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Tempête de Désir dans les Cévennes

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Je m’appelle Claire, j’ai trente-sept ans, et ce soir-là, tout a bas­cu­lé dans une nuit que je n’oublierai jamais.

Nous étions en road-trip depuis quatre jours dans les Cévennes, Marc et moi. Marc, mon mari depuis douze ans, cet homme que j’aime d’un amour pro­fond, stable, fait de ten­dresse et de com­pli­ci­té. À trente-neuf ans, il avait gar­dé cette sil­houette ath­lé­tique qui me fai­sait tou­jours sou­rire quand je le regar­dais conduire, une main sur le volant, l’autre posée sur ma cuisse. La route ser­pen­tait entre les col­lines escar­pées, les châ­tai­gniers et les murs de pierre sèche. Nous avions pré­vu cette esca­pade pour nous retrou­ver, loin du rythme effré­né de nos vies pari­siennes. Pas d’enfants, juste nous deux, le vent, les pay­sages et le silence.

La tem­pête est arri­vée sans pré­ve­nir. Le ciel s’est assom­bri en quelques minutes, comme si la nuit avait déci­dé d’avaler le jour plus tôt. Des éclairs zébraient l’horizon, sui­vis de coups de ton­nerre qui fai­saient vibrer la car­ros­se­rie. La pluie s’est abat­tue d’un coup, vio­lente, presque tro­pi­cale, trans­for­mant la route en tor­rent boueux. Les essuie-glaces bat­taient fré­né­ti­que­ment, mais la visi­bi­li­té était presque nulle. Je ser­rais la main de Marc, sen­tant son pouce cares­ser le dos de la mienne pour me ras­su­rer.

« Ça va pas­ser, ma ché­rie », mur­mu­ra-t-il d’une voix calme. J’aimais cette assu­rance tran­quille qu’il avait tou­jours eue.

Puis le moteur a tous­sé. Une secousse, un bruit métal­lique étrange, et la voi­ture s’est mise à ralen­tir mal­gré l’accélérateur enfon­cé. Marc a juré dou­ce­ment, a rétro­gra­dé, mais rien n’y fai­sait. Nous nous sommes arrê­tés sur le bas-côté, au milieu de nulle part. La pluie mar­te­lait le toit comme des mil­liers de petits poings furieux. Le froid s’infiltrait déjà par les joints.

« Merde… Je vais voir », dit Marc en enfi­lant son man­teau.

Il est sor­ti, immé­dia­te­ment trem­pé. J’ai allu­mé le pla­fon­nier et j’ai regar­dé mon télé­phone : pas de réseau. Évidemment. Les Cévennes en pleine nuit, loin des vil­lages. Marc est reve­nu au bout de cinq minutes, ruis­se­lant, les che­veux col­lés au front.

« C’est la cour­roie ou le radia­teur, je ne sais pas. Impossible de répa­rer ça ici. Il faut trou­ver un abri. »

Nous avons pris nos sacs à dos, lais­sé un mot sur le tableau de bord, et nous nous sommes enfon­cés sous la pluie bat­tante, nos lampes fron­tales per­çant à peine l’obscurité. Le vent hur­lait dans les arbres, por­tant l’odeur forte de terre mouillée, de résine et de pierre humide. Mes vête­ments col­laient à ma peau, mes che­veux dégou­li­naient dans mon cou. J’avais froid, mais sur­tout cette exci­ta­tion étrange mêlée à l’inquiétude. L’aventure pre­nait une tour­nure inat­ten­due.

Après une ving­taine de minutes de marche dif­fi­cile sur un che­min de terre trans­for­mé en rivière, nous avons vu une lumière. Faible, cha­leu­reuse, der­rière une col­line. Une ancienne ferme réno­vée, mas­sive, avec des murs de pierre appa­rente, un toit de lauzes et une grande grange atte­nante. De la fumée sor­tait de la che­mi­née. Marc a frap­pé à la lourde porte en bois.

Elle s’est ouverte presque immé­dia­te­ment.

Lucas se tenait là, dans l’encadrement, éclai­ré par la lueur dorée de l’intérieur. Trente-sept ans, grand, les épaules larges sans être mas­sif, une pré­sence qui occu­pait tout l’espace. Ses che­veux bruns légè­re­ment ondu­lés, un peu longs, tom­baient sur son front. Une barbe de trois jours bien taillée sou­li­gnait une mâchoire car­rée. Il por­tait une che­mise en lin clair, ouverte au col, et un pan­ta­lon ample qui lui don­nait un air d’artisan intem­po­rel. Ses yeux, d’un bleu-gris pro­fond, nous ont scru­tés avec une calme bien­veillance.

« Bonsoir. Vous avez l’air d’avoir besoin d’aide », a‑t-il dit d’une voix grave, posée, avec cet accent légè­re­ment chan­tant du Sud.

Marc a expli­qué rapi­de­ment la situa­tion. Lucas n’a pas hési­té une seconde. Il nous a fait entrer, a refer­mé la porte der­rière nous. La cha­leur nous a enve­lop­pés comme une étreinte. L’odeur était enivrante : bois brû­lé, pain chaud, herbes aro­ma­tiques et une note ter­reuse, presque miné­rale, qui venait des vieilles pierres. Le sol était en tomettes anciennes, usées par le temps, recou­vertes par endroits de tapis épais. Des sculp­tures en bois et en pierre peu­plaient les coins de la grande pièce prin­ci­pale : des formes abs­traites, sen­suelles, courbes qui évo­quaient des corps enla­cés sans jamais être expli­cites.

« Je m’appelle Lucas. Je vis ici seul depuis quelques années. Sculpteur. Vous êtes les bien­ve­nus le temps qu’il fau­dra. »

Il nous a ten­du des ser­viettes épaisses, chaudes, sor­ties d’un pla­card près de la che­mi­née. Pendant que nous nous essuyions, il a dis­pa­ru un ins­tant et est reve­nu avec des vête­ments secs : un pull en laine douce pour moi, un pan­ta­lon et une che­mise pour Marc. Les affaires sen­taient le bois de cèdre et un peu de lavande. J’ai sen­ti mon corps se détendre mal­gré moi.

Nous nous sommes chan­gés dans une petite pièce atte­nante. Quand je suis sor­tie, le pull ample glis­sait sur une épaule, révé­lant la nais­sance de ma cla­vi­cule. Lucas m’a regar­dée un ins­tant, pas de manière insis­tante, mais avec une inten­si­té tran­quille qui m’a fait fris­son­ner. Ses yeux ont glis­sé sur ma peau humide avant de remon­ter vers mon visage avec un sou­rire doux.

