Le studio occupait le dernier étage d’un immeuble ancien dans le quartier de l’Alfama. De grandes fenêtres donnaient sur les toits de Lisbonne, sur les antennes de télévision, sur les filés de linge qui séchaient au vent, et plus loin sur le Tage qui brillait sous le soleil de fin d’après-midi. La lumière entrait en larges bandes dorées, traversait la pièce, et venait mourir sur le plancher de bois clair. L’air sentait légèrement la poussière chaude, le café et quelque chose de plus subtil, peut-être de l’huile de lin ou du fixatif.
Claire était arrivée la première. Elle avait quarante-deux ans, le corps encore ferme, les seins lourds, le ventre légèrement arrondi, les hanches marquées. Elle portait une robe simple, légère, et tenait son sac contre elle comme un bouclier. Thomas, son mari, l’avait rejointe quelques minutes plus tard. Il s’était assis sur le vieux canapé de cuir près de la fenêtre, sans un mot, et avait croisé les jambes. Il regardait déjà.
Le photographe s’appelait Ricardo. La quarantaine bien tassée, cheveux noirs légèrement grisonnants aux tempes, barbe courte parfaitement taillée, regard sombre et précis. Il portait un pantalon noir simple et une chemise blanche aux manches relevées. Ses mains étaient longues, les doigts fins, les ongles propres. Il serra la main de Claire, puis celle de Thomas, avec une politesse calme.
— Merci d’être venus, dit-il d’une voix posée. On va prendre le temps. Il n’y a pas de précipitation.
Il montra la pièce d’un geste large. Un grand fond blanc d’un côté, un fauteuil ancien de l’autre, un lit bas recouvert d’un drap de lin, des projecteurs encore éteints, un réflecteur. Sur une table, des flacons de crème, des pinceaux, des lingettes.
Claire retira sa robe dans la petite cabine prévue à cet effet. Elle n’avait rien en dessous, comme convenu. Quand elle ressortit, un peignoir de coton blanc noué à la taille, elle sentit immédiatement le regard de Ricardo se poser sur elle, puis celui de Thomas. Une chaleur lui monta aux joues. Elle n’avait jamais posé nue devant un inconnu. Même si c’était « artistique », même si son mari était là, la gêne était réelle.
Ricardo s’approcha.
— On va commencer debout, près de la fenêtre. La lumière est belle en ce moment.
Il lui indiqua l’endroit exact. Claire se plaça. Le peignoir était encore noué. Ricardo ne lui demanda pas de l’enlever tout de suite. Il ajusta d’abord un projecteur, puis un autre. Il parlait peu. Quand il parlait, c’était pour indiquer une position.
— Tourne un peu les épaules vers moi. Oui. Comme ça. Laisse tomber les bras.
Il s’approcha et, sans prévenir, posa deux doigts sous son menton pour relever légèrement sa tête. Le contact fut bref, professionnel. Claire sursauta intérieurement. Elle croisa le regard de Thomas. Il souriait à peine, un sourire discret, encourageant.
Ricardo recula, regarda à travers le viseur de son appareil, prit quelques clichés. Puis il s’approcha à nouveau.
— Le peignoir. Tu peux l’ouvrir.
Claire hésita une seconde. Ses doigts trouvèrent le nœud. Elle le dénoua. Le tissu glissa le long de ses bras et tomba au sol. Elle était nue maintenant, debout dans la lumière dorée, face à deux hommes. L’air de la pièce toucha sa peau. Ses mamelons se durcirent immédiatement. Elle croisa un instant les bras sur sa poitrine, puis les laissa retomber. Thomas ne disait rien. Il regardait.
Ricardo ne réagit pas non plus. Il continua à travailler. Il lui demanda de tourner, de s’appuyer contre le montant de la fenêtre, de lever un bras au-dessus de sa tête. Chaque fois, il s’approchait pour corriger. Une main sur son épaule pour l’orienter. Deux doigts sur sa hanche pour la faire pivoter. Le contact durait une seconde de plus que nécessaire, mais restait encore dans les limites.
