­ta­tion. Le pouce ne quit­ta pas le cli­to­ris. Il appuyait main­te­nant avec un rythme un peu plus mar­qué, tou­jours cir­cu­laire, tou­jours patient. Elle sen­tit l’orgasme appro­cher de loin. Comme une vague lente qui pre­nait son temps. Elle essaya de le rete­nir, par pudeur, par habi­tude. Elle n’y arri­va pas.

Le plai­sir la tra­ver­sa en silence d’abord. Un long fris­son qui par­tit du cli­to­ris et remon­ta le long de sa colonne. Puis un second, plus fort. Ses cuisses trem­blèrent. Elle fer­ma les yeux. Un gémis­se­ment plus clair lui échap­pa. Son mari ralen­tit sans s’arrêter, l’accompagnant jusqu’au bout du trem­ble­ment, le pouce tou­jours posé sur ce point exact qui pro­lon­geait chaque vague.

Quand elle redes­cen­dit, elle res­pi­rait plus vite.
Ses joues étaient chaudes. Elle savait qu’elle devait être rouge. Elle n’osa pas regar­der immé­dia­te­ment vers le skip­per. Elle sen­tit seule­ment que son mari reti­rait dou­ce­ment ses doigts, rajus­tait le maillot, et posait une main à plat sur son ventre, apai­sante.

Le silence du large était reve­nu.
Le cla­que­ment régu­lier des voiles. Le bruit de l’eau.

Elle rou­vrit les yeux.
Le skip­per avait repor­té son atten­tion sur la mer. Mais elle savait qu’il avait tout vu. Et cette cer­ti­tude res­tait en elle, brû­lante et douce à la fois, long­temps après que les der­niers fris­sons eurent dis­pa­ru.

Son mari s’allongea près d’elle.
Il ne dit rien. Il lui cares­sa sim­ple­ment les che­veux, puis l’épaule, puis le bras. Elle se tour­na légè­re­ment vers lui. Leur regard se croi­sa. Il sou­rit, très peu. Elle ne sou­rit pas. Mais elle ne détour­na pas les yeux non plus.

Plus loin, le skip­per ajus­ta légè­re­ment la barre.
Le yacht conti­nua sa route, lent, stable, vers le soleil qui com­men­çait à des­cendre.

Elle res­ta allon­gée, le maillot un peu de tra­vers, la peau chaude, le sexe encore sen­sible.
Le sen­ti­ment d’avoir été vue – vrai­ment vue – ne la quit­tait pas.
Et au fond d’elle, sous la gêne per­sis­tante, quelque chose d’autre s’était allu­mé. Quelque chose qui n’attendait que la suite.

**********

Le soleil avait com­men­cé sa des­cente.
La lumière n’était plus la même. Elle s’était épais­sie, deve­nue plus dorée, plus lourde, comme si elle hési­tait à quit­ter la sur­face de l’eau. Le yacht était main­te­nant immo­bile, ancré dans une crique étroite cer­née de rochers blancs. L’eau y était d’un tur­quoise presque irréel, si trans­pa­rente qu’on voyait le fond de sable clair à plu­sieurs mètres. Aucun autre bateau. Aucune trace humaine. Seulement le cla­po­tis régu­lier de la mer contre la coque, le cri par­fois d’un oiseau, et le silence immense qui sui­vait.

Le skip­per avait tout sécu­ri­sé.
Les voiles étaient repliées, le moteur éteint depuis un moment déjà. Il était res­té debout près de la barre un long ins­tant, les yeux plis­sés vers l’horizon, comme pour s’assurer une der­nière fois qu’ils étaient vrai­ment seuls. Puis il avait rejoint le pont avant. Il ne dit rien. Il s’agenouilla sim­ple­ment de l’autre côté du grand mate­las, à une dis­tance encore res­pec­tueuse. Elle le sen­tit plus qu’elle ne le vit. La pré­sence d’un second corps, plus large, plus lourd, qui modi­fiait l’équilibre de l’espace.