« Vous avez froid. Venez près du feu. »

La che­mi­née était immense, un âtre où cré­pi­taient de grosses bûches. Les flammes dan­saient, pro­je­tant des ombres mou­vantes sur les murs. Lucas nous a ser­vis un verre de vin blanc, frui­té et sucré, comme il l’a annon­cé avec un sou­rire : un vin des coteaux voi­sins, aux notes de pêche, d’abricot et de fleurs blanches. Le liquide était frais, presque velou­té sur la langue, réchauf­fant ma gorge et dif­fu­sant une douce cha­leur dans ma poi­trine.

Le repas a été simple mais déli­cieux. Lucas avait pré­pa­ré une soupe épaisse de légumes du jar­din, des fro­mages locaux, du pain frais cuit au four à bois et une tarte aux pommes encore tiède. Nous étions assis autour d’une grande table en bois mas­sif, éclai­rés par des lampes à huile et la lueur du feu. Marc par­lait avec ani­ma­tion de notre road-trip, de notre vie à Paris. Lucas écou­tait, posait des ques­tions justes, sans jamais enva­hir. Il racon­tait sa vie ici : la soli­tude choi­sie, le tra­vail de la matière, com­ment la pierre et le bois lui par­laient. Sa voix était basse, ryth­mée, comme une caresse audi­tive.

Je le regar­dais beau­coup. Trop, peut-être. Ses mains étaient grandes, puis­santes, mar­quées par le tra­vail manuel, avec des veines saillantes et des traces de pous­sière ou de résine incrus­tées. Quand il ges­ti­cu­lait en par­lant d’une sculp­ture en cours, je pou­vais ima­gi­ner ces mains sur la pierre, la mode­lant avec patience et force. Un fris­son étrange m’a par­cou­ru le dos. Je me suis rap­pro­chée imper­cep­ti­ble­ment du feu, pré­tex­tant le froid.

Marc sem­blait déten­du. Il riait, trin­quait avec Lucas. Entre nous, ce regard com­plice qu’on a après tant d’années : celui qui dit « tout va bien, on est ensemble ». Pourtant, quelque chose dans l’air avait chan­gé. L’atmosphère était char­gée, comme avant un orage plus intime. La tem­pête dehors redou­blait de vio­lence, le vent hur­lait dans la che­mi­née, fai­sant dan­ser les flammes plus haut. La pluie bat­tait les vitres épaisses.

Après le repas, nous nous sommes ins­tal­lés au coin du feu. Lucas avait ajou­té une bûche énorme. Les fau­teuils étaient pro­fonds, recou­verts de plaids en laine. J’étais assise entre Marc et Lucas, mes jambes repliées sous moi. Le vin avait fait son œuvre : mes joues étaient chaudes, mon corps lourd et léger à la fois. Lucas nous a par­lé de ses voyages pas­sés, avant de s’installer ici. Il avait vécu en Italie, au Maroc, sculp­tant, obser­vant les corps, la lumière sur la peau. Ses des­crip­tions étaient poé­tiques, presque tac­tiles. Je l’imaginais cares­sant une sta­tue comme on caresse une femme.

Nos regards se sont croi­sés plu­sieurs fois. Chaque fois, je sen­tais une cha­leur mon­ter dans mon ventre. Pas encore du désir brut, mais un fris­son, une curio­si­té magné­tique. Ses yeux bleu-gris sem­blaient lire en moi sans effort. Il sou­riait légè­re­ment, cal­me­ment, comme s’il savait mais n’avait pas besoin de for­cer. Marc, à côté de moi, avait pas­sé un bras autour de mes épaules. Il me cares­sait le bras du bout des doigts, dis­trai­te­ment, affec­tueu­se­ment.

« Vous êtes magni­fiques tous les deux », a dit Lucas à un moment, sans lour­deur. « On sent le lien. C’est rare. »

Marc a ri dou­ce­ment. « Douze ans, et tou­jours le road-trip qui nous sur­prend. »

J’ai rou­gi. Le com­pli­ment m’avait tou­chée plus que de rai­son. J’ai bu une autre gor­gée de vin. Le goût sucré explo­sait sur ma langue, mêlé à l’odeur de fumée et de bois. Ma peau, réchauf­fée par le feu, pico­tait. Sous le pull emprun­té, mes seins se ten­daient légè­re­ment contre la laine douce, sen­sibles au moindre mou­ve­ment. Je croi­sais par­fois les jambes, sen­tant la fric­tion du tis­su sur mes cuisses.

La conver­sa­tion a déri­vé sur l’art, le corps humain, la sen­sua­li­té dans la créa­tion. Lucas par­lait avec une pas­sion conte­nue. Il nous a mon­tré une petite sculp­ture près de la che­mi­née : une forme abs­traite, deux corps qui se fondent l’un dans l’autre, courbes douces et lignes ten­dues. Ses doigts ont glis­sé sur la pierre polie en nous l’expliquant. J’ai sui­vi le mou­ve­ment de sa main, hyp­no­ti­sée. La pierre sem­blait chaude sous ses paumes. Un nou­veau fris­son, plus pro­fond, est des­cen­du le long de ma colonne ver­té­brale jusqu’au creux de mes reins.

Dehors, la tem­pête fai­sait rage, mais ici, le monde sem­blait réduit à cette pièce, à ce feu, à ces trois per­sonnes. Marc était déten­du, heu­reux de l’hospitalité. Moi, je me sur­pre­nais à obser­ver Lucas : la façon dont sa che­mise épou­sait ses épaules, la ligne de son cou, la confiance tran­quille qu’il déga­geait. Pas de parade, juste une pré­sence magné­tique qui me don­nait envie de me rap­pro­cher, comme un papillon vers la flamme.

Les heures ont pas­sé. Le vin cou­lait dou­ce­ment. Nous par­lions à voix basse main­te­nant, presque inti­me­ment. Lucas nous a racon­té com­ment il res­tau­rait cette ferme lui-même, pièce par pièce, redon­nant vie à la matière ancienne. Sa voix réson­nait en moi. Marc a bâillé dis­crè­te­ment, mais il res­tait là, com­plice, sa main tou­jours sur moi.

Je sen­tais mon corps s’éveiller len­te­ment, sub­ti­le­ment. Une cha­leur entre mes cuisses, pas encore urgente, mais pré­sente. Un pico­te­ment sur ma nuque quand Lucas me regar­dait un peu trop long­temps. Ses yeux des­cen­daient par­fois sur ma bouche, sur la courbe de mon épaule dénu­dée par le pull, puis remon­taient avec res­pect.