Après une vingtaine de minutes, il s’arrêta.
— La peau. Elle absorbe trop la lumière par endroits. Je vais passer un peu de crème. Ça va faire briller juste ce qu’il faut.
Il prit un flacon sur la table, en versa une noisette dans le creux de sa main, et s’approcha. Claire resta immobile. Les mains de Ricardo se posèrent d’abord sur ses épaules. Elles étaient chaudes, précises. Il étala la crème en gestes circulaires, descendant le long de ses bras, puis remontant vers sa clavicule. Il passa sur le haut de sa poitrine, évitant encore les seins, puis glissa vers son ventre. La crème était légère, légèrement parfumée. Claire sentit la chaleur de ses paumes pénétrer sa peau. Elle ferma les yeux une seconde.
Quand elle les rouvrit, Thomas la regardait fixement. Sa main droite était posée sur sa cuisse, les doigts légèrement crispés. Sous le tissu de son pantalon, un renflement était déjà visible. Il ne cherchait pas à le cacher.
Ricardo continua. Ses mains descendirent plus bas, sur les hanches, puis sur le haut des cuisses. Il s’agenouilla pour mieux travailler l’intérieur. Ses doigts remontèrent, s’arrêtèrent juste avant l’intimité, redescendirent. Claire respirait plus fort. Elle sentait une humidité commencer à se former entre ses jambes. C’était ridicule. C’était un professionnel. Rien d’autre.
— Tourne-toi, dit Ricardo d’une voix calme.
Elle obéit. Maintenant elle lui tournait le dos. Il passa de la crème sur ses omoplates, le long de sa colonne, jusqu’au bas de son dos. Puis plus bas encore, sur le haut de ses fesses. Ses paumes s’attardèrent. Elles écartèrent légèrement les deux globes, non pas pour toucher, mais pour étaler le produit. Claire serra les dents. Un petit son lui échappa, involontaire. Elle rougit.
Thomas, sur le canapé, avait légèrement changé de position. Sa main caresse maintenant le renflement à travers le tissu, lentement, presque distraitement. Ses yeux ne quittaient pas les mains de Ricardo.
Le photographe se releva.
— On va passer au fauteuil maintenant.
Il guida Claire jusqu’à l’ancien fauteuil de velours. Elle s’assit. Il lui demanda d’écarter un peu les genoux, de poser un bras sur l’accoudoir, de pencher la tête. Puis il s’approcha à nouveau avec la crème. Cette fois, il en mit sur l’intérieur de ses cuisses. Ses doigts remontèrent très haut. Claire sentit la chaleur de sa paume irradier contre son sexe déjà humide. Elle ne bougea pas. Elle n’osa pas.
Ricardo s’arrêta un instant, les mains encore posées sur ses cuisses. Il la regarda. Son regard était intense, mais toujours calme. Puis il se tourna légèrement vers Thomas.
— Ça va pour vous ?
Thomas répondit d’une voix un peu rauque :
— Oui. Continue.
Le mot tomba dans la pièce comme une permission. Claire sentit un frisson lui parcourir le dos entier. Ricardo reprit son travail. Ses doigts glissaient maintenant dans un mouvement qui n’était plus tout à fait celui d’un photographe préparant une peau pour la lumière. Ils s’attardaient, appuyaient juste à la limite, puis redescendaient en emportant un peu plus de crème à chaque fois.
Claire ferma les yeux. Elle essayait de se concentrer sur la sensation purement technique. Sur la lumière. Sur les clichés. Mais son corps trahissait. Ses hanches bougeaient légèrement, par petits mouvements involontaires. Entre ses cuisses, la chaleur était devenue insistante.
Ricardo se releva, reprit son appareil, et continua à photographier. Mais ses yeux revenaient sans cesse sur le corps de Claire, sur l’endroit où la crème brillait entre ses cuisses ouvertes. Thomas, lui, ne détachait plus son regard. Sa main bougeait plus franchement maintenant sous le tissu.
