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Nue devant l’objectif

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Le stu­dio occu­pait le der­nier étage d’un immeuble ancien dans le quar­tier de l’Alfama. De grandes fenêtres don­naient sur les toits de Lisbonne, sur les antennes de télé­vi­sion, sur les filés de linge qui séchaient au vent, et plus loin sur le Tage qui brillait sous le soleil de fin d’après-midi. La lumière entrait en larges bandes dorées, tra­ver­sait la pièce, et venait mou­rir sur le plan­cher de bois clair. L’air sen­tait légè­re­ment la pous­sière chaude, le café et quelque chose de plus sub­til, peut-être de l’huile de lin ou du fixa­tif.

Claire était arri­vée la pre­mière. Elle avait qua­rante-deux ans, le corps encore ferme, les seins lourds, le ventre légè­re­ment arron­di, les hanches mar­quées. Elle por­tait une robe simple, légère, et tenait son sac contre elle comme un bou­clier. Thomas, son mari, l’avait rejointe quelques minutes plus tard. Il s’était assis sur le vieux cana­pé de cuir près de la fenêtre, sans un mot, et avait croi­sé les jambes. Il regar­dait déjà.

Le pho­to­graphe s’appelait Ricardo. La qua­ran­taine bien tas­sée, che­veux noirs légè­re­ment gri­son­nants aux tempes, barbe courte par­fai­te­ment taillée, regard sombre et pré­cis. Il por­tait un pan­ta­lon noir simple et une che­mise blanche aux manches rele­vées. Ses mains étaient longues, les doigts fins, les ongles propres. Il ser­ra la main de Claire, puis celle de Thomas, avec une poli­tesse calme.

— Merci d’être venus, dit-il d’une voix posée. On va prendre le temps. Il n’y a pas de pré­ci­pi­ta­tion.

Il mon­tra la pièce d’un geste large. Un grand fond blanc d’un côté, un fau­teuil ancien de l’autre, un lit bas recou­vert d’un drap de lin, des pro­jec­teurs encore éteints, un réflec­teur. Sur une table, des fla­cons de crème, des pin­ceaux, des lin­gettes.

Claire reti­ra sa robe dans la petite cabine pré­vue à cet effet. Elle n’avait rien en des­sous, comme conve­nu. Quand elle res­sor­tit, un pei­gnoir de coton blanc noué à la taille, elle sen­tit immé­dia­te­ment le regard de Ricardo se poser sur elle, puis celui de Thomas. Une cha­leur lui mon­ta aux joues. Elle n’avait jamais posé nue devant un incon­nu. Même si c’était « artis­tique », même si son mari était là, la gêne était réelle.

Ricardo s’approcha.

— On va com­men­cer debout, près de la fenêtre. La lumière est belle en ce moment.

Il lui indi­qua l’endroit exact. Claire se pla­ça. Le pei­gnoir était encore noué. Ricardo ne lui deman­da pas de l’enlever tout de suite. Il ajus­ta d’abord un pro­jec­teur, puis un autre. Il par­lait peu. Quand il par­lait, c’était pour indi­quer une posi­tion.

— Tourne un peu les épaules vers moi. Oui. Comme ça. Laisse tom­ber les bras.

Il s’approcha et, sans pré­ve­nir, posa deux doigts sous son men­ton pour rele­ver légè­re­ment sa tête. Le contact fut bref, pro­fes­sion­nel. Claire sur­sau­ta inté­rieu­re­ment. Elle croi­sa le regard de Thomas. Il sou­riait à peine, un sou­rire dis­cret, encou­ra­geant.

Ricardo recu­la, regar­da à tra­vers le viseur de son appa­reil, prit quelques cli­chés. Puis il s’approcha à nou­veau.

— Le pei­gnoir. Tu peux l’ouvrir.

Claire hési­ta une seconde. Ses doigts trou­vèrent le nœud. Elle le dénoua. Le tis­su glis­sa le long de ses bras et tom­ba au sol. Elle était nue main­te­nant, debout dans la lumière dorée, face à deux hommes. L’air de la pièce tou­cha sa peau. Ses mame­lons se dur­cirent immé­dia­te­ment. Elle croi­sa un ins­tant les bras sur sa poi­trine, puis les lais­sa retom­ber. Thomas ne disait rien. Il regar­dait.

