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Panne obscure

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Chapitre 1 : Le départ

Il est un peu plus de dix-huit heures ce ven­dre­di de fin mai, et Paris res­pire enfin. La jour­née a été belle, une de ces pre­mières jour­nées où l’on sent que l’été pointe le bout de son nez : ciel clair, lumière dorée qui s’attarde sur les toits, et une cha­leur douce qui rend l’air presque cares­sant. J’ai ter­mi­né mon pro­jet un peu plus tôt que pré­vu – une cam­pagne pour une marque de cos­mé­tiques bio – et pour une fois, je n’ai pas traî­né au bureau. Je me sens légère, satis­faite. Le week-end s’ouvre devant moi comme une page blanche : demain matin, je dor­mi­rai tard, je pren­drai un long petit-déjeu­ner sur mon bal­con avec un livre, et peut-être que j’irai mar­cher le long de la Seine dimanche après-midi. Rien d’extraordinaire, mais c’est exac­te­ment ce dont j’ai besoin.

Je m’appelle Émilie, j’ai vingt-huit ans, et je vis seule dans un petit appar­te­ment du 11e arron­dis­se­ment depuis que Lucas et moi nous sommes sépa­rés, il y a huit mois main­te­nant. Ce n’était pas une grande his­toire d’amour tra­gique ; juste une rela­tion qui s’est essouf­flée dou­ce­ment, comme une bou­gie qu’on oublie d’éteindre. Depuis, je n’ai pas vrai­ment cher­ché à ren­con­trer quelqu’un. Le tra­vail, les amis, les séries, les sor­ties occa­sion­nelles au ciné­ma : ma vie est calme, ordon­née, et ça me va très bien.

Aujourd’hui, j’ai mis ma robe pré­fé­rée pour aller au bureau : une robe en coton blanc, toute simple, mi-lon­gueur, avec de fines bre­telles et un décol­le­té sage. Elle est légère, fluide, par­faite pour cette cha­leur nais­sante. Sous le tis­su, je n’ai pas mis de sou­tien-gorge – pas par audace, juste parce qu’il fait doux et que c’est plus confor­table comme ça quand on passe la jour­née assise devant un ordi­na­teur. Une culotte en coton tout ce qu’il y a de plus clas­sique, et mes san­dales plates beiges. Rien de sophis­ti­qué : je ne cherche pas les regards, je cherche juste à me sen­tir à l’aise.

Je des­cends l’escalier du métro à la sta­tion Bastille. L’air y est plus lourd, char­gé d’une odeur de freins et de par­fums mélan­gés. C’est l’heure de pointe, et la ligne 1 est tou­jours bon­dée le ven­dre­di soir. Les gens rentrent chez eux, ou sortent, ou les deux. Je passe ma carte, pousse un peu pour entrer dans la rame qui arrive, et me fau­file jusqu’à une barre ver­ti­cale près des portes. Je m’accroche d’une main, mon sac à main coin­cé contre ma hanche de l’autre.

Le wagon est plein, comme pré­vu. Des corps par­tout, des sacs, des res­pi­ra­tions. Je sens la cha­leur des autres pas­sa­gers irra­dier autour de moi. À ma gauche, une femme d’une cin­quan­taine d’années parle au télé­phone d’une voix basse. À ma droite, un homme que je n’ai pas encore regar­dé vrai­ment. Devant moi, les portes, et der­rière, d’autres per­sonnes que je ne vois pas mais que je sens pres­sées contre mon dos.

Le métro redé­marre dans un sou­bre­saut, et tout le monde tangue légè­re­ment. Ma robe glisse un peu sur mes cuisses quand je me sta­bi­lise. Je regarde par la vitre : les tun­nels défilent, noirs et lui­sants, ponc­tués par­fois par les lumières des quais qu’on dépasse sans s’arrêter. Je pense à mon appar­te­ment, à la bou­teille de vin blanc que j’ai mise au frais hier soir, au cana­pé qui m’attend. Je sou­ris inté­rieu­re­ment. C’est bête, mais ces petits ven­dre­dis soir me rendent tou­jours un peu heu­reuse.

L’homme à ma droite bouge légè­re­ment pour lais­ser pas­ser quelqu’un qui des­cend à la pro­chaine sta­tion. Je tourne la tête par réflexe, et nos regards se croient une seconde. Il doit avoir une qua­ran­taine d’années, grand, épaules larges, che­mise bleu clair un peu frois­sée en haut des manches. Il a l’air fati­gué mais pas désa­gréable – un visage car­ré, une barbe de trois jours, des yeux bruns. Il me sou­rit poli­ment, un sou­rire rapide, presque auto­ma­tique, comme on en échange dans le métro pour dire « par­don d’être si près ». Je lui rends un petit sou­rire par réflexe, puis je détourne les yeux vers la vitre.

Le métro freine à nou­veau, plus fort cette fois. Tout le monde est pro­je­té d’un côté. Je me retrouve un ins­tant col­lée contre lui, mon épaule contre son torse, ma hanche contre sa cuisse. Je sens la cha­leur de son corps à tra­vers le tis­su léger de ma robe. Ça dure une seconde, pas plus. Il mur­mure un « par­don » à voix basse, et je réponds « ce n’est rien » sans le regar­der. On se redresse tous les deux quand le train repart.

Je ne sais pas pour­quoi, mais je note ces petits détails. Peut-être parce que je suis déten­due, que je n’ai pas envie de pen­ser au tra­vail, que je laisse mon esprit vaga­bon­der. Je regarde les autres autour de moi. À côté de l’homme à la che­mise bleue, il y a un plus jeune, la ving­taine bien enta­mée, jean slim, t‑shirt gris, sac à dos sur une épaule. Il a les che­veux un peu en bataille, l’air d’un étu­diant ou d’un jeune qui bosse dans une start-up. Il regarde son télé­phone, concen­tré. Derrière moi, je sens une autre pré­sence – quelqu’un de plus âgé peut-être, mais je ne me retourne pas.

Le métro conti­nue sa route. Saint-Paul, Hôtel de Ville, Châtelet… Les sta­tions se suc­cèdent, les portes s’ouvrent et se ferment, des gens des­cendent, d’autres montent, mais le wagon reste plein. Je reste là, accro­chée à ma barre, ber­cée par le bruit régu­lier des roues sur les rails.

Je ne me doute pas une seconde de ce qui va se pas­ser dans quelques minutes.

Je pense juste que c’est un ven­dre­di soir ordi­naire, que je vais ren­trer chez moi, prendre une douche, enfi­ler un pyja­ma confor­table, et que tout sera calme.

Pour l’instant, tout est encore par­fai­te­ment nor­mal.