Elle était tou­jours allon­gée.
Le maillot deux-pièces col­lait à sa peau par endroits, impré­gné de crème solaire et de sueur légère. Elle n’avait pas bou­gé depuis que son mari avait reti­ré ses doigts plus tôt. Elle gar­dait les yeux mi-clos, le bras replié sous la nuque, essayant de faire taire le trouble qui n’avait pas dis­pa­ru. Le sen­ti­ment d’avoir été regar­dée – vrai­ment regar­dée – res­tait accro­ché à sa peau comme une seconde cha­leur.

Son mari s’assit près d’elle.
Il prit la bou­teille d’huile dans le panier. Une huile fine, claire, qui sen­tait le monoï mêlé à quelque chose de plus sec, presque salin. Il en ver­sa dans le creux de sa main, la fit chauf­fer lon­gue­ment entre ses paumes, puis la dépo­sa sur l’épaule de sa femme. Le contact fut tiède. Doux. Les mains glis­sèrent le long de ses bras, remon­tèrent, s’attardèrent dans le creux des coudes, puis remon­tèrent jusqu’à la nuque. Elle lais­sa échap­per un souffle plus long. Les yeux tou­jours fer­més.

Le skip­per ne bou­gea pas tout de suite.
Il obser­vait. Elle le sen­tait. Cette façon qu’il avait de res­ter immo­bile, patient, comme s’il atten­dait une per­mis­sion qui n’avait pas besoin d’être dite à voix haute. Quand il ten­dit enfin la main, son mari lui pas­sa la bou­teille sans un mot. Elle enten­dit le bruit sourd de l’huile ver­sée, le frot­te­ment des paumes l’une contre l’autre. Puis les mains du skip­per se posèrent sur ses mol­lets.

La dif­fé­rence fut immé­diate.
Plus larges. Plus fermes. Une pres­sion dif­fé­rente, plus affir­mée, tout en res­tant atten­tive. Elles remon­tèrent len­te­ment le long de ses jambes, empor­tant l’huile avec elles, s’arrêtant der­rière les genoux, redes­cen­dant, recom­men­çant. Elle sen­tit chaque cen­ti­mètre de peau s’éveiller sous ce contact nou­veau. Quand les mains arri­vèrent à l’intérieur de ses cuisses, elle eut un mou­ve­ment de recul presque imper­cep­tible. Le skip­per s’arrêta net. Il atten­dit. Son mari, lui, conti­nuait de mas­ser le haut de son corps, glis­sant par­fois les doigts sous le bord du haut de maillot, effleu­rant la nais­sance des seins.

Elle se for­ça à relâ­cher les muscles.
Les mains du skip­per reprirent leur pro­gres­sion. Plus haut. Plus près. L’huile cou­lait main­te­nant entre ses cuisses, chaude, glis­sante. Elle sen­tait le tis­su du maillot deve­nir une gêne, une bar­rière inutile. Son mari le com­prit avant qu’elle n’ait à le for­mu­ler. Ses doigts trou­vèrent les liens du haut et les dénouèrent avec une len­teur presque céré­mo­nieuse. Elle ne résis­ta pas. Le tis­su glis­sa le long de ses bras. L’air du large tou­cha ses seins. Elle rou­git vio­lem­ment, mal­gré le soleil déjà plus bas. Le sen­ti­ment d’être expo­sée la frap­pa de plein fouet. Même ici. Même sans per­sonne à des kilo­mètres. Le ciel, la mer, les rochers blancs… tout sem­blait capable de la voir.

Le skip­per ver­sa de l’huile sur sa poi­trine.
Ses paumes s’ouvrirent et recou­vrirent ses seins entiè­re­ment. Lentement. Avec une appli­ca­tion qui frô­lait le rituel. Les pouces pas­sèrent sur les tétons déjà durs, les pres­sèrent très légè­re­ment, les relâ­chèrent, recom­men­cèrent. Elle retint un gémis­se­ment. Son mari, der­rière elle, avait glis­sé une main sous sa nuque et l’embrassait main­te­nant. Un bai­ser pro­fond, lent, pen­dant que les mains de l’autre homme conti­nuaient leur tra­vail patient. Elle gémit dans la bouche de son mari. Un son tout petit, presque hon­teux.