« Vous pou­vez dor­mir dans la chambre d’amis en haut », a‑t-il pro­po­sé fina­le­ment. « Elle est prête. Je vais vous mon­trer. »

Nous nous sommes levés. La fatigue du voyage et de la marche sous la pluie se fai­sait sen­tir, mais aus­si cette élec­tri­ci­té nou­velle. En mon­tant l’escalier en pierre, j’étais consciente de la pré­sence de Lucas der­rière moi. Son pas était silen­cieux, assu­ré. Marc mar­chait devant. Dans le cou­loir, Lucas a posé une main légère sur mon épaule pour me gui­der vers la bonne porte. Ce contact, même à tra­vers le pull, a envoyé une décharge douce dans tout mon corps. Sa paume était chaude, large, ferme.

La chambre était belle : lit king size, draps blancs épais, une fenêtre don­nant sur la nuit tem­pé­tueuse. Lucas nous a sou­hai­té bonne nuit avec ce sou­rire calme qui me trou­blait déjà tant.

« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis en bas, près du feu. Je dors peu. »

Il est redes­cen­du. Marc et moi nous sommes glis­sés sous les cou­ver­tures. Il m’a ser­rée contre lui, m’embrassant ten­dre­ment sur le front, les lèvres, le cou.

« Quelle soi­rée, hein ? » a‑t-il mur­mu­ré.

« Oui… Lucas est… par­ti­cu­lier », ai-je répon­du, la voix un peu rauque.

Marc a sou­ri dans l’obscurité. « Il est cha­ris­ma­tique. Tu as froid ? Viens là. »

Je me suis blot­tie contre lui, mais mon esprit res­tait en bas, près du feu, avec ces regards, cette voix, ces mains. Les pre­miers fris­sons étaient là, dis­crets, déli­cieux, annon­cia­teurs de quelque chose de plus grand. Dehors, la tem­pête conti­nuait, comme un écho à ce qui com­men­çait à naître en moi.

*****

Je n’arrivais pas à dor­mir. Marc res­pi­rait pai­si­ble­ment à côté de moi, son bras pas­sé autour de ma taille, son corps chaud et fami­lier. Pourtant, mon esprit bouillon­nait. La tem­pête conti­nuait dehors, mais c’était le sou­ve­nir des yeux de Lucas, de sa voix grave et calme, de la cha­leur de sa main sur mon épaule qui m’empêchait de trou­ver le som­meil. Après une heure à tour­ner dans le lit, j’ai fini par me lever dou­ce­ment, enfi­lant le pull en laine qui por­tait encore son odeur boi­sée. Marc a mur­mu­ré dans son demi-som­meil :

« Tu des­cends ? Fais atten­tion… »

Je l’ai embras­sé sur le front et j’ai des­cen­du l’escalier en pierre, pieds nus sur les marches froides. La mai­son était silen­cieuse, seule­ment trou­blée par le cra­que­ment du feu et le hur­le­ment du vent. Lucas était là, exac­te­ment comme il l’avait dit, assis dans le grand fau­teuil près de la che­mi­née, un livre ancien entre les mains. La lumière des flammes sculp­tait son visage, accen­tuant les contours de sa mâchoire, l’arc de ses sour­cils. Il a levé les yeux vers moi et a sou­ri, sans sur­prise.

« Tu ne dors pas non plus, Claire ? »

Sa voix était basse, enve­lop­pante, comme une caresse dans l’obscurité. J’ai secoué la tête et je me suis appro­chée. Il m’a ser­vi un nou­veau verre de ce vin blanc frui­té et sucré. Le liquide brillait dans la lueur du feu, doré, presque lumi­nes­cent. Je me suis assise en face de lui, puis, après un ins­tant d’hésitation, sur le cana­pé plus proche du foyer. La cha­leur mon­tait le long de mes jambes nues sous le pull trop grand.

Nous avons com­men­cé à par­ler. Vraiment par­ler. Pas la conver­sa­tion polie du dîner, mais quelque chose de plus pro­fond, de plus intime. Il m’a deman­dé ce que je cher­chais dans ce road-trip. Je lui ai confié nos envies de liber­té, la rou­tine qui s’installe par­fois même dans un couple heu­reux, le besoin de sen­tir à nou­veau vibrer la vie. Lucas écou­tait avec une atten­tion totale. Ses yeux ne quit­taient pas les miens. Parfois, ils des­cen­daient len­te­ment sur ma bouche, sur la ligne de mon cou, sur mes genoux décou­verts, avant de remon­ter avec cette res­pec­tueuse inten­si­té qui me fai­sait fondre.

« Tu es belle quand tu parles de ce qui te touche », a‑t-il mur­mu­ré. « Il y a une lumière en toi. »

Un fris­son m’a tra­ver­sée. Je sen­tais mes joues rou­gir, pas seule­ment à cause du feu ou du vin. Le goût sucré du breu­vage res­tait sur ma langue, mêlé à l’odeur de fumée et de cire d’abeille des bou­gies. Lucas s’est levé pour ajou­ter une bûche. En se pen­chant, sa che­mise s’est entrou­verte un peu plus, révé­lant la peau hâlée de son torse, les muscles des­si­nés par des années de tra­vail manuel. J’ai détour­né le regard, mais trop tard. Il avait remar­qué.

Il est reve­nu s’asseoir, plus près cette fois, sur l’accoudoir du cana­pé. Nos genoux se tou­chaient presque. La conver­sa­tion a glis­sé vers des sujets plus sen­suels : la beau­té du corps humain, la façon dont la sculp­ture cap­ture un ins­tant de désir, la peau qui réagit au tou­cher, le souffle qui s’accélère. Sa voix deve­nait plus rauque, plus lente. Chaque mot sem­blait cares­ser ma peau.

Marc est des­cen­du à ce moment-là. Il nous a trou­vés ain­si, proches, bai­gnés par la lueur oran­gée. Il n’a pas sem­blé sur­pris. Au contraire, il a sou­ri ten­dre­ment en s’approchant. Il s’est assis à côté de moi, m’embrassant dou­ce­ment sur la tempe.

« Je n’arrivais pas à dor­mir non plus », a‑t-il dit. « Vous par­liez de quoi ? »

Lucas a répé­té cal­me­ment nos échanges, sans rien cacher. Marc écou­tait, sa main cares­sant dis­trai­te­ment ma cuisse sous le pull. L’atmosphère s’est épais­sie. Le désir mon­tait dou­ce­ment, comme une marée lente. Je sen­tais le regard de Lucas sur nous, admi­ra­tif, sans jalou­sie. Il y avait une com­pli­ci­té étrange qui se tis­sait, natu­relle, presque évi­dente.