Chapitre 2 : La tension du quotidien

Le métro pour­suit sa route, ryth­mé par les annonces auto­ma­tiques et les grin­ce­ments fami­liers des rails. Châtelet est pas­sé, main­te­nant c’est Louvre-Rivoli, puis Palais Royal. À chaque arrêt, un léger mou­ve­ment de foule : cer­tains des­cendent, d’autres montent, mais le wagon reste obs­ti­né­ment plein. Je sens la fatigue de la semaine qui s’accumche dou­ce­ment dans mes épaules, mais elle est agréable, comme une preuve que j’ai bien tra­vaillé. Je n’ai plus qu’à tenir jusqu’à Franklin D. Roosevelt, puis chan­ger pour la ligne 9 jusqu’à Saint-Mandé. Pas loin. Vingt minutes, peut-être trente avec la cor­res­pon­dance.

Je suis tou­jours accro­chée à ma barre, le corps légè­re­ment pen­ché en avant pour gar­der l’équilibre. L’homme à la che­mise bleu clair est res­té à ma droite, presque au même endroit. Il n’a plus bou­gé depuis tout à l’heure, ou alors très peu. Quand le métro freine ou accé­lère, nos bras se frôlent par­fois, mais c’est inévi­table. Je ne le regarde plus vrai­ment ; je fixe plu­tôt le plan de la ligne au-des­sus des portes, ou les reflets flous dans la vitre.

Il est grand, je dirais un mètre quatre-vingt-cinq au moins. Ses manches sont retrous­sées jusqu’aux coudes, et je remarque qu’il a les avant-bras solides, un peu bron­zés, comme quelqu’un qui fait du sport ou qui tra­vaille dehors de temps en temps. Il tient son télé­phone d’une main, mais il ne le consulte pas sou­vent ; la plu­part du temps, il le garde sim­ple­ment contre sa cuisse. De temps à autre, quand le wagon tangue, son épaule effleure la mienne. À chaque fois, il s’écarte un peu, par poli­tesse. Je sens la cha­leur de son corps à tra­vers le tis­su léger de ma robe, mais ça ne me dérange pas plus que ça. C’est le métro, c’est comme ça.

Devant lui, légè­re­ment sur le côté, il y a le plus jeune. Il doit avoir vingt-cinq ans, vingt-six peut-être. Cheveux châ­tains un peu longs, qui tombent sur son front. Il porte un t‑shirt gris uni, un jean clair, et des bas­kets blanches un peu usées. Son sac à dos est coin­cé entre ses jambes ; il le tient d’une main pour évi­ter qu’il ne bas­cule. Il regarde son télé­phone, l’air absor­bé, pouce qui fait défi­ler l’écran sans dis­con­ti­nuer. Parfois, quand le métro freine bru­ta­le­ment, il se retrouve pro­je­té un peu en arrière, et son dos vient tou­cher mon bras ou ma hanche. Il mar­monne un « par­don » à voix basse, sans lever les yeux. Je réponds par un petit signe de tête qu’il ne voit pro­ba­ble­ment pas.

Derrière moi, il y a quelqu’un d’autre. Je ne l’ai pas vu clai­re­ment, mais je sens une pré­sence plus âgée : une res­pi­ra­tion régu­lière, un par­fum dis­cret, peut-être une eau de Cologne boi­sée. Je crois que c’est un homme, à en juger par la lar­geur des épaules qui effleurent mon dos de temps en temps. Il ne bouge presque pas, comme s’il avait trou­vé une posi­tion stable et qu’il s’y tenait. Quand le wagon penche dans un virage, je sens son torse contre mes omo­plates une seconde ou deux, puis il s’écarte aus­si­tôt. Rien d’insistant, juste la méca­nique de la foule.

Ma robe, si légère, ampli­fie toutes ces sen­sa­tions. Le coton est fin ; quand les corps se pressent, je sens la tex­ture des vête­ments des autres à tra­vers le tis­su : le denim rugueux du jeune, la che­mise plus douce de l’homme à ma droite, la veste peut-être en lin de celui der­rière. Mes jambes nues, sous la robe qui s’arrête à mi-cuisses, frôlent par­fois des pan­ta­lons ou des sacs. La cha­leur ambiante fait col­ler légè­re­ment le tis­su à ma peau, sur­tout dans le dos et sous les bras. Je n’y pense pas vrai­ment, mais je suis consciente d’être moins pro­té­gée qu’en hiver, quand on porte des man­teaux épais et des couches super­po­sées.

À Concorde, il y a un peu plus de mou­ve­ment. Quelques per­sonnes des­cendent, d’autres montent en pous­sant. Pendant une seconde, le wagon se vide légè­re­ment autour de moi, puis se rem­plit à nou­veau. L’homme à la che­mise bleue se retrouve encore plus près ; son bras est main­te­nant presque contre le mien, du coude jusqu’au poi­gnet. Je sens la cha­leur de sa peau quand nos avant-bras se touchent. Il ne dit rien, ne me regarde pas. Juste ce sou­rire poli qu’il m’avait adres­sé tout à l’heure, quand je lève les yeux par hasard. Un sou­rire sans arrière-pen­sée, je crois. Le genre de sou­rire qu’on échange entre incon­nus pour rendre la pro­mis­cui­té moins pesante.

Le jeune au sac à dos, lui, s’est déca­lé un peu plus vers moi pen­dant la bous­cu­lade. Son épaule est main­te­nant contre la mienne, et son sac frôle ma jambe à chaque secousse. Il sent l’été : un mélange de les­sive fraîche et de trans­pi­ra­tion légère, rien de désa­gréable. Il conti­nue de scrol­ler sur son télé­phone, absor­bé.

Le métro repart, plonge dans le tun­nel. Les lumières du wagon sont un peu crues, fluo­res­centes. Je regarde les publi­ci­tés au-des­sus des sièges, les visages sou­riants qui vantent des vacances ou des assu­rances. Je pense à mon bal­con, à la plante de basi­lic que j’ai ache­tée la semaine der­nière et que j’arrose tous les soirs. À la douche fraîche que je vais prendre en ren­trant. À tout ce qui est simple, calme, ras­su­rant.

Un nou­veau frei­nage, plus bru­tal que les autres. Tout le monde est pro­je­té en avant. Mon corps heurte celui de l’homme à ma droite ; ma poi­trine effleure son bras une frac­tion de seconde, ma hanche se presse contre sa cuisse. Derrière, l’autre pré­sence se colle contre mon dos. Je sens une main – peut-être la sienne – qui se pose ins­tinc­ti­ve­ment sur ma taille pour évi­ter que je perde l’équilibre. Ça dure à peine plus long­temps qu’un bat­te­ment de cœur. Puis le métro se sta­bi­lise, et tout le monde se redresse.

L’homme à la che­mise bleue mur­mure un nou­veau « par­don », la voix basse, presque gênée. Je réponds « ce n’est rien » sans le regar­der. La main sur ma taille s’est déjà reti­rée. Je rajuste ma robe d’un geste machi­nal, tire légè­re­ment sur l’ourlet qui a remon­té d’un ou deux cen­ti­mètres sur mes cuisses.