Les mains des­cen­dirent.
Sur le ventre d’abord. Autour du nom­bril. Puis plus bas encore. Le skip­per accro­cha le bord du bas de maillot entre le pouce et l’index et le fit glis­ser le long de ses hanches. Elle sou­le­va légè­re­ment le bas­sin pour l’aider. Le geste la sur­prit elle-même. Elle qui res­tait d’habitude si rete­nue, si dis­crète, lais­sait main­te­nant son corps accep­ter. Le tis­su dis­pa­rut. Elle était nue. Complètement. Sur le pont d’un yacht, au milieu d’une crique déserte, sous le regard de deux hommes et l’immensité du ciel.

L’huile fut ver­sée entre ses cuisses.
Le skip­per ne se pré­ci­pi­ta pas. Il mas­sait d’abord l’intérieur de ses jambes avec des gestes amples, remon­tant très len­te­ment, s’arrêtant juste avant le sexe, redes­cen­dant, recom­men­çant plu­sieurs fois. Comme s’il vou­lait lui lais­ser le temps d’habituer sa peau à sa pré­sence. Elle entrou­vrit un peu plus les genoux. Un mou­ve­ment presque invo­lon­taire. Il com­prit. Ses doigts glis­sèrent enfin là où elle atten­dait sans oser le deman­der.

D’abord l’extérieur seule­ment.
La paume entière qui recou­vrait son sexe, appuyait, relâ­chait, appuyait de nou­veau. Puis un doigt qui s’insinua entre les lèvres, très super­fi­ciel­le­ment. Elle était déjà humide. Elle le sen­tit, et cette évi­dence la fit rou­gir plus fort encore. Le doigt s’enfonça un peu. Puis un second le rejoi­gnit. Lents. Profonds. Extrêmement patients. Le pouce, lui, vint se pla­cer sur son cli­to­ris. Il ne frot­ta pas tout de suite. Il appuya seule­ment, avec une pres­sion douce et constante, comme pour prendre pos­ses­sion de ce point exact.

Elle tour­na la tête vers lui.
Leurs regards se croi­sèrent. Elle rou­git de plus belle et détour­na immé­dia­te­ment les yeux, mais elle ne refer­ma pas les cuisses. Les doigts conti­nuaient leur va-et-vient. Ils trou­vaient un rythme. S’enfonçaient, se reti­raient presque com­plè­te­ment, s’enfonçaient de nou­veau plus pro­fon­dé­ment, tan­dis que le pouce décri­vait de tout petits cercles très lents sur le cli­to­ris. Exactement la pres­sion qu’elle aimait, celle qu’elle n’avait presque jamais su deman­der. Elle sen­tit le plai­sir remon­ter tout de suite, en vague tiède.

Son mari s’était dépla­cé.
Il était main­te­nant à genoux près de son visage. Elle com­prit ce qu’il atten­dait. La gêne fut vive. Une par­tie d’elle vou­lait secouer la tête, remettre un peu de dis­tance, de pudeur. Une autre par­tie, plus sourde, plus ancienne, s’abandonnait déjà. Elle se tour­na légè­re­ment vers lui. Ses doigts trou­vèrent le short, le dénouèrent. Elle prit son mari dans sa bouche avec une len­teur presque appli­quée, comme si elle vou­lait tout contrô­ler encore. L’huile avait un goût légè­re­ment sucré sur ses lèvres. Derrière, les doigts du skip­per ne s’étaient pas arrê­tés une seconde. Ils conti­nuaient leur tra­vail patient, le pouce main­te­nant plus pré­cis sur le cli­to­ris.

Elle gémit autour de la queue.
Le son fut étouf­fé, humide, presque obs­cène dans le silence de la crique. Son mari lui cares­sait les che­veux sans for­cer le rythme. Le skip­per, lui, avait pen­ché la tête. Elle sen­tit d’abord son souffle sur l’intérieur de sa cuisse, puis sa bouche. Sa langue rejoi­gnit ses doigts. Chaude. Lente. Extraordinairement pré­cise. Elle arqua le dos mal­gré elle. Le plai­sir mon­ta d’un cran net. Elle suçait plus pro­fon­dé­ment main­te­nant, por­tée par les vagues qui par­taient de son sexe et remon­taient jusqu’à sa gorge.