La lumière de fin d’après-midi avait encore un peu baissé. Elle dessinait des ombres plus longues sur la peau luisante de Claire, sur les mains précises de Ricardo, sur le visage attentif de Thomas.
Personne ne parlait plus.
**********
La lumière avait continué de baisser. Les bandes dorées qui traversaient le studio s’étaient affinées, devenant plus chaudes, plus basses, dessinant sur le plancher de longues traînées orange qui montaient lentement le long des murs. Dehors, les toits de l’Alfama prenaient des teintes plus profondes. On entendait au loin le bruit d’un tramway et, plus près, le cri d’une mouette qui passait au-dessus du Tage.
Claire était toujours assise dans le fauteuil de velours. Ses cuisses étaient légèrement écartées. La crème que Ricardo avait étalée brillait encore sur sa peau, particulièrement sur l’intérieur de ses cuisses, là où ses doigts s’étaient attardés. Elle sentait le produit tiède, presque vivant. Entre ses jambes, l’humidité n’avait fait que s’intensifier. Elle n’osait plus croiser les jambes. Elle n’osait plus non plus regarder Thomas trop longtemps. Chaque fois que leurs regards se croisaient, elle voyait dans les yeux de son mari quelque chose qu’elle connaissait bien : du désir, oui, mais aussi une forme de fierté trouble, comme s’il savait exactement ce qui était en train de se passer dans son corps et qu’il s’en réjouissait.
Ricardo avait changé d’objectif. Il s’approcha à nouveau, l’appareil à la main, et s’agenouilla devant elle pour prendre un cliché en contre-plongée. Claire sentit son souffle tout près de son ventre. Il ne touchait pas encore. Mais la proximité était déjà une forme de contact. Il prit trois, quatre photos, puis se releva et posa l’appareil sur la table.
— On va essayer autre chose, dit-il d’une voix toujours aussi calme. Allonge-toi sur le lit.
Le lit bas était placé près de la deuxième fenêtre. Un drap de lin blanc, légèrement froissé, le recouvrait. Claire se leva. Ses jambes tremblaient un peu. Elle traversa la pièce nue, consciente de chaque pas, consciente que les deux hommes la suivaient des yeux. Elle s’allongea sur le dos. Le drap était frais contre sa peau. Elle posa les bras le long du corps, puis, ne sachant que faire de ses mains, les posa sur son ventre.
Ricardo s’approcha avec le flacon de crème.
— La lumière est différente ici. Il faut unifier.
Il en versa une nouvelle noisette dans sa paume et recommença. Cette fois, il commença par les seins. Ses mains enveloppèrent la chair lourde, étalèrent le produit en gestes circulaires lents, remontant vers les mamelons. Quand ses pouces passèrent sur les pointes déjà dures, Claire ne put retenir un petit soupir. Ricardo ne réagit pas. Il continua, descendant vers le ventre, appuyant un peu plus fort, comme s’il massait réellement. Ses doigts glissèrent sur les hanches, puis sur le haut des cuisses. Claire sentit ses genoux s’écarter d’eux-mêmes. Elle essaya de les refermer. Ricardo posa simplement une main à l’intérieur de sa cuisse gauche et la maintint ouverte, sans force, juste assez pour que le message soit clair.
— Reste comme ça, dit-il doucement. C’est mieux pour la lumière.
Thomas, depuis le canapé, avait cessé de se cacher. Sa main était maintenant ouvertement posée sur le renflement de son pantalon. Il caressait lentement, les yeux rivés sur les mains de Ricardo. Claire le vit. Une vague de chaleur lui monta au visage, puis redescendit d’un coup jusqu’entre ses jambes. Elle était trempée. Elle le savait. Et elle savait que les deux hommes le savaient aussi.
Ricardo se releva, reprit son appareil, et recommença à photographier. Il lui demandait de tourner la tête, de lever un bras, de cambrer légèrement le dos. Chaque fois, il s’approchait pour corriger. Une main sous son genou pour relever la jambe. Deux doigts sur son menton. Une paume à plat sur son ventre pour lui faire expirer. Les contacts duraient de plus en plus longtemps. Claire n’essayait même plus de faire semblant que c’était encore purement professionnel. Son corps répondait. Ses hanches bougeaient par petits mouvements involontaires. Sa respiration était devenue audible.