Je ne me sens pas mal à l’aise. Juste… consciente de la proxi­mi­té. De la cha­leur. Du fait que dans ce wagon, on est tous un peu trop près les uns des autres, et que ma robe légère ne cache pas grand-chose de la forme de mon corps.

Le métro conti­nue. Prochaine sta­tion : Franklin D. Roosevelt. Puis la cor­res­pon­dance. Puis la mai­son.

Je n’ai aucune idée de ce qui va se pas­ser ensuite.

Chapitre 3 : La panne et les premiers contacts

Le métro approche de Champs-Élysées-Clemenceau quand ça arrive.

Un frei­nage bru­tal, beau­coup plus violent que les autres. Les roues hurlent sur les rails, le wagon entier est pro­je­té en avant dans un chaos de sacs qui bas­culent et de corps qui se heurtent. Je me cram­ponne à la barre de toutes mes forces, mais l’élan est trop fort : mon corps part vers l’avant, puis revient en arrière quand le train s’immobilise enfin dans un sou­bre­saut sourd.

Pendant une frac­tion de seconde, tout le monde reste figé, comme si on atten­dait que le métro reparte nor­ma­le­ment. Mais rien ne se passe. Les lumières cli­gnotent une fois, deux fois, puis s’éteignent com­plè­te­ment.

L’obscurité tombe d’un coup, totale, abso­lue. Pas la moindre lueur, pas même le reflet des tun­nels ou les veilleuses de secours. Juste le noir le plus pro­fond que j’aie jamais connu.

Un silence étrange s’installe, vite rom­pu par des excla­ma­tions étouf­fées, des « oh » de sur­prise, des « qu’est-ce qui se passe ? » mur­mu­rés. Quelqu’un rit ner­veu­se­ment plus loin dans le wagon. Une voix mas­cu­line annonce cal­me­ment : « C’est une panne, sûre­ment. Ça va reve­nir. » Mais sa voix tremble un peu.

Mon cœur bat à tout rompre. Je n’aime pas le noir, pas comme ça. Je sens la panique mon­ter, une boule dans la gorge. Je serre la barre plus fort, les doigts cris­pés. Autour de moi, les corps sont encore plus proches qu’avant, pres­sés par l’arrêt bru­tal. Je sens l’homme à la che­mise bleue contre mon flanc droit, son bras contre le mien, sa res­pi­ra­tion accé­lé­rée. Le jeune au sac à dos est col­lé à ma gauche main­te­nant, son épaule contre la mienne. Derrière, l’autre pré­sence – celle que je n’ai pas vue – est pla­quée contre mon dos, torse large et immo­bile.

Je res­pire len­te­ment pour me cal­mer. Ce n’est rien, juste une panne. Ça arrive par­fois. Les lumières vont reve­nir dans une minute ou deux.

Mais les minutes passent. Une, deux, peut-être trois. Toujours rien. L’air devient plus lourd, plus chaud. Les odeurs se font plus pré­sentes : trans­pi­ra­tion, par­fums mélan­gés, métal chaud des freins. Les gens com­mencent à par­ler plus fort, à tâton­ner pour leurs télé­phones. Des écrans s’allument fai­ble­ment autour de moi, pro­je­tant des lueurs bleu­tées sur des visages inquiets, mais la bat­te­rie de mon propre télé­phone est presque à plat ; je le garde éteint pour éco­no­mi­ser.

Dans le noir, les sen­sa­tions changent. Tout est ampli­fié. Je sens chaque point de contact avec une pré­ci­sion presque dou­lou­reuse.

D’abord, c’est un effleu­re­ment léger sur mon bras droit. Une main – celle de l’homme à la che­mise bleue, je pense – qui frôle ma peau nue en cher­chant peut-être à se sta­bi­li­ser. Ça dure une seconde, pas plus. Je ne bouge pas. Je me dis que c’est acci­den­tel. Dans une foule comme ça, c’est nor­mal.

Puis, une autre pres­sion, plus bas, sur ma hanche gauche. Le jeune, peut-être. Son corps s’est dépla­cé légè­re­ment, et main­te­nant sa main repose contre le tis­su de ma robe, juste au-des­sus de ma cuisse. Je sens la cha­leur de sa paume à tra­vers le coton fin. Je me décale un peu, essayant de créer de l’espace, mais il n’y en a pas. Je mur­mure un « par­don » à voix basse, sans savoir à qui je m’adresse vrai­ment. La main s’écarte aus­si­tôt.

Je res­pire. Ce n’est rien. Juste la pro­mis­cui­té. Tout le monde est gêné.

Mais l’obscurité per­siste. Les voix autour se calment peu à peu ; cer­tains se résignent, d’autres plai­santent pour détendre l’atmosphère. Une femme rit dou­ce­ment quelque part. Moi, je reste immo­bile, les yeux grands ouverts dans le noir, essayant de dis­tin­guer quoi que ce soit.

Et puis ça recom­mence.

Cette fois, c’est plus appuyé. Une main – la même que tout à l’heure, je crois – revient sur ma hanche droite. Pas un effleu­re­ment : une pres­sion réelle, les doigts posés sur le tis­su, immo­biles mais fermes. Je fronce les sour­cils dans le noir. Mon pre­mier réflexe est de repous­ser : je bouge légè­re­ment le bas­sin, essaie de m’écarter. La main se retire immé­dia­te­ment. Je me dis que c’était encore un acci­dent, que la per­sonne n’a pas fait exprès.

Mais quelques secondes plus tard, une autre caresse, plus lente, sur l’extérieur de ma cuisse gauche. Le coton de ma robe glisse sous des doigts qui remontent d’un ou deux cen­ti­mètres, pas plus, mais déli­bé­ré­ment. Je sens mon corps se rai­dir. C’est trop pré­cis pour être invo­lon­taire. Je pose ma main libre sur la mienne pour pro­té­ger ma cuisse, et je mur­mure un « s’il vous plaît » à voix très basse, espé­rant que ça suf­fise.

La caresse s’arrête. Je souffle dou­ce­ment, sou­la­gée.

Pourtant, quelque chose a chan­gé. L’air semble plus dense. Je sens une res­pi­ra­tion plus proche de ma nuque, der­rière moi. Un souffle chaud qui effleure ma peau nue, juste sous mes che­veux. Je tourne légè­re­ment la tête, mais je ne vois rien. Je ne sais même pas qui est là.

Je me dis que je dois res­ter calme. Que c’est le noir qui rend tout plus étrange, plus sen­sible. Que les gens bougent sans faire atten­tion.

Mais les contacts reviennent, plus insis­tants.

Une main – large, chaude – se pose cette fois sur ma taille, juste au-des­sus de la hanche droite. Pas bru­ta­le­ment, mais avec une assu­rance tran­quille. Les doigts s’écartent légè­re­ment, comme pour épou­ser la courbe de mon corps à tra­vers la robe. Je sens la cha­leur irra­dier. Mon cœur s’accélère à nou­veau, mais cette fois, ce n’est pas seule­ment de la peur. Il y a autre chose, une sen­sa­tion que je ne veux pas nom­mer.