Les deux hommes la tra­vaillaient ensemble sans se par­ler.
L’un dans sa bouche. L’autre entre ses cuisses. Les doigts et la langue du skip­per trou­vaient un rythme par­fait, presque musi­cal. Parfois il s’attardait lon­gue­ment sur le cli­to­ris avec des mou­ve­ments cir­cu­laires extrê­me­ment doux, presque trop doux, qui la fai­saient trem­bler. Parfois il s’enfonçait plus pro­fon­dé­ment avec deux, puis trois doigts, pen­dant que sa langue conti­nuait de tra­vailler le point exact. Elle sen­tait l’orgasme appro­cher de loin. Lent. Large. Inévitable. Elle essaya de le rete­nir, par pudeur, par habi­tude de tou­jours se contrô­ler. Elle n’y arri­va pas.

Le pre­mier orgasme la prit en silence d’abord.
Un long fris­son qui par­tit du cli­to­ris et remon­ta le long de sa colonne ver­té­brale comme une ligne de feu doux. Ses cuisses se refer­mèrent un ins­tant sur la tête du skip­per. Elle gémit plus fort autour de la queue de son mari. Celui-ci ralen­tit immé­dia­te­ment, la lais­sant jouir plei­ne­ment, tout en conti­nuant de lui cares­ser le visage avec une ten­dresse qui contras­tait avec ce qui se pas­sait plus bas. Le skip­per n’arrêta pas. Il adou­cit seule­ment ses gestes, pro­lon­geant chaque vague avec une pré­ci­sion presque cruelle, jusqu’à ce qu’elle redes­cende com­plè­te­ment.

Elle res­pi­rait fort.
Les joues brû­lantes. Les lèvres lui­santes de salive et d’huile. Elle n’osait regar­der ni l’un ni l’autre. Pourtant elle ne fer­ma pas les jambes. Le skip­per reprit presque immé­dia­te­ment, comme s’il avait atten­du pré­ci­sé­ment ce moment. Cette fois avec plus d’insistance. Ses doigts s’enfonçaient plus pro­fon­dé­ment, trou­vaient un angle dif­fé­rent. Sa langue appuyait plus fer­me­ment sur le cli­to­ris, avec des mou­ve­ments plus amples. Elle sen­tit un second orgasme se for­mer déjà, plus bas, plus sourd, plus mena­çant.

Son mari se reti­ra de sa bouche et se pen­cha pour l’embrasser.
Elle goû­ta l’huile et son propre désir sur ses lèvres. En même temps, le skip­per ajou­ta une pres­sion par­ti­cu­lière avec le pouce, un cercle plus appuyé, plus rapide. Le second orgasme arri­va plus vite que le pre­mier. Elle cria cette fois. Un cri court, rauque, qu’elle étouf­fa contre la bouche de son mari. Son corps se contrac­ta vio­lem­ment autour des doigts. Le skip­per conti­nua de bou­ger en elle pen­dant tout le trem­ble­ment, l’accompagnant vague après vague, jusqu’à ce que les der­niers fris­sons s’éteignent.

Quand elle rou­vrit les yeux, le ciel avait chan­gé.
Le soleil tou­chait presque la ligne d’horizon. La lumière était deve­nue rou­geoyante, presque sang. Elle se sen­tait com­plè­te­ment ouverte, les cuisses encore trem­blantes, le sexe hyper­sen­sible, chaque souffle d’air sur sa peau nue comme une caresse sup­plé­men­taire. Le skip­per s’était redres­sé. Il la regar­dait. Son expres­sion n’avait presque pas chan­gé, mais ses yeux étaient plus sombres, plus concen­trés. Son mari, lui, lui cares­sait la poi­trine avec une len­teur apai­sante, comme pour la rame­ner dou­ce­ment.