Ricardo ne réagit pas non plus. Il conti­nua à tra­vailler. Il lui deman­da de tour­ner, de s’appuyer contre le mon­tant de la fenêtre, de lever un bras au-des­sus de sa tête. Chaque fois, il s’approchait pour cor­ri­ger. Une main sur son épaule pour l’orienter. Deux doigts sur sa hanche pour la faire pivo­ter. Le contact durait une seconde de plus que néces­saire, mais res­tait encore dans les limites.

Après une ving­taine de minutes, il s’arrêta.

— La peau. Elle absorbe trop la lumière par endroits. Je vais pas­ser un peu de crème. Ça va faire briller juste ce qu’il faut.

Il prit un fla­con sur la table, en ver­sa une noi­sette dans le creux de sa main, et s’approcha. Claire res­ta immo­bile. Les mains de Ricardo se posèrent d’abord sur ses épaules. Elles étaient chaudes, pré­cises. Il éta­la la crème en gestes cir­cu­laires, des­cen­dant le long de ses bras, puis remon­tant vers sa cla­vi­cule. Il pas­sa sur le haut de sa poi­trine, évi­tant encore les seins, puis glis­sa vers son ventre. La crème était légère, légè­re­ment par­fu­mée. Claire sen­tit la cha­leur de ses paumes péné­trer sa peau. Elle fer­ma les yeux une seconde.

Quand elle les rou­vrit, Thomas la regar­dait fixe­ment. Sa main droite était posée sur sa cuisse, les doigts légè­re­ment cris­pés. Sous le tis­su de son pan­ta­lon, un ren­fle­ment était déjà visible. Il ne cher­chait pas à le cacher.

Ricardo conti­nua. Ses mains des­cen­dirent plus bas, sur les hanches, puis sur le haut des cuisses. Il s’agenouilla pour mieux tra­vailler l’intérieur. Ses doigts remon­tèrent, s’arrêtèrent juste avant l’intimité, redes­cen­dirent. Claire res­pi­rait plus fort. Elle sen­tait une humi­di­té com­men­cer à se for­mer entre ses jambes. C’était ridi­cule. C’était un pro­fes­sion­nel. Rien d’autre.

— Tourne-toi, dit Ricardo d’une voix calme.

Elle obéit. Maintenant elle lui tour­nait le dos. Il pas­sa de la crème sur ses omo­plates, le long de sa colonne, jusqu’au bas de son dos. Puis plus bas encore, sur le haut de ses fesses. Ses paumes s’attardèrent. Elles écar­tèrent légè­re­ment les deux globes, non pas pour tou­cher, mais pour éta­ler le pro­duit. Claire ser­ra les dents. Un petit son lui échap­pa, invo­lon­taire. Elle rou­git.

Thomas, sur le cana­pé, avait légè­re­ment chan­gé de posi­tion. Sa main caresse main­te­nant le ren­fle­ment à tra­vers le tis­su, len­te­ment, presque dis­trai­te­ment. Ses yeux ne quit­taient pas les mains de Ricardo.

Le pho­to­graphe se rele­va.

— On va pas­ser au fau­teuil main­te­nant.

Il gui­da Claire jusqu’à l’ancien fau­teuil de velours. Elle s’assit. Il lui deman­da d’écarter un peu les genoux, de poser un bras sur l’accoudoir, de pen­cher la tête. Puis il s’approcha à nou­veau avec la crème. Cette fois, il en mit sur l’intérieur de ses cuisses. Ses doigts remon­tèrent très haut. Claire sen­tit la cha­leur de sa paume irra­dier contre son sexe déjà humide. Elle ne bou­gea pas. Elle n’osa pas.

Ricardo s’arrêta un ins­tant, les mains encore posées sur ses cuisses. Il la regar­da. Son regard était intense, mais tou­jours calme. Puis il se tour­na légè­re­ment vers Thomas.