Nous avons conti­nué à par­ler tous les trois. Marc par­ta­geait des sou­ve­nirs de nos voyages, de nos moments d’intimité. Lucas par­lait de ses ren­contres pas­sées, tou­jours avec res­pect. À un moment, il a ten­du la main et a effleu­ré très légè­re­ment mon avant-bras, comme pour sou­li­gner un point. Ce contact a été élec­trique. Sa peau était chaude, légè­re­ment cal­leuse. Je n’ai pas reti­ré mon bras. Au contraire, je me suis légè­re­ment pen­chée vers lui.

Les regards sont deve­nus plus lourds. Lucas me fixait main­te­nant sans détour, ses yeux bleu-gris plon­gés dans les miens, comme s’il lisait chaque pen­sée secrète. Je sen­tais mon souffle s’accélérer, ma poi­trine se sou­le­ver plus vite sous le pull. Mes tétons, dur­cis par l’excitation nais­sante et la cha­leur du feu, frot­taient contre la laine. Marc le remar­quait. Il cares­sait mon dos, me ras­su­rant de sa pré­sence aimante.

Lucas s’est rap­pro­ché encore. Sa main a glis­sé sur ma joue, len­te­ment, don­nant tout le temps de refu­ser. Je n’ai pas refu­sé. Ses doigts étaient doux mal­gré leur force. Il a cares­sé ma pom­mette, des­cen­du le long de ma mâchoire. Mon cœur bat­tait fort. Marc obser­vait, les yeux brillants d’une exci­ta­tion tendre, sans aucune trace de malaise.

« Tu es magni­fique, Claire », a mur­mu­ré Lucas. Sa voix était rauque main­te­nant. « La façon dont tu réagis… c’est un cadeau. »

Puis il s’est pen­ché. Ses lèvres ont effleu­ré les miennes, d’abord timi­de­ment, presque chas­te­ment. Un bai­ser doux, explo­ra­toire. Le goût du vin sur sa langue, la cha­leur de son souffle. J’ai fer­mé les yeux, lais­sant échap­per un petit sou­pir. Le bai­ser s’est appro­fon­di len­te­ment. Sa main est pas­sée dans mes che­veux, tenant ma nuque avec une fer­me­té res­pec­tueuse. Nos langues se sont trou­vées, dan­sant avec une sen­sua­li­té gran­dis­sante. Je sen­tais tout : la tex­ture de ses lèvres, la légère rugo­si­té de sa barbe, l’odeur mas­cu­line de sa peau mêlée au bois brû­lé.

Marc était là, tout près. Il a posé une main sur ma cuisse, me cares­sant ten­dre­ment pen­dant que je embras­sais Lucas. Pas de jalou­sie, seule­ment un désir pro­fond de me voir heu­reuse, com­blée. Quand Lucas s’est écar­té un ins­tant, nos souffles mêlés, Marc a sou­ri.

« Je t’aime, Claire. Et je vois comme tu réagis à lui. Si tu en as envie… je veux t’offrir ce cadeau. Sans pres­sion. Juste ton plai­sir. »

Ses mots étaient doux, aimants. Il m’a embras­sée à son tour, un bai­ser pro­fond, pos­ses­sif mais géné­reux. Lucas nous regar­dait avec admi­ra­tion. Sa main était res­tée sur mon genou, remon­tant len­te­ment sur ma cuisse, sous le pull, effleu­rant la peau nue avec une len­teur exquise. Chaque cen­ti­mètre par­cou­ru envoyait des vagues de cha­leur dans mon ventre.

Je me sen­tais vivante, dési­rée, ché­rie. Le feu cré­pi­tait plus fort, comme en écho à mon exci­ta­tion mon­tante. Mes cuisses s’écartaient légè­re­ment d’elles-mêmes. Lucas conti­nuait ses caresses légères, tra­çant des cercles sur l’intérieur de ma cuisse, sans jamais aller trop vite. Marc m’embrassait le cou, mur­mu­rant à mon oreille com­bien il m’aimait, com­bien il était exci­té de me voir ain­si.

La conver­sa­tion a repris, plus hale­tante. Lucas par­lait main­te­nant de ce qu’il res­sen­tait en me tou­chant : la dou­ceur de ma peau, la cha­leur qui éma­nait de moi, la façon dont mon corps répon­dait. Ses com­pli­ments étaient sin­cères, admi­ra­tifs. « Ta peau est comme la plus belle des pierres polies », disait-il en fai­sant glis­ser ses doigts plus haut, frô­lant la limite de ma culotte.

Je gémis­sais dou­ce­ment, entre leurs deux pré­sences. Le désir était là, pal­pable, mais encore conte­nu, sen­suel. Marc a pro­po­sé de nous rap­pro­cher tous les trois près du feu. Nous nous sommes ins­tal­lés sur le grand tapis épais, devant l’âtre. Les plaids nous entou­raient. Lucas et Marc m’entouraient, leurs corps chauds contre le mien. Des effleu­re­ments par­tout : une main sur mon ventre, une autre sur ma hanche, des bai­sers dans mon cou, sur mes épaules.

Le bai­ser sui­vant avec Lucas a été plus intense. Nos bouches se dévo­raient presque, langues entre­la­cées, souffles courts. Sa main est mon­tée jusqu’à ma poi­trine, cares­sant un sein à tra­vers le pull, pin­çant dou­ce­ment le téton dur­ci. J’ai cam­bré le dos, lais­sant échap­per un vrai gémis­se­ment. Marc regar­dait, une main dans mes che­veux, l’autre sur ma cuisse, m’encourageant de sa pré­sence aimante.

« C’est beau de te voir comme ça », mur­mu­rait-il. « Prends tout ce que tu veux, mon amour. »

Lucas s’est écar­té un ins­tant pour me regar­der dans les yeux. « Dis-moi si tu veux que j’arrête. À tout moment. »

Je n’ai pas vou­lu qu’il arrête. Au contraire, j’ai atti­ré son visage vers le mien pour un nou­veau bai­ser, plus pro­fond, plus affa­mé. Ses mains explo­raient main­te­nant mon corps avec une exper­tise calme : le creux de mes reins, la courbe de mes fesses, l’intérieur de mes cuisses. Chaque tou­cher était un feu d’artifice de sen­sa­tions. L’odeur de nos peaux qui se mélan­geaient, le goût du vin sur nos lèvres, le cra­que­ment du feu, la tem­pête dehors… tout contri­buait à cette bulle sen­suelle.