Le skip­per se dépla­ça.
Il s’allongea sur le côté, face à elle. Elle com­prit ce qu’il atten­dait. La gêne revint, brû­lante. Elle hési­ta plu­sieurs secondes, le cœur bat­tant trop fort. Puis elle se tour­na vers lui. Ses doigts trou­vèrent sa queue déjà dure, chaude, lourde. Elle la cares­sa un long moment, sen­tant chaque détail sous ses doigts, avant de se pen­cher et de la prendre dans sa bouche. L’huile et le goût de sa propre exci­ta­tion se mêlèrent sur sa langue. Derrière elle, son mari s’était pla­cé. Elle sen­tit sa queue glis­ser d’abord entre ses cuisses, enduite d’huile, puis se pres­ser contre son sexe déjà ouvert.

Il entra.
Très len­te­ment.
Centimètre par cen­ti­mètre.
Elle gémit autour de la queue du skip­per. L’étirement fut doux, faci­li­té par tout ce qui avait pré­cé­dé, mais elle le sen­tit quand même pro­fon­dé­ment. Son mari s’enfonça jusqu’au bout, puis s’arrêta, la lais­sant s’habituer. Une main sur sa hanche. L’autre qui venait lui cares­ser le cli­to­ris par-devant pen­dant qu’il res­tait immo­bile en elle. Le skip­per, lui, lui cares­sait les che­veux avec une dou­ceur sur­pre­nante, sans jamais for­cer le rythme de sa bouche.

Ils res­tèrent ain­si un long moment.
Elle suçait très len­te­ment. Son mari bou­geait à peine, de tout petits mou­ve­ments de bas­sin, juste assez pour qu’elle sente chaque cen­ti­mètre de lui. Le pouce sur son cli­to­ris conti­nuait ses cercles patients, impla­cables. Elle sen­tit un troi­sième orgasme se for­mer, plus pro­fond, plus large que les pré­cé­dents. Elle essaya de pré­ve­nir, de ralen­tir. Elle n’y arri­va pas. Le plai­sir la tra­ver­sa alors qu’elle avait encore la queue du skip­per dans la bouche. Ses gémis­se­ments vibrèrent autour de lui. Son mari s’enfonça un peu plus pro­fon­dé­ment pen­dant qu’elle jouis­sait, pro­lon­geant chaque contrac­tion avec une pré­ci­sion presque tendre.

Quand elle redes­cen­dit, elle était com­plè­te­ment molle.
Les bras trem­blants. Le souffle court. Les cuisses inca­pables de se tenir. Son mari se reti­ra dou­ce­ment. Le skip­per se reti­ra de sa bouche. Ils res­tèrent tous les trois allon­gés sur le mate­las, le soleil main­te­nant tout bas, la lumière rouge qui s’éteignait peu à peu. L’huile brillait sur sa peau. Elle se sen­tait tota­le­ment expo­sée, tota­le­ment vue, et pour la pre­mière fois de la jour­née, elle n’avait plus la force d’en avoir vrai­ment honte.

Le silence de la crique était reve­nu.
Plus dense. Plus intime. Plus lourd.
Elle fer­ma les yeux. Les mains des deux hommes conti­nuaient de la cares­ser, très légè­re­ment, des doigts qui tra­çaient des ara­besques dans l’huile encore chaude, comme pour ne pas la faire redes­cendre trop vite. Le vent pas­sait sur sa peau nue. La mer cla­po­tait contre la coque avec une régu­la­ri­té hyp­no­tique. Et quelque part, au fond d’elle, sous la fatigue douce du plai­sir, elle savait déjà que la nuit qui s’annonçait ne ferait que pro­lon­ger, ampli­fier, ce qui venait de com­men­cer.

**********

La nuit avait tout chan­gé.
Le soleil avait dis­pa­ru depuis long­temps et le ciel s’était ouvert en une voûte noire cri­blée d’étoiles nettes, presque agres­sives de clar­té. Aucune lune. Seulement cette lumière froide et dis­tante qui tom­bait sur le pont du yacht et ren­dait la peau encore plus blanche, encore plus visible. Le bateau balan­çait avec une len­teur hyp­no­tique. L’eau cla­quait contre la coque par inter­valles régu­liers, un bruit sourd et intime qui sou­li­gnait chaque silence. Ils n’avaient pas des­cen­du. Personne n’en avait eu l’idée. Rester ici, nus, sous les étoiles, au milieu de rien, fai­sait par­tie de ce qui était en train de se pas­ser.