— Ça va pour vous ?

Thomas répon­dit d’une voix un peu rauque :

— Oui. Continue.

Le mot tom­ba dans la pièce comme une per­mis­sion. Claire sen­tit un fris­son lui par­cou­rir le dos entier. Ricardo reprit son tra­vail. Ses doigts glis­saient main­te­nant dans un mou­ve­ment qui n’était plus tout à fait celui d’un pho­to­graphe pré­pa­rant une peau pour la lumière. Ils s’attardaient, appuyaient juste à la limite, puis redes­cen­daient en empor­tant un peu plus de crème à chaque fois.

Claire fer­ma les yeux. Elle essayait de se concen­trer sur la sen­sa­tion pure­ment tech­nique. Sur la lumière. Sur les cli­chés. Mais son corps tra­his­sait. Ses hanches bou­geaient légè­re­ment, par petits mou­ve­ments invo­lon­taires. Entre ses cuisses, la cha­leur était deve­nue insis­tante.

Ricardo se rele­va, reprit son appa­reil, et conti­nua à pho­to­gra­phier. Mais ses yeux reve­naient sans cesse sur le corps de Claire, sur l’endroit où la crème brillait entre ses cuisses ouvertes. Thomas, lui, ne déta­chait plus son regard. Sa main bou­geait plus fran­che­ment main­te­nant sous le tis­su.

La lumière de fin d’après-midi avait encore un peu bais­sé. Elle des­si­nait des ombres plus longues sur la peau lui­sante de Claire, sur les mains pré­cises de Ricardo, sur le visage atten­tif de Thomas.

Personne ne par­lait plus.

**********

La lumière avait conti­nué de bais­ser. Les bandes dorées qui tra­ver­saient le stu­dio s’étaient affi­nées, deve­nant plus chaudes, plus basses, des­si­nant sur le plan­cher de longues traî­nées orange qui mon­taient len­te­ment le long des murs. Dehors, les toits de l’Alfama pre­naient des teintes plus pro­fondes. On enten­dait au loin le bruit d’un tram­way et, plus près, le cri d’une mouette qui pas­sait au-des­sus du Tage.

Claire était tou­jours assise dans le fau­teuil de velours. Ses cuisses étaient légè­re­ment écar­tées. La crème que Ricardo avait éta­lée brillait encore sur sa peau, par­ti­cu­liè­re­ment sur l’intérieur de ses cuisses, là où ses doigts s’étaient attar­dés. Elle sen­tait le pro­duit tiède, presque vivant. Entre ses jambes, l’humidité n’avait fait que s’intensifier. Elle n’osait plus croi­ser les jambes. Elle n’osait plus non plus regar­der Thomas trop long­temps. Chaque fois que leurs regards se croi­saient, elle voyait dans les yeux de son mari quelque chose qu’elle connais­sait bien : du désir, oui, mais aus­si une forme de fier­té trouble, comme s’il savait exac­te­ment ce qui était en train de se pas­ser dans son corps et qu’il s’en réjouis­sait.

Ricardo avait chan­gé d’objectif. Il s’approcha à nou­veau, l’appareil à la main, et s’agenouilla devant elle pour prendre un cli­ché en contre-plon­gée. Claire sen­tit son souffle tout près de son ventre. Il ne tou­chait pas encore. Mais la proxi­mi­té était déjà une forme de contact. Il prit trois, quatre pho­tos, puis se rele­va et posa l’appareil sur la table.

— On va essayer autre chose, dit-il d’une voix tou­jours aus­si calme. Allonge-toi sur le lit.

Le lit bas était pla­cé près de la deuxième fenêtre. Un drap de lin blanc, légè­re­ment frois­sé, le recou­vrait. Claire se leva. Ses jambes trem­blaient un peu. Elle tra­ver­sa la pièce nue, consciente de chaque pas, consciente que les deux hommes la sui­vaient des yeux. Elle s’allongea sur le dos. Le drap était frais contre sa peau. Elle posa les bras le long du corps, puis, ne sachant que faire de ses mains, les posa sur son ventre.