Marc par­ti­ci­pait ten­dre­ment, m’embrassant, me cares­sant, mur­mu­rant des mots d’amour. Il était plei­ne­ment impli­qué, exci­té par mon plai­sir, valo­ri­sé dans son rôle de mari aimant qui offrait ce moment.

Les heures de la nuit s’étiraient. Les caresses deve­naient plus insis­tantes, les regards plus char­gés de pro­messes. Mon corps était en feu, mon sexe humide et pal­pi­tant, prêt pour la suite. Mais nous pre­nions notre temps, savou­rant chaque seconde de cette mon­tée pro­gres­sive.

*****

Le feu conti­nuait de dan­ser dans l’âtre, pro­je­tant des ombres dorées sur nos corps enla­cés sur le grand tapis épais. Mon cœur bat­tait la cha­made, un mélange d’excitation, de ten­dresse et d’une curio­si­té pro­fonde qui me sub­mer­geait entiè­re­ment. Lucas était à genoux devant moi, ses mains grandes et chaudes posées sur mes hanches, tan­dis que Marc, juste à côté, me cares­sait le dos avec une dou­ceur infi­nie, ses lèvres effleu­rant ma nuque. L’air était char­gé d’une élec­tri­ci­té pal­pable, lourde de désir conte­nu, mais encore res­pec­tueux, presque révé­ren­cieux.

« Tu es sûre, mon amour ? » mur­mu­ra Marc à mon oreille, sa voix pleine d’amour et d’une exci­ta­tion sin­cère. « Je veux que ce soit par­fait pour toi. »

Je hochai la tête, les yeux plon­gés dans ceux de Lucas. « Oui… je le veux. »

Lucas sou­rit, ce sou­rire calme et magné­tique qui m’avait sub­ju­guée dès le pre­mier regard. Ses doigts glis­sèrent len­te­ment sous l’ourlet du pull en laine, le rele­vant avec une patience infi­nie. Le tis­su frot­ta contre ma peau sen­sible, révé­lant d’abord mon ventre, puis la courbe de mes seins. L’air chaud du feu cares­sa immé­dia­te­ment ma chair nue, fai­sant dur­cir mes tétons encore plus. Je levai les bras pour l’aider. Le pull pas­sa par-des­sus ma tête, libé­rant mes che­veux qui tom­bèrent en cas­cade sur mes épaules. Lucas recu­la légè­re­ment pour me contem­pler, ses yeux bleu-gris par­cou­rant mon corps avec une admi­ra­tion évi­dente.

« Mon Dieu, Claire… tu es encore plus belle que je l’imaginais », souf­fla-t-il d’une voix rauque. Ses mains remon­tèrent le long de mes flancs, effleu­rant à peine les côtés de mes seins, tra­çant des cercles lents autour de mes aréoles sans les tou­cher direc­te­ment. Chaque pas­sage fai­sait naître des pico­te­ments déli­cieux qui des­cen­daient jusqu’à mon sexe déjà humide.

Marc, der­rière moi, embras­sait mes épaules, ses mains venant cares­ser mes seins avec ten­dresse, les offrant presque à Lucas. « Regarde comme elle réagit… Elle est magni­fique, n’est-ce pas ? »

Lucas hocha la tête et se pen­cha. Ses lèvres chaudes se posèrent d’abord sur ma cla­vi­cule, puis des­cen­dirent len­te­ment vers un sein. Il prit le temps de res­pi­rer sur ma peau, son souffle chaud contras­tant avec l’air ambiant. Quand sa langue enfin tou­cha mon téton, je lais­sai échap­per un long gémis­se­ment. Il lécha, suça dou­ce­ment, alter­nant avec de petits bai­sers, tan­dis que sa main malaxait l’autre sein. La sen­sa­tion était exquise : humide, chaude, pré­cise. Mon dos se cam­bra ins­tinc­ti­ve­ment.

Je me sen­tais com­plè­te­ment sub­ju­guée. Lucas avait une façon de tou­cher qui sem­blait lire mon corps comme une de ses sculp­tures. Chaque mou­ve­ment était inten­tion­nel, atten­tif à mes réac­tions. Marc conti­nuait de m’embrasser dans le cou, mur­mu­rant des mots d’amour : « Je t’aime tel­le­ment… Laisse-toi aller, pro­fite. »

Les mains de Lucas des­cen­dirent ensuite vers ma culotte, le der­nier rem­part. Il la fit glis­ser le long de mes jambes avec une len­teur tor­tu­rante, ses doigts cares­sant l’intérieur de mes cuisses, frô­lant mes lèvres gon­flées sans s’y attar­der. J’étais main­te­nant entiè­re­ment nue devant eux, offerte à la lueur du feu. Ma peau brillait légè­re­ment de trans­pi­ra­tion, mes seins se sou­le­vaient au rythme de ma res­pi­ra­tion sac­ca­dée, et entre mes cuisses, mon inti­mi­té lui­sait d’excitation.

Lucas se redres­sa pour enle­ver sa propre che­mise. Son torse appa­rut, sculp­té par le tra­vail, avec une fine toi­son brune qui des­cen­dait vers son ventre plat. Il était magni­fique, puis­sant sans excès. Marc, tou­jours habillé, m’aida à m’allonger confor­ta­ble­ment sur le tapis, pla­çant un plaid doux sous moi. Lucas se pla­ça entre mes jambes écar­tées, ses mains remon­tant le long de mes mol­lets, de mes genoux, jusqu’à l’intérieur de mes cuisses qu’il ouvrit davan­tage.

« Regarde comme tu es mouillée, Claire… Ta chatte est déjà si belle, si prête », mur­mu­ra-t-il avec admi­ra­tion, pas encore de vul­ga­ri­té crue, mais une sen­sua­li­té brute qui me fit fris­son­ner vio­lem­ment.

Il se pen­cha et dépo­sa un bai­ser sur mon mont de Vénus, puis des­cen­dit. Sa langue effleu­ra d’abord mes grandes lèvres, les léchant len­te­ment, recueillant mon nec­tar. Le plai­sir était intense, pro­fond. Il explo­ra chaque pli, chaque cen­ti­mètre, avec une dévo­tion qui me fit tour­ner la tête. Quand il attei­gnit mon cli­to­ris, il le prit entre ses lèvres, le suçant dou­ce­ment tout en glis­sant un doigt en moi. Je gémis fort, une main dans ses che­veux, l’autre ser­rant celle de Marc.