Elle était allon­gée sur le grand mate­las, exac­te­ment au centre.
Son mari d’un côté, le skip­per de l’autre. Leurs corps déga­geaient encore de la cha­leur. La sienne aus­si. L’huile de l’après-midi avait séché en une fine pel­li­cule sati­née qui ren­dait chaque frô­le­ment plus pré­cis, plus élec­trique. Elle sen­tait le vent de la nuit pas­ser sur ses seins, sur son ventre, entre ses cuisses encore ouvertes. Le sen­ti­ment d’être expo­sée avait muté. Le jour, c’était la lumière et le regard pos­sible du ciel. La nuit, c’était pire et meilleur à la fois. L’obscurité aurait dû la cacher. Au contraire, elle ren­dait chaque bruit de peau, chaque souffle, chaque glis­se­ment de doigt qua­si­ment obs­cène.

Les mains avaient recom­men­cé presque tout de suite.
Celles de son mari d’abord : lentes, fami­lières, qui sui­vaient la ligne de sa gorge, des­cen­daient entre ses seins, s’attardaient sur le ventre avec une ten­dresse qui contras­tait avec ce qui allait venir. Celles du skip­per ensuite : plus larges, plus lourdes, qui pre­naient pos­ses­sion de sa hanche, de sa fesse, de l’intérieur de sa cuisse avec une assu­rance tran­quille. Elle gar­dait les yeux ouverts. Elle regar­dait les étoiles. Elle n’osait pas encore regar­der les hommes. La gêne était tou­jours là, ins­tal­lée quelque part entre sa poi­trine et sa gorge, mais elle n’avait plus la force de lui obéir.

Le skip­per se rap­pro­cha.
Elle sen­tit sa queue, déjà dure et chaude, se pres­ser contre le bas de son dos, glis­ser entre ses fesses. Son mari, face à elle, l’embrassa. Un bai­ser pro­fond, presque lent, pen­dant que sa main des­cen­dait entre ses cuisses. Elle était encore gon­flée, encore sen­sible, encore ouverte de tout ce qui s’était pas­sé avant. Les doigts entrèrent faci­le­ment. Deux. Puis trois. Elle gémit dans la bouche de son mari. Un son bas, trem­blant. Le skip­per pen­cha la tête et posa sa bouche sur sa nuque. Sa langue goû­ta le sel, l’huile res­tante, la peau chaude. Il mor­dilla très légè­re­ment. Elle eut un fris­son qui par­tit de la nuque et des­cen­dit jusqu’au bas du dos.

Ils la firent se mettre à genoux.
Elle obéit. Le mate­las était tiède sous ses genoux. Son mari se pla­ça devant elle. Elle vit sa queue, dure, déjà lui­sante. Elle hési­ta une seconde, le cœur bat­tant trop fort, puis elle se pen­cha et l’ouvrit les lèvres. Elle le prit len­te­ment, très len­te­ment, savou­rant le poids, la cha­leur, le goût de peau et d’huile. Derrière elle, le skip­per s’agenouilla. Elle sen­tit ses mains écar­ter ses fesses avec une dou­ceur extrême, puis sa langue. Chaude. Large. Précise. Elle gémit autour de la queue de son mari. Le son fut humide, étouf­fé, presque hon­teux. Les deux hommes la tenaient. L’un par les che­veux, sans jamais for­cer. L’autre par les hanches, les pouces enfon­cés dans sa chair.

Elle res­ta long­temps ain­si.
À sucer l’un pen­dant que l’autre la léchaient, la doig­tait, la goû­tait. Puis ils chan­gèrent. Elle se tour­na vers le skip­per. Sa queue était plus épaisse, le goût légè­re­ment dif­fé­rent. Elle le prit aus­si pro­fon­dé­ment qu’elle put, les yeux mi-clos, pen­dant que son mari, der­rière, glis­sait deux doigts en elle et mas­sait son cli­to­ris avec le pouce. Le plai­sir mon­tait par vagues lentes, épaisses. Elle sen­tait le balan­ce­ment du bateau s’ajouter au rythme des bouches et des mains. Chaque fois qu’elle gémis­sait, les doigts s’enfonçaient un peu plus. Chaque fois qu’elle suçait plus fort, les mains sur ses seins se res­ser­raient.