Je repousse la main d’un mou­ve­ment dis­cret du coude. Elle se retire.

Mais presque aus­si­tôt, une autre – ou la même ? – revient plus bas, sur l’arrière de ma cuisse, juste sous l’ourlet de la robe. Les doigts effleurent la peau nue, là où le tis­su s’arrête. Une caresse lente, presque douce. Je serre les dents. Je devrais dire quelque chose plus fort, pro­tes­ter, me dépla­cer. Mais je ne peux pas vrai­ment bou­ger, et ma voix reste coin­cée dans ma gorge.

Je me dis que c’est mal. Que je dois arrê­ter ça tout de suite.

Et pour­tant… je ne bouge pas autant que je le devrais.

L’obscurité est totale. Personne ne voit rien. Personne ne sau­ra jamais.

Je n’ai qu’une vie.

La pen­sée me tra­verse l’esprit comme un éclair, inat­ten­due, presque cho­quante. Je la repousse immé­dia­te­ment, hon­teuse. Mais elle laisse une trace.

La main sur ma cuisse ne bouge plus. Elle attend. Comme si elle sen­tait mon hési­ta­tion.

Je ne la repousse pas tout de suite.

Je reste là, immo­bile dans le noir, le cœur bat­tant si fort que je l’entends dans mes oreilles.

Et la caresse reprend, plus haut, plus auda­cieuse. Les doigts glissent sous l’ourlet de ma robe, effleu­rant la peau sen­sible de l’intérieur de ma cuisse.

Cette fois, je ne dis rien.

Chapitre 4 : L’abandon progressif

Le noir est si dense qu’il semble avoir une consis­tance propre, comme une matière chaude et épaisse qui enve­loppe tout. Je n’entends plus que des res­pi­ra­tions, des frois­se­ments dis­crets de vête­ments, et par­fois un mur­mure loin­tain dans le wagon. Le temps s’étire. Je ne sais plus depuis com­bien de minutes nous sommes immo­bi­li­sés. Cinq ? Dix ? Plus ?

La main sur l’intérieur de ma cuisse n’a pas bou­gé. Elle reste là, immo­bile, les doigts écar­tés juste assez pour cou­vrir une bonne par­tie de ma peau nue. La cha­leur de cette paume irra­die, monte len­te­ment le long de ma jambe. Je devrais la repous­ser. Vraiment. Mais je ne bouge pas. Mon corps est figé, par­ta­gé entre une alarme sourde et une sen­sa­tion nou­velle, presque curieuse, qui me tra­verse le ventre.

Un souffle chaud effleure ma nuque. Celui de l’homme der­rière moi, je pense. Il est tout près main­te­nant ; je sens la ligne de son torse contre mon dos, à tra­vers le tis­su fin de ma robe. Il ne parle pas, ne fait aucun geste brusque. Juste ce souffle régu­lier, un peu plus rapide que tout à l’heure.

Puis la main sur ma cuisse reprend son mou­ve­ment. Très len­te­ment. Les doigts glissent vers le haut, d’un ou deux cen­ti­mètres à peine, frô­lant la bor­dure de ma culotte. Je serre les lèvres pour ne pas lais­ser échap­per le moindre son. Mon cœur cogne si fort que j’ai l’impression que tout le monde peut l’entendre. Une par­tie de moi hurle encore que c’est mal, que je dois arrê­ter ça tout de suite. Mais une autre voix, plus basse, plus insi­dieuse, mur­mure : per­sonne ne sau­ra jamais. C’est le noir abso­lu. Je n’ai qu’une vie.

Je ne repousse pas la main.

Au contraire, sans même m’en rendre compte, je relâche légè­re­ment la ten­sion dans mes jambes. À peine. Juste assez pour que les doigts puissent conti­nuer leur che­min.

À ma droite, l’homme à la che­mise bleue – je le recon­nais à la tex­ture de sa peau, plus rugueuse – pose sa main sur ma taille. Pas sur la robe cette fois : direc­te­ment sur la peau, juste sous le tis­su. Il a dû glis­ser ses doigts par-des­sous sans que je m’en aper­çoive. Sa paume est large, chaude, assu­rée. Il ne serre pas ; il tient sim­ple­ment, comme pour me dire qu’il est là, qu’il sent mon hési­ta­tion et qu’il attend.

Je ferme les yeux, même si ça ne change rien dans cette obs­cu­ri­té. Une vague de cha­leur monte dans ma poi­trine. Mes tétons se dur­cissent sous le coton léger ; je les sens frot­ter contre le tis­su à chaque res­pi­ra­tion un peu plus pro­fonde.

La main sur ma cuisse atteint main­te­nant l’élastique de ma culotte. Un doigt – l’index, je crois – suit le bord, effleure la peau juste au-des­sus. Je fris­sonne mal­gré moi. C’est la pre­mière fois depuis des mois que quelqu’un me touche comme ça. Pas même un amant : des incon­nus, dans le noir, dans un métro en panne. L’idée devrait me ter­ri­fier. Au lieu de ça, elle fait naître une cha­leur humide entre mes jambes.

Je sens que je mouille. Je le sens dis­tinc­te­ment, cette humi­di­té qui s’installe, qui trempe len­te­ment le tis­su de ma culotte. Je devrais avoir honte. Je n’ai pas honte.

L’homme der­rière moi bouge enfin. Sa main libre – celle qui ne repose pas sur ma hanche – remonte le long de mon bras, frôle mon épaule, puis redes­cend vers ma poi­trine. Il ne va pas direc­te­ment aux seins ; il contourne, caresse d’abord le côté, là où la courbe com­mence. Ses doigts sont plus fins que ceux de l’autre, plus pré­cis. Il pince légè­re­ment le tis­su de ma robe entre pouce et index, juste au niveau de mon téton, et tire dou­ce­ment. Le frot­te­ment me fait ins­pi­rer brus­que­ment. Un petit gémis­se­ment m’échappe, tout bas, presque inau­dible.

Mais ils l’entendent. Je le sais, parce que les deux mains – celle sur ma cuisse et celle sur ma taille – se font plus assu­rées.

Celui de droite – l’homme à la che­mise bleue, je le sais main­te­nant à la tex­ture rugueuse de sa paume – glisse fran­che­ment sous ma robe, par-devant. Ses doigts effleurent d’abord mon ventre, tra­çant une ligne lente et brû­lante juste au-des­sus de l’élastique de ma culotte. La peau de mon abdo­men se contracte sous ce contact inat­ten­du, comme si chaque nerf se réveillait d’un long som­meil. Il des­cend encore, sans hâte, sans bru­ta­li­té. Il atteint le tri­angle de tis­su déjà trem­pé, pose sa paume entière là, large et chaude, cou­vrant mon sexe tout entier. Il ne force rien ; il appuie sim­ple­ment, exerce une pres­sion cir­cu­laire, lente, régu­lière. Je sens mon cli­to­ris gon­flé pul­ser contre sa main, même à tra­vers le coton fin. Chaque cercle envoie une onde de cha­leur qui irra­die jusqu’au creux de mes reins. Mes genoux flé­chissent mal­gré moi ; je m’appuie plus fort contre la barre métal­lique, les doigts blan­chis par l’effort de res­ter debout.