Marc regar­dait avec fas­ci­na­tion et désir. Il s’était désha­billé à son tour, son sexe dur contre ma hanche. Il cares­sait mes seins, pin­çait mes tétons, m’embrassait pas­sion­né­ment pen­dant que Lucas me dévo­rait. Les bruits étaient obs­cènes et exci­tants : le bruit humide de la langue de Lucas sur ma chatte, mes gémis­se­ments, le cra­que­ment du feu.

Lucas ajou­ta un deuxième doigt, les cour­bant pour tou­cher ce point sen­sible en moi. Ses mou­ve­ments étaient lents, pro­fonds, ryth­més. Je sen­tais l’orgasme mon­ter, comme une vague lente et inexo­rable. Mes cuisses trem­blaient autour de sa tête. Il accé­lé­ra légè­re­ment la suc­cion sur mon cli­to­ris et je jouis, vio­lem­ment, mon corps se cam­brant, un cri rauque sor­tant de ma gorge. Lucas conti­nua à me lécher dou­ce­ment pen­dant les spasmes, pro­lon­geant le plai­sir.

Quand je redes­cen­dis, hale­tante, il remon­ta le long de mon corps, m’embrassant sur le ventre, entre les seins, dans le cou, jusqu’à ma bouche. Je goû­tai mon propre plai­sir sur ses lèvres. C’était intime, incroya­ble­ment exci­tant.

« Tu as un goût divin », mur­mu­ra-t-il contre ma bouche.

Marc m’embrassa à son tour, ten­dre­ment, fiè­re­ment. « Tu es incroyable, ma ché­rie. »

Je vou­lais plus. Je vou­lais le sen­tir en moi. Lucas sem­bla lire dans mes pen­sées. Il se désha­billa com­plè­te­ment. Son sexe était magni­fique : long, épais, vei­né, dres­sé contre son ventre. Il se posi­tion­na entre mes jambes, frot­tant len­te­ment son gland contre mes lèvres trem­pées, taqui­nant mon cli­to­ris encore sen­sible.

« Dis-moi que tu le veux, Claire », deman­da-t-il d’une voix contrô­lée.

« Oui… Prends-moi, Lucas. »

Il entra len­te­ment, très len­te­ment. Centimètre par cen­ti­mètre, me rem­plis­sant com­plè­te­ment. La sen­sa­tion était incroyable : l’étirement déli­cieux, la cha­leur, la dure­té contre mes parois pal­pi­tantes. Quand il fut entiè­re­ment en moi, il res­ta immo­bile un long moment, lais­sant nos corps s’habituer. Nous nous regar­dions dans les yeux. Marc cares­sait mes che­veux, embras­sant mon épaule, sa propre exci­ta­tion évi­dente.

Lucas com­men­ça à bou­ger, des va-et-vient lents, pro­fonds, sen­suels. Chaque coup de reins était une caresse inté­rieure. Il rou­lait des hanches, tou­chant tous les points sen­sibles. Je gémis­sais sans rete­nue, mes ongles plan­tés dans son dos. Les sen­sa­tions étaient ampli­fiées par la pré­sence de Marc qui par­ti­ci­pait : ses mains par­tout, ses bai­sers, ses mots encou­ra­geants.

« Tu es si belle quand tu prends du plai­sir… », mur­mu­rait mon mari.

Lucas accé­lé­ra pro­gres­si­ve­ment, mais res­tait dans une sen­sua­li­té pro­fonde. Il se pen­chait pour sucer mes seins pen­dant qu’il me bai­sait, chan­geait d’angle pour me faire crier. Un deuxième orgasme me tra­ver­sa, plus puis­sant, mes parois se contrac­tant autour de son sexe. Il gro­gna, conte­nant son propre plai­sir.

Il se reti­ra un ins­tant pour me lais­ser res­pi­rer, puis me fit mettre à quatre pattes. Marc s’installa devant moi, me pré­sen­tant son sexe que je pris dans ma bouche avec avi­di­té, pen­dant que Lucas me péné­trait à nou­veau par der­rière. La double sen­sa­tion était divine. Lucas tenait mes hanches, ses coups plus puis­sants main­te­nant, mais tou­jours contrô­lés, admi­ra­tifs. Il cares­sait mon dos, mes fesses, mur­mu­rant com­bien ma chatte était chaude et ser­rée.

Nous bou­gions en rythme, tous les trois connec­tés. Je me sen­tais com­plè­te­ment rem­plie, aimée, dési­rée. Un troi­sième orgasme me sub­mer­gea alors que Lucas frot­tait mon cli­to­ris en me pre­nant pro­fon­dé­ment. Marc jouit dou­ce­ment dans ma bouche, que je bus avec amour.

Lucas conti­nua encore un peu, puis se reti­ra, son sexe brillant de mes jus. Il n’avait pas joui, gar­dant son éner­gie pour la suite. Nous nous allon­geâmes tous les trois, enla­cés, essouf­flés, cou­verts de sueur et de plai­sir. Le feu nous réchauf­fait, la tem­pête conti­nuait dehors, mais ici, c’était un cocon de sen­sua­li­té pure.

Je me sen­tais vivante comme jamais, sub­ju­guée par Lucas, pro­fon­dé­ment aimée par Marc.

*****

Le tapis devant la che­mi­née sem­blait main­te­nant trop petit pour conte­nir toute l’énergie qui cir­cu­lait entre nous trois. Mon corps trem­blait encore des orgasmes pré­cé­dents, ma peau lui­sante de sueur, mon sexe pal­pi­tant et trem­pé. Lucas était allon­gé contre moi, son sexe dur pres­sé contre ma cuisse, tan­dis que Marc me tenait dans ses bras, m’embrassant avec une pas­sion renou­ve­lée. L’air était lourd de l’odeur de nos corps exci­tés, de bois brû­lé et de ce vin blanc sucré qui traî­nait encore sur nos langues.