Son mari s’allongea sur le dos.
Elle le che­vau­cha sans qu’on le lui ordonne. Elle s’abaissa sur lui cen­ti­mètre par cen­ti­mètre, sen­tant chaque veine, chaque pul­sa­tion. Quand elle fut com­plè­te­ment empa­lée, elle s’immobilisa, les mains posées sur son torse, le souffle court. Le skip­per se pla­ça der­rière elle. Elle sen­tit sa queue glis­ser d’abord le long de celle de son mari, enduite d’huile, la cares­sant de l’extérieur. Puis il se reti­ra. Son mari se reti­ra presque com­plè­te­ment. Le skip­per entra à sa place. Lentement. Profondément. Elle gémit. Ils recom­men­cèrent. L’un après l’autre. Se pas­sant son sexe comme on se passe quelque chose de pré­cieux. Chaque péné­tra­tion était dif­fé­rente. Le rythme de son mari était plus fami­lier, plus tendre. Celui du skip­per plus ample, plus pos­ses­sif. Elle jouit une pre­mière fois ain­si, un orgasme long qui la fit s’affaisser en avant, le front contre le torse de son mari, pen­dant que le skip­per conti­nuait de la prendre par-der­rière avec une len­teur impla­cable.

Ils ne lui lais­sèrent pas le temps de redes­cendre com­plè­te­ment.
Le skip­per la tira en arrière. Elle se retrou­va à quatre pattes. Son mari se mit à genoux devant son visage. Elle l’ouvrit la bouche d’elle-même. Il entra entre ses lèvres en même temps que le skip­per entrait en elle par-der­rière. Les deux mou­ve­ments se syn­chro­ni­sèrent. Quand l’un s’enfonçait, l’autre aus­si. Elle était prise des deux côtés, rem­plie, uti­li­sée avec une dou­ceur ter­rible. Les mains du skip­per tenaient ses hanches avec force. Celles de son mari tenaient son visage. Elle sen­tait la salive cou­ler le long de son men­ton. Elle sen­tait l’huile et son propre désir cou­ler le long de ses cuisses. Le balan­ce­ment du bateau ren­dait chaque coup de rein plus pro­fond. Elle jouit une deuxième fois, la bouche pleine, un cri étouf­fé qui fit vibrer la queue de son mari.

Ils la rele­vèrent.
Debout. Contre le bas­tin­gage.
Elle se retrou­va face au large, les mains cris­pées sur le rail froid, le vent de la nuit qui lui fouet­tait les seins et le ventre. Le skip­per entra en elle d’un seul mou­ve­ment pro­fond. Elle cria. Son mari se pla­ça sur le côté, col­lé à elle, et ses doigts trou­vèrent immé­dia­te­ment son cli­to­ris. Il le mas­sait avec une pré­ci­sion cruelle pen­dant que le skip­per la pre­nait par-der­rière, len­te­ment d’abord, puis avec des coups de reins plus amples. La posi­tion la ren­dait com­plè­te­ment expo­sée. Le noir de la mer. Les étoiles. Le sen­ti­ment d’être entiè­re­ment visible alors qu’il n’y avait abso­lu­ment per­sonne. Elle jouit une troi­sième fois, les jambes qui flé­chis­saient, le front appuyé contre le métal, un long gémis­se­ment qui se per­dit dans le vent.

Ils la rame­nèrent sur le mate­las.
Son mari s’allongea. Elle le che­vau­cha face à lui, le pre­nant jusqu’à la garde. Le skip­per se pla­ça der­rière. Cette fois elle sen­tit la dif­fé­rence immé­dia­te­ment. La pres­sion contre son sexe déjà occu­pé fut autre. Plus insis­tante. Plus pré­cise. Son mari était pro­fon­dé­ment en elle. Le skip­per ajou­ta d’abord deux doigts, à côté, les fai­sant glis­ser le long de la queue de son mari. Puis les doigts se reti­rèrent. Elle com­prit. Une vague de panique pure lui mon­ta à la gorge. Puis le désir, plus fort, plus ancien, balaya tout.