Après une série de clichés, Ricardo posa à nouveau l’appareil.
— Tourne-toi sur le côté. Face à la fenêtre.
Claire obéit. Elle se retrouva allongée sur le flanc, une jambe légèrement repliée. Ricardo s’agenouilla derrière elle. Elle sentit d’abord la chaleur de son corps, puis ses mains qui reprenaient de la crème. Il l’étala sur son dos, le long de sa colonne, jusqu’au creux des reins. Ses paumes glissèrent sur ses hanches, puis remontèrent le long de ses côtes. Il se pencha et posa ses lèvres dans le creux de sa nuque, puis le long de son épaule. Des baisers lents, chauds, qui firent frissonner Claire jusqu’au bas du dos. Thomas se leva du canapé, s’approcha du lit et s’assit près de la tête de sa femme. Il lui caressa les cheveux.
— Tu es magnifique, murmura-t-il. Laisse-toi faire. Je suis là.
Ricardo, derrière elle, fit glisser une main plus bas. Ses doigts contournèrent sa hanche, remontèrent à l’intérieur de sa cuisse, et trouvèrent son sexe. Claire poussa un gémissement plus franc. Deux doigts s’enfoncèrent en elle, lentement, profondément. Il la pénétra avec une précision attentive, cherchant, trouvant, appuyant. Claire cambrá le dos. Thomas prit sa main et la serra. Il se pencha et l’embrassa pendant que les doigts de Ricardo continuaient leur travail à l’intérieur d’elle.
Quand Ricardo retira ses doigts, Claire se sentit vide. Elle se retourna sur le dos, les cuisses ouvertes, le regard embué. Ricardo était à genoux entre ses jambes. Il avait ouvert son pantalon. Son sexe était sorti, dur, épais, le gland déjà luisant. Il la regarda, attendant. Claire tourna la tête vers Thomas. Son mari hocha la tête, très lentement.
— Oui, dit-il simplement.
Ricardo s’avança. Il frotta d’abord le gland contre l’entrée trempée de Claire, de haut en bas, plusieurs fois, s’enduisant de son humidité. Puis il poussa. Lentement. Centimètre par centimètre. Claire archa le dos. La sensation était différente de celle de Thomas. Plus épaisse, plus insistante. Ricardo s’enfonça jusqu’à la garde et s’immobilisa, laissant Claire s’habituer. Thomas, lui, avait ouvert son pantalon. Son propre sexe était sorti. Il le caressait lentement en regardant l’autre homme pénétrer sa femme.
Ricardo recommença à bouger. Des mouvements amples, profonds, presque lents au début. Chaque fois qu’il s’enfonçait, Claire gémissait. Thomas se pencha et lui offrit son sexe. Elle ouvrit la bouche et le prit, avidement. Elle les avait maintenant tous les deux. L’un dans sa bouche, l’autre en elle. Les deux rythmes se répondaient. Ricardo accéléra un peu. Thomas caressait ses cheveux.
Ils changèrent de position sans un mot. Claire se retrouva à quatre pattes au bord du lit. Ricardo la prit par-derrière, les mains sur ses hanches. Thomas s’agenouilla devant elle. Elle reprit son sexe dans sa bouche. Les coups de rein de Ricardo la poussaient en avant, l’obligeant à avaler plus profond. Elle bavait. Ses seins balançaient. Elle jouit une première fois comme ça, le corps secoué, un long cri étouffé autour du sexe de son mari.
Ricardo ne s’arrêta pas. Il continua, plus fort maintenant, plus profond. Claire sentait chaque centimètre. Elle était trempée, ouverte, offerte. Thomas se retira de sa bouche et s’allongea sur le lit. Claire comprit. Elle se positionna au-dessus de lui et le fit entrer en elle. Puis elle se pencha en avant. Ricardo, derrière, s’approcha à nouveau. Elle sentit le gland presser contre l’endroit déjà occupé. Une pression, un étirement, puis il entra. Lentement. Très lentement. Claire retint son souffle. Elle était pleine. Complètement pleine. Les deux sexes côte à côte à l’intérieur d’elle.