À ma gauche, le plus jeune – sa peau est plus douce, presque velou­tée, comme celle de quelqu’un qui n’a pas encore été trop abî­mée par la vie – a pas­sé sa main sous ma robe par l’arrière. Le tis­su léger remonte len­te­ment sur mes cuisses, et je sens l’air tiède et confi­né du wagon cares­ser ma peau nue à mesure qu’il découvre mes fesses. Ses doigts tremblent un peu, d’excitation sans doute, mais il prend son temps. Il pose d’abord sa paume entière sur une fesse, la couvre com­plè­te­ment, comme pour en mémo­ri­ser la forme ronde et ferme. Puis il pétrit dou­ce­ment la chair, malaxe avec une len­teur infi­nie, ses pha­langes s’enfonçant juste assez pour que je sente la pres­sion se pro­pa­ger jusqu’au creux de mes reins. Chaque mou­ve­ment fait naître une cha­leur sourde qui irra­die vers mon ventre, vers mon sexe déjà gon­flé et humide.

Il des­cend plus bas, suit la courbe infé­rieure de mes fesses, là où elles rejoignent les cuisses. Ses ongles effleurent légè­re­ment la peau sen­sible, me fai­sant fris­son­ner mal­gré moi. Puis il glisse son index sous l’élastique fin de ma culotte, le fait cou­rir le long de la raie, d’abord en sur­face, comme une plume. Le contact est si léger que je le sens à peine, et pour­tant il me brûle. Il des­cend len­te­ment, très len­te­ment, entre mes fesses, frôle l’entrée inter­dite sans jamais insis­ter, juste un cercle timide autour du petit anneau plis­sé. Mon corps réagit immé­dia­te­ment : je me contracte ins­tinc­ti­ve­ment, un spasme invo­lon­taire qui fait pul­ser mon sexe plus fort. Je ne dis rien. Je ne bouge pas. Je laisse faire, le souffle court, sac­ca­dé, comme si l’air du wagon était sou­dain deve­nu trop épais, trop char­gé de sueur, de désir, d’odeurs mus­quées qui montent de nos corps pres­sés les uns contre les autres. Respirer devient dif­fi­cile ; chaque ins­pi­ra­tion aspire cette cha­leur lourde, presque irres­pi­rable, qui colle à mes pou­mons.

L’homme der­rière moi – celui dont je n’ai tou­jours pas vu le visage, dont je ne connais que la res­pi­ra­tion pro­fonde et régu­lière contre ma nuque – choi­sit ce moment pré­cis pour agir. Sa main large, cal­leuse, remonte sous ma robe par le côté, frô­lant d’abord mes côtes, fai­sant fré­mir ma peau à chaque cen­ti­mètre gagné. Il atteint mon sein droit. D’abord à tra­vers le coton fin de la robe, il le prend en coupe, le sou­lève légè­re­ment, le sou­pèse comme s’il éva­luait son poids, sa ron­deur, sa fer­me­té. Le tis­su frotte contre mon téton déjà dur­ci, un frot­te­ment qui me fait ins­pi­rer bru­ta­le­ment. Puis, avec une patience infi­nie, il glisse ses doigts sous le tis­su, peau contre peau enfin. La cha­leur de sa paume enve­loppe mon sein entier ; je sens la tex­ture rugueuse de sa peau contre ma dou­ceur, le contraste qui me fait fondre inté­rieu­re­ment.

Il le tient là, immo­bile un ins­tant, comme pour savou­rer la sen­sa­tion. Puis son pouce com­mence à bou­ger : il effleure le téton, le fait rou­ler dou­ce­ment entre le cous­si­net et l’index, un cercle lent, presque hyp­no­tique. Chaque tour aug­mente la ten­sion ; mon téton devient dou­lou­reu­se­ment sen­sible, gon­flé, éri­gé à l’extrême. Il pince enfin – pas fort, juste assez pour que la pointe de dou­leur se trans­forme ins­tan­ta­né­ment en une décharge élec­trique qui fuse le long de ma colonne ver­té­brale, explose dans mon ventre, et fait se contrac­ter mon sexe autour de rien, un vide frus­trant qui me fait gémir inté­rieu­re­ment. Une vague d’humidité sup­plé­men­taire inonde ma culotte ; je la sens cou­ler len­te­ment entre mes lèvres, trem­per le tis­su déjà col­lant.

Je mor­dille ma lèvre infé­rieure si fort que je sens le goût métal­lique du sang per­ler sur ma langue. La dou­leur est bien­ve­nue ; elle ancre mon corps dans cette réa­li­té insen­sée, empêche mon esprit de s’envoler trop vite. Mais le désir monte, inexo­rable, comme une marée. L’air autour de moi est deve­nu irres­pi­rable : une soupe chaude d’odeurs de peau, de trans­pi­ra­tion légère, de désir brut qui émane de nous tous. Chaque ins­pi­ra­tion me rem­plit de cette lour­deur sen­suelle, me fait tour­ner légè­re­ment la tête, comme ivre. Mon cœur bat si fort que je l’entends dans mes tempes, dans mes oreilles, dans mon cli­to­ris qui pal­pite en rythme.

Les deux hommes semblent sen­tir cette mon­tée en moi. Leurs gestes ralen­tissent encore, deviennent plus déli­bé­rés, comme s’ils vou­laient faire durer cette ten­sion jusqu’à l’insupportable. Le jeune der­rière conti­nue ses cercles timides autour de mon anus, effleu­rant, frô­lant, sans jamais entrer, me lais­sant dans cette attente déli­cieuse et frus­trante. L’homme à l’arrière serre un peu plus mon sein, fait rou­ler le téton plus fer­me­ment, alter­nant caresses douces et pin­ce­ments légers qui me font cam­brer imper­cep­ti­ble­ment le dos.

Je suis coin­cée entre eux, entre ces sen­sa­tions qui me sub­mergent de toutes parts, et je sens que je pour­rais jouir rien qu’à ça – rien qu’à ces touches lentes, patientes, qui font mon­ter le désir comme une lente com­bus­tion. Mais ils ne me laissent pas encore bas­cu­ler. Ils pro­longent l’attente, font durer le sup­plice exquis, jusqu’à ce que mon corps entier tremble d’un besoin presque dou­lou­reux.