Il pous­sa.
Très len­te­ment.
Elle sen­tit la tête de sa queue s’engager à côté de celle de son mari. L’étirement fut intense, presque dou­lou­reux. Elle cria. Un cri long, rauque, ani­mal. Les deux hommes res­tèrent par­fai­te­ment immo­biles une fois qu’il fut com­plè­te­ment enfon­cé. Le temps qu’elle s’habitue. Le temps que son corps accepte d’être ain­si ouvert, ain­si rem­pli. Les mains la cares­saient par­tout. Les bouches aus­si. Son mari l’embrassait avec une ten­dresse qui contras­tait avec la vio­lence douce de la sen­sa­tion. Le skip­per embras­sait sa nuque, ses épaules, le haut de son dos, mur­mu­rant des mots bas qu’elle ne com­pre­nait pas.

Puis ils bou­gèrent.
D’abord alter­na­ti­ve­ment. L’un s’enfonçait pen­dant que l’autre se reti­rait presque. Puis ensemble. Les deux queues glis­saient en elle l’une contre l’autre, sépa­rées seule­ment par une fine paroi de chair. Chaque va-et-vient la rem­plis­sait au-delà de tout ce qu’elle avait connu. Elle avait l’impression d’être fen­due, ouverte jusqu’au fond d’elle-même. Le balan­ce­ment du bateau s’ajoutait au rythme. Elle sen­tait la mer sous elle, les étoiles au-des­sus, le vent sur sa peau nue. Le sen­ti­ment d’être tota­le­ment expo­sée, au milieu de nulle part, sous le regard froid du ciel, ren­dait chaque sen­sa­tion plus vive, plus into­lé­rable, plus néces­saire.

Elle jouit une qua­trième fois.
Un orgasme violent qui la fit se contrac­ter si fort autour des deux queues que les deux hommes gémirent en même temps. Puis une cin­quième. Puis une sixième. Les orgasmes se sui­vaient main­te­nant sans inter­rup­tion claire. Son corps était deve­nu une seule vague de plai­sir conti­nue. Elle n’avait plus de pudeur. Plus de rete­nue. Elle n’était plus qu’un sexe ouvert, un ventre qui se contrac­tait, une bouche qui gémis­sait sans rete­nue sous les étoiles.

Le rythme s’intensifia.
Pas bru­ta­le­ment. Juste assez pour que chaque coup de rein la fasse crier. Elle sen­tit le skip­per appro­cher de sa limite. Il s’enfonça jusqu’à la garde, un long gémis­se­ment rauque contre son oreille, et jouit en elle. La cha­leur sou­daine de son sperme la fit bas­cu­ler une der­nière fois. Son mari le sui­vit presque immé­dia­te­ment, s’enfonçant pro­fon­dé­ment pen­dant que les contrac­tions de sa femme le pres­saient de toutes parts. Ils jouirent tous les trois en même temps, ou presque, un long moment de corps col­lés, de souffles mêlés, de peaux glis­santes.

Ils res­tèrent liés très long­temps après.
Immobiles. Tremblants. Le bateau qui balan­çait sous eux. Les étoiles qui regar­daient. Elle avait le visage enfoui dans le cou de son mari. Le skip­per res­pi­rait encore fort contre son dos. Leurs mains conti­nuaient de la tou­cher, très fai­ble­ment, comme pour s’assurer qu’elle était tou­jours là, tou­jours entière, tou­jours offerte.

Quand ils se reti­rèrent, ce fut avec une len­teur presque dou­lou­reuse.
Elle res­ta sur le dos, les cuisses grandes ouvertes, le sexe encore bat­tant, ouvert, lui­sant d’huile et de sperme. L’air de la nuit pas­sa sur elle. Elle fris­son­na. Les deux hommes s’allongèrent de chaque côté. Le silence du large était reve­nu, plus dense, plus lourd, plus intime que jamais.

Elle regar­da les étoiles un long moment.
Puis elle fer­ma les yeux.
Elle se sen­tait com­plè­te­ment nue.
Complètement vue.
Et pour la pre­mière fois de toute cette jour­née, de toute cette nuit, elle n’en éprou­vait plus la moindre honte.

Auteur.e de l'histoire : Himéros

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