Ils commencèrent à bouger. D’abord avec une lenteur extrême, se relayant. Puis le rythme s’intensifia. Claire n’avait plus de mots. Seulement des gémissements de plus en plus aigus. Elle s’accrochait aux épaules de Thomas. Ricardo tenait ses hanches. Les deux hommes la possédaient ensemble, profondément, sans précipitation mais avec une intensité croissante.
Claire jouit une deuxième fois, plus violent, plus long. Son corps se contracta autour des deux sexes. Thomas la suivit presque immédiatement, se déversant en elle. Ricardo continua encore quelques coups, plus durs, puis se retira et jouit sur le bas de son dos, le sperme chaud coulant le long de sa raie.
Ils restèrent immobiles un long moment. Les respirations se calmaient peu à peu. Dehors, la lumière avait presque disparu. Lisbonne s’allumait, fenêtre après fenêtre. À l’intérieur du studio, personne ne parlait. Ricardo passa une main lente le long du dos de Claire. Thomas lui caressait les cheveux. Claire, le visage contre la poitrine de son mari, ferma les yeux.
La crème brillait encore par endroits sur sa peau. L’appareil photo était resté sur la table, oublié. Plus personne ne pensait aux clichés.
**********
Un silence plus long s’était installé dans le studio. La lumière du jour avait presque disparu. Lisbonne s’allumait en contrebas, des centaines de fenêtres jaunes et oranges qui scintillaient entre les toits. À l’intérieur, la seule clarté venait encore des grands carreaux et d’une lampe basse que Ricardo avait allumée près de la table. Claire était allongée sur le lit, le souffle encore court, le corps marqué par ce qui venait de se passer. Thomas était à côté d’elle, une main posée sur son ventre. Ricardo s’était relevé, avait rajusté son pantalon sans le fermer complètement, et regardait la pièce comme s’il cherchait quelque chose.
Il se tourna vers eux.
— On n’a pas fini les photos, dit-il d’une voix calme, presque neutre. Maintenant que tu es… détendue. Je veux d’autres clichés. Plus vrais.
Claire releva les yeux. Une nouvelle vague de gêne lui traversa la poitrine, mais elle était différente de celle du début. Plus chaude. Plus trouble. Thomas lui caressa la hanche.
— Tu veux ? demanda-t-il tout bas.
Elle hocha la tête. Lentement.
Ricardo reprit son appareil. Il changea d’objectif, ajusta un réflecteur, puis s’approcha du lit.
— Mets-toi à genoux. Au bord. Face à moi.
Claire obéit. Elle se plaça à genoux sur le matelas, les cuisses légèrement écartées, les mains posées sur ses genoux. Sa peau brillait encore par endroits de la crème et de la sueur. Entre ses cuisses, on voyait clairement l’humidité, les traces de ce qui s’était passé. Ricardo s’agenouilla pour être à sa hauteur et commença à photographier. Le déclenchement de l’appareil résonnait dans le silence, sec et régulier.
— Écarte un peu plus les genoux. Oui. Regarde-moi.
Claire écarta les genoux. L’air de la pièce toucha son sexe encore sensible. Elle sentit le regard de Ricardo, puis celui de Thomas qui s’était assis en face, sur le fauteuil, et qui la regardait sans ciller. Ricardo prit plusieurs clichés, puis posa l’appareil un instant.
— Allonge-toi sur le dos. Les jambes ouvertes. Plus que ça.
Elle s’allongea. Ricardo s’approcha et, de ses deux mains, écarta davantage ses cuisses. Ses doigts restèrent un moment sur la peau intérieure, appuyant légèrement. Puis il reprit l’appareil et se plaça entre ses jambes. Les photos étaient maintenant frontales, impudiques, sans détour. Claire sentait son visage brûler, mais elle ne fermait plus les jambes. Elle regardait l’objectif, puis Thomas, puis à nouveau l’objectif.