Ricardo s’approcha avec le fla­con de crème.

— La lumière est dif­fé­rente ici. Il faut uni­fier.

Il en ver­sa une nou­velle noi­sette dans sa paume et recom­men­ça. Cette fois, il com­men­ça par les seins. Ses mains enve­lop­pèrent la chair lourde, éta­lèrent le pro­duit en gestes cir­cu­laires lents, remon­tant vers les mame­lons. Quand ses pouces pas­sèrent sur les pointes déjà dures, Claire ne put rete­nir un petit sou­pir. Ricardo ne réagit pas. Il conti­nua, des­cen­dant vers le ventre, appuyant un peu plus fort, comme s’il mas­sait réel­le­ment. Ses doigts glis­sèrent sur les hanches, puis sur le haut des cuisses. Claire sen­tit ses genoux s’écarter d’eux-mêmes. Elle essaya de les refer­mer. Ricardo posa sim­ple­ment une main à l’intérieur de sa cuisse gauche et la main­tint ouverte, sans force, juste assez pour que le mes­sage soit clair.

— Reste comme ça, dit-il dou­ce­ment. C’est mieux pour la lumière.

Thomas, depuis le cana­pé, avait ces­sé de se cacher. Sa main était main­te­nant ouver­te­ment posée sur le ren­fle­ment de son pan­ta­lon. Il cares­sait len­te­ment, les yeux rivés sur les mains de Ricardo. Claire le vit. Une vague de cha­leur lui mon­ta au visage, puis redes­cen­dit d’un coup jusqu’entre ses jambes. Elle était trem­pée. Elle le savait. Et elle savait que les deux hommes le savaient aus­si.

Ricardo se rele­va, reprit son appa­reil, et recom­men­ça à pho­to­gra­phier. Il lui deman­dait de tour­ner la tête, de lever un bras, de cam­brer légè­re­ment le dos. Chaque fois, il s’approchait pour cor­ri­ger. Une main sous son genou pour rele­ver la jambe. Deux doigts sur son men­ton. Une paume à plat sur son ventre pour lui faire expi­rer. Les contacts duraient de plus en plus long­temps. Claire n’essayait même plus de faire sem­blant que c’était encore pure­ment pro­fes­sion­nel. Son corps répon­dait. Ses hanches bou­geaient par petits mou­ve­ments invo­lon­taires. Sa res­pi­ra­tion était deve­nue audible.

Après une série de cli­chés, Ricardo posa à nou­veau l’appareil.

— Tourne-toi sur le côté. Face à la fenêtre.

Claire obéit. Elle se retrou­va allon­gée sur le flanc, une jambe légè­re­ment repliée. Ricardo s’agenouilla der­rière elle. Elle sen­tit d’abord la cha­leur de son corps, puis ses mains qui repre­naient de la crème. Il l’étala sur son dos, le long de sa colonne, jusqu’au creux des reins. Ses paumes glis­sèrent sur ses hanches, puis remon­tèrent le long de ses côtes. Il se pen­cha et posa ses lèvres dans le creux de sa nuque, puis le long de son épaule. Des bai­sers lents, chauds, qui firent fris­son­ner Claire jusqu’au bas du dos. Thomas se leva du cana­pé, s’approcha du lit et s’assit près de la tête de sa femme. Il lui cares­sa les che­veux.

— Tu es magni­fique, mur­mu­ra-t-il. Laisse-toi faire. Je suis là.

Ricardo, der­rière elle, fit glis­ser une main plus bas. Ses doigts contour­nèrent sa hanche, remon­tèrent à l’intérieur de sa cuisse, et trou­vèrent son sexe. Claire pous­sa un gémis­se­ment plus franc. Deux doigts s’enfoncèrent en elle, len­te­ment, pro­fon­dé­ment. Il la péné­tra avec une pré­ci­sion atten­tive, cher­chant, trou­vant, appuyant. Claire cam­brá le dos. Thomas prit sa main et la ser­ra. Il se pen­cha et l’embrassa pen­dant que les doigts de Ricardo conti­nuaient leur tra­vail à l’intérieur d’elle.