La main devant moi – celle de l’homme à la che­mise bleue, large et déci­dée – écarte bru­ta­le­ment le tis­su de ma culotte sur le côté. Le coton trem­pé glisse contre ma peau, et l’air lourd du wagon vient frap­per direc­te­ment ma chair nue, brû­lante, dégou­li­nante. Je suis tel­le­ment exci­tée que je sens mon jus cou­ler le long de l’intérieur de mes cuisses.

Un doigt long et épais plonge sans attendre sur ma fente, de haut en bas, avec une pres­sion ferme qui me fait sur­sau­ter. Il étale mon humi­di­té par­tout, enduit mes lèvres gon­flées, remonte jusqu’à mon cli­to­ris dur­ci et le pince légè­re­ment entre deux doigts, juste assez pour que je sente une pointe de dou­leur se mêler au plai­sir. Puis il redes­cend, écarte mes lèvres d’un geste sec, les ouvre lar­ge­ment, m’expose com­plè­te­ment dans le noir. Il frotte l’entrée de mon sexe, tourne autour, me taquine, me fait sen­tir à quel point je suis ouverte, prête, sup­pliante.

Mes hanches bougent toutes seules, un mou­ve­ment déses­pé­ré en avant. Je veux qu’il me prenne. Maintenant.

Et il le fait.

Le doigt s’enfonce d’un coup, jusqu’au fond, sans ména­ge­ment. Je suis si mouillée que ça entre comme dans du velours chaud. Mon sexe se res­serre immé­dia­te­ment autour de lui, avide, et un gémis­se­ment rauque m’échappe mal­gré moi. Un deuxième doigt le rejoint tout de suite, plus gros, plus exi­geant. Ils s’écartent en moi, m’étirent, me rem­plissent jusqu’à la limite. Puis ils se retirent len­te­ment, presque entiè­re­ment, avant de reve­nir plus fort, plus pro­fond, cla­quant presque contre moi. Le rythme est lent mais impi­toyable : chaque pous­sée me fait sen­tir toute leur lon­gueur, toute leur épais­seur, la façon dont ils me baisent sans rete­nue. Son pouce tombe enfin sur mon cli­to­ris et ne le caresse plus : il l’écrase, le frotte en cercles rapides et durs, le pince, le mal­mène jusqu’à ce que chaque contact soit une explo­sion de plai­sir brut.

Je sens sa bouche sur ma nuque. Des lèvres brû­lantes, une barbe de trois jours qui racle ma peau, qui me marque. C’est lui. Il mord mon cou, suce la chair tendre, laisse des traces humides et rouges. Il des­cend jusqu’à mon épaule, plante ses dents plus fort, juste assez pour que la dou­leur fuse et se mélange à l’extase entre mes jambes. Sa res­pi­ra­tion est lourde, ani­male, contre mon oreille. Sa main libre s’abat sur ma hanche gauche, les doigts enfon­cés dans ma peau, me cloue sur place comme si j’étais sa chose. Il ne me laisse aucun mou­ve­ment, aucune échap­pa­toire : je dois prendre tout ce qu’il me donne, pro­fon­dé­ment, vio­lem­ment.

Derrière moi, le plus jeune a rele­vé ma robe jusqu’à la taille. L’air effleure mes fesses nues, mes cuisses trem­blantes. Ses mains écartent mes fesses avec une force sur­pre­nante main­te­nant, les ouvrent lar­ge­ment. Ses doigts glissent entre, effleurent ma raie, mais res­tent à l’extérieur : il caresse la peau sen­sible, pince la chair, malaxe mes fesses avec une avi­di­té gran­dis­sante. Il presse son corps contre moi ; je sens son érec­tion dure, brû­lante, frot­ter entre mes cuisses par der­rière, glis­ser contre ma peau mouillée sans cher­cher à entrer, juste un frot­te­ment lent et insis­tant qui me rend folle.

Je suis prise en tenaille, enva­hie de par­tout. Une main me baise la chatte sans dou­ceur, des doigts me pincent les tétons jusqu’à la dou­leur exquise, une bouche me dévore le cou, des mains me malaxent les fesses, une queue dure frotte contre moi. Les sen­sa­tions se bous­culent, se super­posent : le plai­sir violent, la ten­sion insou­te­nable, le désir qui me déchire de l’intérieur.

Je ne sais plus qui fait quoi. Je ne veux plus savoir. Je veux juste qu’ils conti­nuent, qu’ils me prennent plus fort, plus pro­fond, qu’ils me fassent explo­ser.

Mes hanches roulent main­te­nant sans contrôle, je m’empale sur les doigts qui me pilonnent, je pousse en arrière contre l’érection qui me frotte. Mon cli­to­ris est si sen­sible que chaque pres­sion du pouce me fait convul­ser.

Je vais jouir. Très fort. Et je ne peux abso­lu­ment rien y faire.

Un troi­sième doigt tente de s’ajouter devant, plus épais, plus rugueux que les deux pre­miers, peut-être une autre main qui se joint à la danse. Il force un peu l’entrée, étire mes parois déjà dis­ten­dues, et je sens une brû­lure déli­cieuse se mêler au plai­sir. Je suis ouverte comme jamais, trem­pée, offerte sans rete­nue, mon sexe béant et pal­pi­tant autour de ces intrus qui me rem­plissent à ras bord. Le troi­sième doigt finit par entrer, len­te­ment, inexo­ra­ble­ment, jusqu’à ce que je sois pleine, com­blée, au bord de l’insupportable. Les trois doigts s’écartent en moi, me dilatent, me pré­parent à je ne sais quoi, puis se res­serrent et com­mencent à bou­ger.

Les mou­ve­ments s’accélèrent, deviennent plus urgents, presque fré­né­tiques. Ils me pilonnent main­te­nant avec une cadence régu­lière, pro­fonde, bru­tale : ils sortent presque entiè­re­ment avant de replon­ger d’un coup sec, cla­quant contre ma chair mouillée, fai­sant gicler mon jus le long de mes cuisses. Le bruit humide et obs­cène de mes chairs qui s’ouvrent et se referment se perd dans le bour­don­ne­ment loin­tain du wagon, mais je l’entends dans ma tête, ampli­fié, indé­cent. Le pouce de la pre­mière main appuie enfin direc­te­ment sur mon cli­to­ris, sans dou­ceur : il l’écrase, le frotte en cercles rapides et impi­toyables, le pince entre deux doigts cal­leux jusqu’à ce que la sen­sa­tion soit à la limite de la dou­leur. Chaque pres­sion me fait convul­ser, chaque cercle me rap­proche un peu plus du bord.

L’orgasme monte, inexo­rable, une vague immense, brû­lante, qui gros­sit dans mon ventre, serre ma poi­trine, enva­hit ma gorge, explose der­rière mes yeux fer­més. Je jouis pour la pre­mière fois en silence, la bouche grande ouverte sur un cri que je ravale au fond de ma gorge, les dents ser­rées à m’en faire mal. Mon corps entier se rai­dit, se cambre, tremble vio­lem­ment. Mes parois se contractent spas­mo­di­que­ment autour des trois doigts, les serrent comme un étau, les aspirent plus pro­fon­dé­ment. Un flot chaud jaillit de moi, inonde la main qui me baise, coule sur mes cuisses. Les doigts ne s’arrêtent pas : ils conti­nuent leur va-et-vient impla­cable, pro­lon­geant l’orgasme jusqu’à ce qu’il devienne presque insou­te­nable, une dou­leur exquise qui me fait tour­ner la tête.