Lucas me regar­da droit dans les yeux, sa main glis­sant entre mes cuisses pour cares­ser dou­ce­ment mes lèvres gon­flées. « Claire… ta chatte magni­fique est encore si chaude, si mouillée pour nous. Tu es prête à aller plus loin, ma belle ? »

Sa voix était plus rauque main­te­nant, le res­pect tou­jours pré­sent mais tein­té d’une admi­ra­tion ani­male. Je hochai la tête, hale­tante. « Oui… baise-moi plus fort, Lucas. »

Marc sou­rit, visi­ble­ment exci­té par mes mots. « Je veux te voir prendre tout ce qu’il peut te don­ner, mon amour. Je suis là. »

Lucas me sou­le­va comme si je ne pesais rien et m’installa sur le dos, les jambes lar­ge­ment écar­tées. Il s’agenouilla entre elles, frot­tant son gros gland épais contre mon entrée trem­pée. D’un coup de reins puis­sant, il me péné­tra pro­fon­dé­ment, jusqu’au fond. Je criai de plai­sir, le sen­tant m’emplir com­plè­te­ment, éti­rant mes parois sen­sibles. Il com­men­ça à bou­ger avec plus de force, des va-et-vient longs et puis­sants qui fai­saient cla­quer nos peaux.

Chaque coup était pro­fond, pré­cis. Il tou­chait ce point magique en moi à chaque fois. « Putain, Claire, ta chatte serre tel­le­ment bien ma queue… Tu es par­faite », gro­gna-t-il avec admi­ra­tion, ses mains agrip­pant mes hanches pour me pilon­ner plus fort.

Marc s’était pla­cé à côté de ma tête. Je tour­nai le visage et pris son sexe dans ma bouche, le suçant avi­de­ment pen­dant que Lucas me bai­sait. Les bruits étaient crus : le cla­que­ment humide de nos corps, mes gémis­se­ments étouf­fés autour de la bite de mon mari, les gro­gne­ments de Lucas. L’intensité mon­tait rapi­de­ment. Je per­dais pied, vague après vague de plai­sir.

Lucas chan­gea de posi­tion. Il me fit mettre à quatre pattes, face à Marc. Il me reprit par der­rière, encore plus pro­fon­dé­ment. Ses mains cla­quèrent sur mes fesses, pas pour punir mais pour mieux me tenir, me tirant contre lui à chaque coup de reins. « Regarde comme tu prends ma grosse queue, ma belle salope… Ta chatte magni­fique avale tout. »

Les mots, dits avec un désir res­pec­tueux, m’excitaient fol­le­ment. Marc cares­sait mes che­veux, bai­sant ma bouche avec ten­dresse tout en me regar­dant prendre Lucas. « Tu es incroyable, Claire. Je t’aime tel­le­ment comme ça. »

Lucas accé­lé­ra, me bai­sant avec puis­sance. Ses couilles cla­quaient contre mon cli­to­ris à chaque fois. Un orgasme violent me tra­ver­sa, mes bras cédant, mon visage pres­sé contre le tapis tan­dis que je criais. Il ne s’arrêta pas, conti­nuant à me pilon­ner à tra­vers mon plai­sir, pro­lon­geant les spasmes.

Il me retour­na ensuite sur le dos, leva mes jambes sur ses épaules et me péné­tra à nou­veau. Cette posi­tion per­met­tait une péné­tra­tion encore plus pro­fonde. Je sen­tais son gland cogner au fond de moi. « Oui, comme ça… Baise-moi fort ! » sup­pliai-je.

Marc s’installa à cali­four­chon sur ma poi­trine, frot­tant son sexe entre mes seins tout en me regar­dant. Ses mains pin­çaient mes tétons. Lucas, en sueur, les muscles ban­dés, me bai­sait avec une inten­si­té gran­dis­sante. « Ta chatte est un para­dis, Claire. Si chaude, si ser­rée… Je pour­rais te bai­ser toute la nuit. »

Les orgasmes se suc­cé­daient. Le troi­sième me fit trem­bler vio­lem­ment, mes parois contrac­tées autour de lui. Lucas gro­gna mais se retint encore. Il me fit asseoir sur lui, en posi­tion d’Andromaque. Je che­vau­chai sa queue épaisse, des­cen­dant des­sus avec force. Mes seins rebon­dis­saient à chaque mou­ve­ment. Lucas tenait mes hanches, me gui­dant, mon­tant à ma ren­contre. Marc était der­rière moi, embras­sant mon dos, glis­sant un doigt lubri­fié contre mon anus, ajou­tant une nou­velle sen­sa­tion.

« Prends-le tout, ma ché­rie », mur­mu­rait Marc, exci­té au plus haut point.

Je che­vau­chais Lucas avec aban­don, frot­tant mon cli­to­ris contre son pubis. Un qua­trième orgasme me sub­mer­gea, me fai­sant hur­ler. Mes jus cou­laient le long de sa queue. Lucas me sou­le­va ensuite et me pla­ça contre le cana­pé, debout, pen­chée en avant. Il me prit par der­rière, une main dans mes che­veux, l’autre sur ma hanche, me bai­sant avec des coups puis­sants et rapides.

La sueur cou­lait entre nous. L’odeur de sexe emplis­sait la pièce. Marc s’était assis sur le cana­pé, me regar­dant avec ado­ra­tion tout en se cares­sant. « Tu es la plus belle femme du monde… Regarde comme tu le rends fou. »

Lucas chan­gea encore : il s’allongea et me fit m’empaler sur lui en reverse cow­girl. Je rebon­dis­sais sur sa queue, offrant une vue par­faite à Marc. Lucas cla­quait mes fesses, les malaxait. « Quelle vue magni­fique… Ta chatte qui avale ma bite, tes fesses qui claquent. Tu es ma belle salope ado­rée. »

Je per­dis com­plè­te­ment pied. Orgasme après orgasme, mon corps n’était plus qu’un ins­tru­ment de plai­sir. Lucas me retour­na une der­nière fois pour une mis­sion­naire intense, ses yeux dans les miens, nos corps col­lés. Il accé­lé­ra jusqu’à un rythme fré­né­tique, pro­fond, ani­mal mais tou­jours admi­ra­tif.

Marc jouit sur mes seins pen­dant que Lucas conti­nuait. Finalement, Lucas se reti­ra et éja­cu­la lon­gue­ment sur mon ventre et ma chatte, des jets chauds et abon­dants. Je trem­blais, épui­sée, com­blée comme jamais.

Nous nous effon­drâmes tous les trois, enla­cés, res­pi­rant fort. Marc m’embrassait ten­dre­ment, Lucas cares­sait mon corps avec dou­ceur. L’intensité avait été forte, puis­sante, mais l’amour et le res­pect res­taient intacts.

*****

Le feu cré­pi­tait tou­jours, mais nous étions au-delà de toute rete­nue main­te­nant. Mon corps, cou­vert de sueur, de sperme et de mes propres jus, trem­blait d’anticipation. Lucas et Marc m’entouraient comme deux fauves pro­tec­teurs et affa­més. L’atmosphère était élec­trique, ani­male, char­gée d’une urgence que nous ne pou­vions plus conte­nir.