Quand Ricardo reti­ra ses doigts, Claire se sen­tit vide. Elle se retour­na sur le dos, les cuisses ouvertes, le regard embué. Ricardo était à genoux entre ses jambes. Il avait ouvert son pan­ta­lon. Son sexe était sor­ti, dur, épais, le gland déjà lui­sant. Il la regar­da, atten­dant. Claire tour­na la tête vers Thomas. Son mari hocha la tête, très len­te­ment.

— Oui, dit-il sim­ple­ment.

Ricardo s’avança. Il frot­ta d’abord le gland contre l’entrée trem­pée de Claire, de haut en bas, plu­sieurs fois, s’enduisant de son humi­di­té. Puis il pous­sa. Lentement. Centimètre par cen­ti­mètre. Claire archa le dos. La sen­sa­tion était dif­fé­rente de celle de Thomas. Plus épaisse, plus insis­tante. Ricardo s’enfonça jusqu’à la garde et s’immobilisa, lais­sant Claire s’habituer. Thomas, lui, avait ouvert son pan­ta­lon. Son propre sexe était sor­ti. Il le cares­sait len­te­ment en regar­dant l’autre homme péné­trer sa femme.

Ricardo recom­men­ça à bou­ger. Des mou­ve­ments amples, pro­fonds, presque lents au début. Chaque fois qu’il s’enfonçait, Claire gémis­sait. Thomas se pen­cha et lui offrit son sexe. Elle ouvrit la bouche et le prit, avi­de­ment. Elle les avait main­te­nant tous les deux. L’un dans sa bouche, l’autre en elle. Les deux rythmes se répon­daient. Ricardo accé­lé­ra un peu. Thomas cares­sait ses che­veux.

Ils chan­gèrent de posi­tion sans un mot. Claire se retrou­va à quatre pattes au bord du lit. Ricardo la prit par-der­rière, les mains sur ses hanches. Thomas s’agenouilla devant elle. Elle reprit son sexe dans sa bouche. Les coups de rein de Ricardo la pous­saient en avant, l’obligeant à ava­ler plus pro­fond. Elle bavait. Ses seins balan­çaient. Elle jouit une pre­mière fois comme ça, le corps secoué, un long cri étouf­fé autour du sexe de son mari.

Ricardo ne s’arrêta pas. Il conti­nua, plus fort main­te­nant, plus pro­fond. Claire sen­tait chaque cen­ti­mètre. Elle était trem­pée, ouverte, offerte. Thomas se reti­ra de sa bouche et s’allongea sur le lit. Claire com­prit. Elle se posi­tion­na au-des­sus de lui et le fit entrer en elle. Puis elle se pen­cha en avant. Ricardo, der­rière, s’approcha à nou­veau. Elle sen­tit le gland pres­ser contre l’endroit déjà occu­pé. Une pres­sion, un éti­re­ment, puis il entra. Lentement. Très len­te­ment. Claire retint son souffle. Elle était pleine. Complètement pleine. Les deux sexes côte à côte à l’intérieur d’elle.

Ils com­men­cèrent à bou­ger. D’abord avec une len­teur extrême, se relayant. Puis le rythme s’intensifia. Claire n’avait plus de mots. Seulement des gémis­se­ments de plus en plus aigus. Elle s’accrochait aux épaules de Thomas. Ricardo tenait ses hanches. Les deux hommes la pos­sé­daient ensemble, pro­fon­dé­ment, sans pré­ci­pi­ta­tion mais avec une inten­si­té crois­sante.

Claire jouit une deuxième fois, plus violent, plus long. Son corps se contrac­ta autour des deux sexes. Thomas la sui­vit presque immé­dia­te­ment, se déver­sant en elle. Ricardo conti­nua encore quelques coups, plus durs, puis se reti­ra et jouit sur le bas de son dos, le sperme chaud cou­lant le long de sa raie.