Je n’ai pas le temps de redes­cendre, pas le temps de reprendre mon souffle.

Les doigts se retirent dou­ce­ment, avec un bruit humide et obs­cène, et immé­dia­te­ment une bouche prend leur place. Une langue chaude, large, vorace, qui s’abat sur mon cli­to­ris encore hyper­sen­sible. Elle lèche d’un coup large, de bas en haut, ramasse mon jus, me goûte comme si j’étais la chose la plus déli­cieuse du monde. Puis elle se concentre sur mon cli­to­ris : elle le tourne autour, le lape, l’aspire entre des lèvres fermes, le suce avec une avi­di­té qui me fait voir des étoiles. Des mains puis­santes – deux paires, peut-être – écartent mes cuisses plus lar­ge­ment, presque à me faire mal. Je sens qu’on me sou­tient, qu’on me porte à moi­tié ; sans ces bras, je m’effondrerais.

Une autre bouche trouve mon sein gauche. Elle aspire mon téton à tra­vers le tis­su d’abord, le mouille, le fait dur­cir encore plus, puis sou­lève com­plè­te­ment ma robe et le prend direc­te­ment dans la cha­leur humide. Des dents le mor­dillent dou­ce­ment, une langue le tour­mente, le suce avec la même vora­ci­té que celle entre mes jambes. Les deux bouches tra­vaillent en rythme, comme si elles se par­laient dans le noir : aspi­rer, lécher, mor­diller, sucer.

La langue entre en moi main­te­nant, aus­si pro­fon­dé­ment qu’elle le peut dans cette posi­tion, me baise avec une vigueur nou­velle, res­sort pour reve­nir se concen­trer sur mon cli­to­ris, le lap­per sans relâche, l’aspirer jusqu’à ce que je sente mes jambes céder com­plè­te­ment. Je jouis une deuxième fois, plus fort, plus long­temps, un orgasme qui me déchire de l’intérieur. Mon corps se convulse, mes hanches se pressent contre la bouche qui me dévore, mes mains lâchent presque la barre.

Je serais tom­bée si des bras solides, fermes, ne m’avaient pas rete­nue, pla­quée contre eux. Des mains puis­santes me serrent la taille, les hanches, me main­tiennent debout alors que mes jambes ne me portent plus. Je suis molle, trem­blante, encore secouée par les répliques de cet orgasme qui m’a vidée de toute force. Mon corps entier vibre, ma peau est hyper­sen­sible, chaque effleu­re­ment me fait fris­son­ner comme si j’étais à vif.

Mais ils ne me laissent pas reprendre mon souffle.

Je sens un mou­ve­ment der­rière moi : un bruit de fer­me­ture éclair qu’on baisse len­te­ment, presque silen­cieux dans le noir. Puis la cha­leur d’une queue libé­rée, dure, brû­lante, qui se presse contre mes fesses nues. C’est celle du plus jeune, je crois – plus longue, plus fine, mais raide comme du fer. Il la glisse entre mes cuisses, la frotte d’abord contre ma peau trem­pée, enduit toute sa lon­gueur de mon jus. Le gland effleure mes lèvres à chaque va-et-vient, frôle mon cli­to­ris encore gon­flé, me fait sur­sau­ter à chaque pas­sage.

Devant moi, l’homme à la che­mise bleue retire sa main de mon sexe avec un bruit humide. Je me sens vide une seconde, frus­trée, mais aus­si­tôt une autre érec­tion se presse contre mon ventre – plus épaisse, plus lourde, vei­née. Il la sort à son tour, la frotte contre mon pubis, contre le tis­su rele­vé de ma robe, puis des­cend jusqu’à mon entre­jambe. Le gland large écarte mes lèvres, se pose à l’entrée, appuie juste assez pour que je sente la pres­sion, la pro­messe de ce qui va suivre.

Je n’ai pas le temps de réflé­chir.

Celui der­rière moi ajuste l’angle, pousse dou­ce­ment. Le gland fran­chit mes lèvres, étire mon entrée encore pal­pi­tante, et glisse en moi d’un mou­ve­ment fluide, pro­fond. Je suis si mouillée, si ouverte par les doigts pré­cé­dents, qu’il entre jusqu’à la garde en une seule pous­sée lente. Je sens chaque cen­ti­mètre, chaque veine qui frotte mes parois sen­sibles, la cha­leur qui m’envahit com­plè­te­ment. Un gémis­se­ment m’échappe, plus fort cette fois, étouf­fé contre l’épaule de l’homme devant moi.

Il me rem­plit, me pos­sède, et com­mence à bou­ger : des va-et-vient lents d’abord, presque tendres, qui me font sen­tir toute sa lon­gueur à chaque retrait, chaque retour. Puis plus rapides, plus pro­fonds, cla­quant dou­ce­ment contre mes fesses. Ses mains écartent mes cuisses encore plus, me cambrent pour mieux m’ouvrir.

Au même moment, celui devant moi – l’homme à la che­mise bleue – guide sa queue plus épaisse vers mon entrée déjà occu­pée. Il appuie, force dou­ce­ment. Je sens l’étirement sup­plé­men­taire, la pres­sion énorme alors que le gland large pousse contre l’autre sexe déjà en moi. Je suis trop pleine, trop ten­due… et pour­tant mon corps accepte, s’ouvre encore. Il entre len­te­ment, cen­ti­mètre par cen­ti­mètre, frot­tant contre l’autre queue à l’intérieur de moi, créant une fric­tion insou­te­nable. Je suis dou­ble­ment péné­trée, éti­rée à l’extrême, rem­plie comme jamais je n’aurais cru pos­sible.

Les deux com­mencent à bou­ger, d’abord en alter­nance – l’un sort quand l’autre entre – puis en rythme, plus fort, plus pro­fond. Je sens leurs queues se frot­ter l’une contre l’autre à tra­vers la fine paroi qui les sépare, chaque mou­ve­ment envoyant des ondes de plai­sir brut dans tout mon corps. Des mains me tiennent par­tout : sur les hanches, sur les seins, sur la gorge. Une bouche mord mon cou, une autre aspire mon téton.

Je jouis à nou­veau, vio­lem­ment, presque immé­dia­te­ment. Un orgasme qui me déchire, qui me fait convul­ser autour des deux sexes qui me baisent sans relâche. Mes parois se contractent, les serrent, les traient, et je sens leurs queues gon­fler encore en moi, prêtes à explo­ser.