— Tourne-toi. À quatre pattes. Le visage vers la fenêtre.
Claire se mit à quatre pattes. Ricardo s’approcha derrière elle. Elle sentit ses mains sur ses hanches, qui les ajustaient, puis qui glissaient sur ses fesses pour les écarter légèrement, juste assez pour que la lumière et l’objectif voient tout. Il prit une série de clichés. Le bruit de l’appareil était devenu presque obscène. Claire gémissait tout bas à chaque fois que les doigts de Ricardo s’attardaient.
Thomas se leva, s’approcha et s’agenouilla devant elle. Il lui caressa le visage, puis sortit à nouveau son sexe et le posa contre ses lèvres. Claire l’ouvrit la bouche et le prit. Ricardo continua de photographier pendant qu’elle suçait son mari. Les clichés capturaient sa bouche ouverte, ses seins qui pendaient, son sexe encore brillant entre ses cuisses écartées.
Après de longues minutes, Ricardo posa enfin l’appareil sur la table. Il ne le reprit plus. Il s’approcha du lit, se déshabilla complètement cette fois, et monta derrière Claire. Elle le sentit s’installer. Thomas resta devant elle. Ricardo entra en elle d’un seul mouvement profond. Claire poussa un cri autour du sexe de son mari. Les deux hommes la prirent ainsi un moment, l’un dans sa bouche, l’autre en elle, dans un rythme de plus en plus soutenu.
Puis Thomas se retira et s’allongea sur le dos. Claire le comprit sans qu’il ait besoin de parler. Elle se positionna au-dessus de lui et le fit glisser en elle. Elle s’appuya sur ses épaules, le front contre le sien. Ricardo, derrière, s’approcha. Elle sentit ses mains sur ses hanches, puis le gland chaud qui pressait contre l’entrée déjà occupée. Il poussa. Lentement. Très lentement. Claire retint son souffle. L’étirement fut intense, presque trop. Puis le muscle céda. Ricardo s’enfonça, centimètre après centimètre, jusqu’à être entièrement en elle.
Elle était pleine. Les deux sexes côte à côte, la remplissant complètement. Thomas lui caressait le visage. Ricardo restait immobile un instant, lui laissant le temps d’accepter la double présence. Puis ils commencèrent à bouger. D’abord avec une lenteur extrême, se relayant, l’un avançant quand l’autre se retirait presque. Claire gémissait sans interruption, le visage enfoui dans le cou de Thomas. Chaque mouvement lui arrachait un son plus aigu.
Le rythme s’intensifia. Ricardo tenait fermement ses hanches. Thomas la regardait dans les yeux. Les deux hommes la prenaient ensemble, profondément, avec une force croissante. Claire jouit une première fois, longuement, le corps secoué de spasmes qui se resserraient autour des deux sexes. Thomas la suivit de près, se déversant en elle. Ricardo continua, plus dur, plus profond, ses coups de rein devenant plus amples. Claire sentit un deuxième orgasme monter, plus violent. Elle cria. Ricardo s’enfonça une dernière fois et jouit à son tour, le corps tendu, un long gémissement rauque sortant de sa gorge.
Ils restèrent unis encore de longues minutes, les respirations entremêlées. Dehors, Lisbonne était maintenant entièrement allumée. À l’intérieur du studio, la crème, la sueur et le sperme brillaient sur la peau de Claire. Ricardo se retira le premier, avec lenteur. Thomas resta encore un moment en elle. Claire, épuisée, le visage contre la poitrine de son mari, ferma les yeux.
Personne ne parla pendant un long moment. Ricardo finit par se lever, ramassa une serviette et la passa doucement sur le dos de Claire. Thomas lui caressait les cheveux. L’appareil photo restait sur la table, oublié. Les photos étaient prises. Le reste n’avait plus besoin d’objectif.
La nuit, autour du studio, continuait de s’approfondir.