Ils res­tèrent immo­biles un long moment. Les res­pi­ra­tions se cal­maient peu à peu. Dehors, la lumière avait presque dis­pa­ru. Lisbonne s’allumait, fenêtre après fenêtre. À l’intérieur du stu­dio, per­sonne ne par­lait. Ricardo pas­sa une main lente le long du dos de Claire. Thomas lui cares­sait les che­veux. Claire, le visage contre la poi­trine de son mari, fer­ma les yeux.

La crème brillait encore par endroits sur sa peau. L’appareil pho­to était res­té sur la table, oublié. Plus per­sonne ne pen­sait aux cli­chés.

**********

Un silence plus long s’était ins­tal­lé dans le stu­dio. La lumière du jour avait presque dis­pa­ru. Lisbonne s’allumait en contre­bas, des cen­taines de fenêtres jaunes et oranges qui scin­tillaient entre les toits. À l’intérieur, la seule clar­té venait encore des grands car­reaux et d’une lampe basse que Ricardo avait allu­mée près de la table. Claire était allon­gée sur le lit, le souffle encore court, le corps mar­qué par ce qui venait de se pas­ser. Thomas était à côté d’elle, une main posée sur son ventre. Ricardo s’était rele­vé, avait rajus­té son pan­ta­lon sans le fer­mer com­plè­te­ment, et regar­dait la pièce comme s’il cher­chait quelque chose.

Il se tour­na vers eux.

— On n’a pas fini les pho­tos, dit-il d’une voix calme, presque neutre. Maintenant que tu es… déten­due. Je veux d’autres cli­chés. Plus vrais.

Claire rele­va les yeux. Une nou­velle vague de gêne lui tra­ver­sa la poi­trine, mais elle était dif­fé­rente de celle du début. Plus chaude. Plus trouble. Thomas lui cares­sa la hanche.

— Tu veux ? deman­da-t-il tout bas.

Elle hocha la tête. Lentement.

Ricardo reprit son appa­reil. Il chan­gea d’objectif, ajus­ta un réflec­teur, puis s’approcha du lit.

— Mets-toi à genoux. Au bord. Face à moi.

Claire obéit. Elle se pla­ça à genoux sur le mate­las, les cuisses légè­re­ment écar­tées, les mains posées sur ses genoux. Sa peau brillait encore par endroits de la crème et de la sueur. Entre ses cuisses, on voyait clai­re­ment l’humidité, les traces de ce qui s’était pas­sé. Ricardo s’agenouilla pour être à sa hau­teur et com­men­ça à pho­to­gra­phier. Le déclen­che­ment de l’appareil réson­nait dans le silence, sec et régu­lier.

— Écarte un peu plus les genoux. Oui. Regarde-moi.

Claire écar­ta les genoux. L’air de la pièce tou­cha son sexe encore sen­sible. Elle sen­tit le regard de Ricardo, puis celui de Thomas qui s’était assis en face, sur le fau­teuil, et qui la regar­dait sans cil­ler. Ricardo prit plu­sieurs cli­chés, puis posa l’appareil un ins­tant.

— Allonge-toi sur le dos. Les jambes ouvertes. Plus que ça.

Elle s’allongea. Ricardo s’approcha et, de ses deux mains, écar­ta davan­tage ses cuisses. Ses doigts res­tèrent un moment sur la peau inté­rieure, appuyant légè­re­ment. Puis il reprit l’appareil et se pla­ça entre ses jambes. Les pho­tos étaient main­te­nant fron­tales, impu­diques, sans détour. Claire sen­tait son visage brû­ler, mais elle ne fer­mait plus les jambes. Elle regar­dait l’objectif, puis Thomas, puis à nou­veau l’objectif.

— Tourne-toi. À quatre pattes. Le visage vers la fenêtre.

Claire se mit à quatre pattes. Ricardo s’approcha der­rière elle. Elle sen­tit ses mains sur ses hanches, qui les ajus­taient, puis qui glis­saient sur ses fesses pour les écar­ter légè­re­ment, juste assez pour que la lumière et l’objectif voient tout. Il prit une série de cli­chés. Le bruit de l’appareil était deve­nu presque obs­cène. Claire gémis­sait tout bas à chaque fois que les doigts de Ricardo s’attardaient.