Lucas m’attrapa fer­me­ment par les hanches et m’attira contre lui pour un bai­ser dévo­rant. Nos langues se bat­taient, nos dents s’entrechoquaient, nos souffles se mélan­geaient dans un gro­gne­ment com­mun. Marc se pres­sa dans mon dos, embras­sant ma nuque, mor­dillant mon épaule tan­dis que ses mains malaxaient mes seins lourds et sen­sibles. Trois corps col­lés, trois cœurs bat­tant à l’unisson.

« Tu es prête à tout prendre, ma belle salope ? » mur­mu­ra Lucas contre ma bouche, sa voix rauque d’admiration brute. « Ta chatte magni­fique et ta bouche vont nous vider ce soir. »

Je gémis un « oui » déses­pé­ré. Marc, aimant et exci­té comme jamais, ajou­ta : « Je veux te voir jouir comme une déesse, mon amour. Nous sommes là pour toi. »

Lucas me sou­le­va et m’empala sur sa grosse queue d’un seul coup puis­sant, debout au milieu de la pièce. Mes jambes s’enroulèrent autour de sa taille tan­dis qu’il me pilon­nait avec force, ses mains sous mes fesses, me sou­le­vant et me lais­sant retom­ber sur toute sa lon­gueur. Chaque péné­tra­tion était bru­tale, pro­fonde, fai­sant cla­quer nos corps trem­pés de sueur. Mes seins rebon­dis­saient vio­lem­ment contre son torse.

Marc s’approcha et glis­sa son sexe entre mes lèvres. Je le pris avi­de­ment, le suçant pro­fon­dé­ment pen­dant que Lucas me bai­sait comme un ani­mal. La double péné­tra­tion – bouche et chatte – me rem­plis­sait com­plè­te­ment. Les sen­sa­tions étaient extrêmes : la queue épaisse de Lucas qui mar­te­lait mon point G, celle de Marc qui tou­chait le fond de ma gorge. Je bavais, gémis­sais autour de lui, les larmes de plai­sir aux yeux.

Ils me firent chan­ger de posi­tion sans jamais sor­tir com­plè­te­ment. Lucas s’assit sur le fau­teuil et me fit asseoir sur lui dos à lui, empa­lée sur sa bite. Il écar­ta mes fesses et me bai­sa par en des­sous avec des coups de reins puis­sants vers le haut. Marc s’agenouilla devant moi et enfon­ça sa queue dans ma bouche, bai­sant mon visage avec ten­dresse et force mêlées.

« Regarde comme elle prend tout… Ta gorge si chaude, ta chatte qui coule par­tout sur ma queue », gro­gnait Lucas en cla­quant mes fesses. « Ma belle salope ado­rée, tu es par­faite. »

Les orgasmes me tra­ver­saient par vagues vio­lentes. Je jouis­sais sans inter­rup­tion, mon corps secoué de spasmes, ma chatte contrac­tée autour de Lucas, mes cris étouf­fés par la bite de Marc. Les bruits étaient obs­cènes : suc­cions humides, cla­que­ments de peau, gro­gne­ments rauques, le feu en fond sonore.

Ils me mirent à quatre pattes sur le tapis. Lucas me prit vio­lem­ment par der­rière, une main dans mes che­veux, l’autre tenant ma hanche. Marc était devant, bai­sant ma bouche. Ils alter­naient le rythme, par­fois en syn­chro­ni­sa­tion, me rem­plis­sant comme un seul être. Lucas glis­sa un doigt lubri­fié dans mon cul tout en me pilon­nant la chatte, ajou­tant une sen­sa­tion de plé­ni­tude extrême.

« Tu aimes ça, hein ? Être rem­plie par­tout, ma magni­fique Claire », souf­flait-il avec révé­rence.

Je jouis encore, si fort que je crus m’évanouir. Mes jambes trem­blaient, mes jus giclaient sur les cuisses de Lucas. Marc éja­cu­la le pre­mier, inon­dant ma bouche et mon visage de longs jets chauds que je léchai avec avi­di­té. Lucas conti­nua à me démon­ter, de plus en plus fort, de plus en plus pro­fond, jusqu’à ce qu’il se retire et éja­cule abon­dam­ment sur mon dos et mes fesses, mar­quant ma peau de son sperme brû­lant.

Nous n’avions pas fini. Ils me retour­nèrent sur le dos. Lucas me péné­tra à nou­veau, en mis­sion­naire sau­vage, mes jambes sur ses épaules. Marc frot­tait son sexe encore dur contre mon cli­to­ris tout en m’embrassant. La double sti­mu­la­tion me fit hur­ler un nou­vel orgasme dévas­ta­teur. Lucas me bai­sa comme un pos­sé­dé, admi­rant chaque expres­sion de mon visage défor­mé par le plai­sir.

« Ta chatte serre ma queue comme si elle ne vou­lait plus jamais me lâcher… Je vais jouir encore en toi cette fois. »

Il explo­sa au fond de moi, rem­plis­sant ma chatte de jets puis­sants et chauds. La sen­sa­tion de son sperme qui débor­dait me fit jouir une der­nière fois, vio­lem­ment, tout mon corps convul­sant.

Nous nous effon­drâmes tous les trois, enche­vê­trés, res­pi­rant fort, cou­verts de sueur, de sperme et de plai­sir. Le silence revint dou­ce­ment, seule­ment trou­blé par le feu et la tem­pête qui fai­blis­sait dehors.

L’après-coup fut tendre et pro­fon­dé­ment émo­tion­nel. Marc me ser­ra contre lui, embras­sant chaque par­tie de mon visage, mur­mu­rant com­bien il m’aimait, com­bien ce moment l’avait ren­du heu­reux de me voir com­blée. Lucas nous rejoi­gnit, cares­sant dou­ce­ment mon corps avec une infi­nie ten­dresse, dépo­sant des bai­sers légers sur mes épaules, mon ventre, mes cuisses. Nous res­tâmes long­temps enla­cés, par­lant à voix basse, riant dou­ce­ment, par­ta­geant ce lien unique né dans la tem­pête.

Je me sen­tais aimée, dési­rée, res­pec­tée. Cette nuit dans les Cévennes avait tout chan­gé, tout enri­chi. Et au matin, la voi­ture répa­rée nous atten­dait, mais une par­tie de moi res­te­rait tou­jours dans cette ferme, près du feu, entre ces deux hommes magni­fiques.

Auteur.e de l'histoire : Himéros

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