Mais ils conti­nuent, pro­longent le plai­sir, me pilonnent plus fort, plus vite. Je suis per­due, plus rien d’autre qu’un corps en feu, un sexe vivant, une extase conti­nue.

Je n’ai qu’une vie.

Et dans ce noir abso­lu, je la vis plei­ne­ment, sans rete­nue, offerte à ces incon­nus qui me prennent comme jamais per­sonne ne m’a prise.

Le plai­sir monte encore, une der­nière vague immense, et je m’abandonne tota­le­ment, le corps secoué de spasmes, l’esprit blanc, vide, com­blé.

Chapitre 5 : Le retour à la lumière

Je ne sais pas com­bien de temps ça a duré. Dix minutes ? Quinze ? Vingt ? Dans le noir abso­lu, le temps n’existe plus de la même façon. Il n’y a plus que les sen­sa­tions, les souffles, les mains, les bouches, les gémis­se­ments étouf­fés que je ravale au fond de ma gorge. Je suis per­due dans une vague de plai­sir qui n’en finit pas, le corps trem­blant, les jambes faibles, sou­te­nue seule­ment par les bras qui me tiennent, par la barre que je serre encore d’une main moite.

Je viens de jouir der­nière fois, plus vio­lem­ment que les pré­cé­dentes, la tête reje­tée en arrière contre l’épaule de l’homme der­rière moi. Je sens mon propre goût sur des lèvres qui effleurent les miennes dans le noir – un bai­ser fur­tif, ano­nyme, presque tendre. Ma robe est remon­tée haut sur mes hanches, ma culotte écar­tée, trem­pée, inutile. Je suis ouverte, com­blée, épui­sée, et pour­tant je sens encore des doigts qui me caressent dou­ce­ment, comme pour pro­lon­ger les der­nières secousses.

Et puis, sou­dain, un cli­gno­te­ment.

Une lumière faible, vacillante, au fond du wagon. Puis une autre. Les veilleuses de secours s’allument une à une, dif­fu­sant une lueur oran­gée, timide. Le métro grince, tremble légè­re­ment. Un haut-par­leur cra­chote : une voix loin­taine, défor­mée, annonce que le pro­blème est en cours de réso­lu­tion, que le train va repar­tir sous peu.

Mon cœur, qui bat­tait encore du rythme de l’orgasme, change de cadence. Une panique nou­velle monte, froide cette fois. La lumière revient.

Les mains se retirent presque en même temps, avec une dis­cré­tion sur­pre­nante. Ma robe retombe sur mes cuisses d’un geste fluide – je ne sais même pas qui l’a rajus­tée. Ma culotte est remise en place, dou­ce­ment, presque res­pec­tueu­se­ment. Je sens une der­nière caresse sur ma hanche, légère comme un au revoir, puis plus rien.

Je reste figée, accro­chée à ma barre, le souffle court. La lumière gagne en inten­si­té. Les néons du pla­fond cli­gnotent, s’allument un à un. Les visages réap­pa­raissent autour de moi, d’abord flous, puis nets.

Je n’ose pas regar­der tout de suite.

Quand enfin je tourne la tête, len­te­ment, je croise d’abord le regard de l’homme à la che­mise bleue. Il est exac­te­ment là où je l’imaginais : grand, épaules larges, barbe de trois jours. Ses yeux bruns me fixent une seconde, calmes, intenses. Un sou­rire très léger, presque imper­cep­tible, effleure ses lèvres. Pas de triomphe, pas de gêne. Juste une com­pli­ci­té silen­cieuse. Il rajuste sa che­mise d’un geste non­cha­lant, comme si rien ne s’était pas­sé.

À ma gauche, le plus jeune. Cheveux en bataille, t‑shirt gris. Il a ran­gé son télé­phone, il me regarde aus­si. Ses joues sont légè­re­ment roses, mais il ne détourne pas les yeux. Il me sou­rit fran­che­ment, un sou­rire timide et sin­cère à la fois. Il passe une main dans ses che­veux, l’air un peu per­du, puis hoche légè­re­ment la tête, comme pour dire mer­ci, ou par­don, ou les deux.

Derrière moi, je sens encore la pré­sence, mais je ne me retourne pas. Je n’ose pas. Je ne veux pas savoir. Ou peut-être que si, mais pas main­te­nant.

Le métro redé­marre dou­ce­ment. Les portes s’ouvrent à la sta­tion sui­vante – George V, je crois. Quelques per­sonnes des­cendent, d’autres montent, mais le wagon s’est un peu vidé. L’air semble plus frais, plus léger.

Je reste debout, les jambes encore trem­blantes. Je sens l’humidité entre mes cuisses, la sueur sur ma nuque, le coton de ma robe qui colle à ma peau. Je dois avoir les che­veux en désordre, les joues rouges, mais per­sonne ne me regarde bizar­re­ment. Tout le monde a l’air fati­gué, sou­la­gé que la panne soit finie.

À Franklin D. Roosevelt, je des­cends. L’homme à la che­mise bleue des­cend aus­si. Il passe près de moi sans me tou­cher, mais son bras frôle le mien une der­nière fois, volon­tai­re­ment ou non. Il ne dit rien. Il ne se retourne pas. Il dis­pa­raît dans l’escalier.

Le jeune reste dans le wagon. Nos regards se croisent une der­nière fois à tra­vers la vitre quand les portes se ferment. Il sou­rit encore, un peu mélan­co­lique cette fois. Puis le métro repart.

Je monte l’escalier méca­nique, len­te­ment. L’air du soir me frappe au visage – doux, presque frais après la cha­leur étouf­fante du wagon. Je marche jusqu’à la cor­res­pon­dance, puis jusqu’à chez moi, comme dans un rêve.

Dans l’ascenseur de mon immeuble, je me regarde enfin dans le miroir. Mes joues sont roses, mes yeux brillants, mes lèvres un peu gon­flées. Ma robe est frois­sée, mais pas trop. Personne ne devi­ne­rait.

Je prends une longue douche, très chaude d’abord, puis froide pour me réveiller. Je me savonne len­te­ment, comme pour effa­cer les traces, ou peut-être pour les gar­der encore un peu. Je ne pense à rien de pré­cis. Juste à des sen­sa­tions. À des mains. À des souffles. À cette pen­sée qui revient sans cesse : per­sonne ne sau­ra jamais.

Allongée dans mon lit, les fenêtres ouvertes sur la nuit pari­sienne, je fixe le pla­fond. Je devrais être cho­quée. Confuse. Coupable, peut-être.

Je ne le suis pas.

Je me sens vivante. Éveillée. Comme si une par­tie de moi, endor­mie depuis long­temps, venait de s’ouvrir.

Je n’ai qu’une vie.

Et ce soir, dans le noir d’un métro en panne, je l’ai vécue un peu plus fort que d’habitude.

Je m’endors avec un sou­rire secret, le corps encore vibrant.

Demain, c’est same­di. Le week-end peut com­men­cer.

Auteur.e de l'histoire : Himéros

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