Thomas se leva, s’approcha et s’agenouilla devant elle. Il lui cares­sa le visage, puis sor­tit à nou­veau son sexe et le posa contre ses lèvres. Claire l’ouvrit la bouche et le prit. Ricardo conti­nua de pho­to­gra­phier pen­dant qu’elle suçait son mari. Les cli­chés cap­tu­raient sa bouche ouverte, ses seins qui pen­daient, son sexe encore brillant entre ses cuisses écar­tées.

Après de longues minutes, Ricardo posa enfin l’appareil sur la table. Il ne le reprit plus. Il s’approcha du lit, se désha­billa com­plè­te­ment cette fois, et mon­ta der­rière Claire. Elle le sen­tit s’installer. Thomas res­ta devant elle. Ricardo entra en elle d’un seul mou­ve­ment pro­fond. Claire pous­sa un cri autour du sexe de son mari. Les deux hommes la prirent ain­si un moment, l’un dans sa bouche, l’autre en elle, dans un rythme de plus en plus sou­te­nu.

Puis Thomas se reti­ra et s’allongea sur le dos. Claire le com­prit sans qu’il ait besoin de par­ler. Elle se posi­tion­na au-des­sus de lui et le fit glis­ser en elle. Elle s’appuya sur ses épaules, le front contre le sien. Ricardo, der­rière, s’approcha. Elle sen­tit ses mains sur ses hanches, puis le gland chaud qui pres­sait contre l’entrée déjà occu­pée. Il pous­sa. Lentement. Très len­te­ment. Claire retint son souffle. L’étirement fut intense, presque trop. Puis le muscle céda. Ricardo s’enfonça, cen­ti­mètre après cen­ti­mètre, jusqu’à être entiè­re­ment en elle.

Elle était pleine. Les deux sexes côte à côte, la rem­plis­sant com­plè­te­ment. Thomas lui cares­sait le visage. Ricardo res­tait immo­bile un ins­tant, lui lais­sant le temps d’accepter la double pré­sence. Puis ils com­men­cèrent à bou­ger. D’abord avec une len­teur extrême, se relayant, l’un avan­çant quand l’autre se reti­rait presque. Claire gémis­sait sans inter­rup­tion, le visage enfoui dans le cou de Thomas. Chaque mou­ve­ment lui arra­chait un son plus aigu.

Le rythme s’intensifia. Ricardo tenait fer­me­ment ses hanches. Thomas la regar­dait dans les yeux. Les deux hommes la pre­naient ensemble, pro­fon­dé­ment, avec une force crois­sante. Claire jouit une pre­mière fois, lon­gue­ment, le corps secoué de spasmes qui se res­ser­raient autour des deux sexes. Thomas la sui­vit de près, se déver­sant en elle. Ricardo conti­nua, plus dur, plus pro­fond, ses coups de rein deve­nant plus amples. Claire sen­tit un deuxième orgasme mon­ter, plus violent. Elle cria. Ricardo s’enfonça une der­nière fois et jouit à son tour, le corps ten­du, un long gémis­se­ment rauque sor­tant de sa gorge.

Ils res­tèrent unis encore de longues minutes, les res­pi­ra­tions entre­mê­lées. Dehors, Lisbonne était main­te­nant entiè­re­ment allu­mée. À l’intérieur du stu­dio, la crème, la sueur et le sperme brillaient sur la peau de Claire. Ricardo se reti­ra le pre­mier, avec len­teur. Thomas res­ta encore un moment en elle. Claire, épui­sée, le visage contre la poi­trine de son mari, fer­ma les yeux.

Personne ne par­la pen­dant un long moment. Ricardo finit par se lever, ramas­sa une ser­viette et la pas­sa dou­ce­ment sur le dos de Claire. Thomas lui cares­sait les che­veux. L’appareil pho­to res­tait sur la table, oublié. Les pho­tos étaient prises. Le reste n’avait plus besoin d’objectif.

La nuit, autour du stu­dio, conti­nuait de s’approfondir.

Auteur.e de l'histoire : Himéros

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